Comme il est rituel maintenant, des associations dites « animalistes », c’est-à -dire qui défendent les « droits des animaux », s’opposent à la tenue des salons animaliers, notamment des chiens et des chats. Cela a été encore le cas lors du salon Univers du chiot organisé à Fontainebleau les 23-24 août (Le Parisien, 23 août 2025), lors du salon du chiot à Nantes les mêmes jours (Ouest-France, 12 août 2025), comme cela avait été le cas lors du salon Animal Expo au Parc Floral de Paris en septembre de l’année dernière (Le Parisien, 16 septembre 2024), lors du salon du chiot à Vannes les 8-9 février de cette année (Ouest-France, 6 février 2025) ou encore lors de celui de Chantilly les 2-3 août (Le Parisien, 3 août 2025), la liste n’étant évidemment pas exhaustive.
Si nous ne doutons pas que ces réactions partent, au moins pour quelques-unes, de bons sentiments, il ne faut pas être naïfs pour autant, les « intentions » et l’idéologie sous-jacente étant claires.
Les animalistes veulent effacer les frontières juridiques entre les êtres humains et les animaux
L’association Projet animaux zoopolis (PAZ) s’indigne que ces salons fassent du « business sur l’élevage des chiens », alors que « les animaux ne sont pas des marchandises ni des attractions à exhiber dans un salon » et qu’il y a tant d’abandons dans notre pays. Le Parti animaliste a déploré que le salon de Nantes, « comme tant d’autres, encourage l’achat impulsif ». La correspondante locale dudit parti a même osé : « Notre objectif est clair : mettre fin à ces foires animalières qui déshumanisent (sic) l’animal et le réduisent à un objet de transaction ». Le Parti animaliste exige donc l’interdiction législative des salons de chiots sur l’ensemble du territoire.
Il faut rappeler que, depuis 2014, la vente des chiens et des chats dans les animaleries est interdite ; qu’un « certificat d’engagement et de connaissance » doit être signé avant tout achat d’animal de compagnie depuis 2022 ; que les animaux sont juridiquement des « êtres sensibles » depuis une modification du code civil, mais qu’ils ne sont pas dotés de la personnalité juridique car il ne s’agit pas d’êtres humains.
La volonté limpide des animalistes, et plus largement des écologistes extrémistes ou autres « antispécistes », est d’effacer les frontières juridiques entre les êtres humains et les êtres « non-humains », avant sans doute de les effacer entre les êtres vivants et les êtres « non-vivants ». Il s’agit, sur fond de bons sentiments et d’une comparaison implicite et plus qu’hasardeuse avec l’esclavage, d’une perversion de l’humanisme qui caractérise la civilisation occidentale. Il n’est dès lors guère surprenant que le Groupe communiste et citoyen de Paris se soit exprimé en février dernier « contre la marchandisation des animaux »…
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11 réponses
Ou se trouve la limite de sensibilité chez les animaux, afin de préciser ceux qui peuvent être assimiler à l’homme sensible
Si les salons vendent des chiots d’éleveurs officiels ainsi que des accessoires et de la nourriture, et si les acheteurs réfléchissent avant d’adopter un chien, pas de problème.
Le seul problème qui me dérange, ce sont les gens qui font faire des petits – quasiment à la chaîne – à des pauvres chiennes maltraitées.
Cela ne devrait pas être admis et je crains que la multiplication de ces salons n’accroisse cette situation.
Sinon, les salons peuvent être très sympathiques.
Les animalistes feraient bien de se calmer car si l’on observe bien et objectivement ils sont en fait des esclavagistes puisqu’ils privent de liberté des « individus » et les promènent en laisse ou les logent en cage !
Vous critiquez les extrémistes animalistes mais vous êtes comme eux. Entre vouloir annuler les salons des chiots et chats qui finiront au refuge. Ceux ci débordent d’animaux en souffrance qui attendent d’être adopté. Tout le monde sait que ces salons ne servent qu’à un ignoble bizness. Les éleveurs de races sérieux ne fréquentent pas les marchés aux animaux. Sans vouloir mettre l’animal au même niveau que l’homme ce qui est je pense une débilité absolue, la souffrance animale n’est pas une fiction ni une fatalité ( élevage intensif, foire aux bestiaux, abattoirs..) on retrouve dans ces salons les mêmes animaux qui sont interdits en animaleries..
Je ne partage pas votre point de vue.
D’abord, il y a la liberté.
Ensuite, les salons sont utiles pour choisir les animaux, découvrir de nouvelles races ; et ils jouent également un rôle pédagogique auprès des enfants.
Propriétaire d’un haras, j’ajoute que, si l’on suit votre raisonnement, on doit supprimer les concours équins et, pourquoi pas, lâcher les chevaux dans la nature.
Bonjour, je déteste les extrémistes antispécistes, les végans et autres, parce qu’ils bloquent par leurs excès idéologiques les progrès qui seraient nécessaires dans la relation aux animaux domestiques, mais je vois plutôt du bon sens dans l’idée qu’un animal de compagnie n’est pas une marchandise comme une autre. L’adoption est un engagement moral qui doit être suivi et respecter le confort, la santé et la vie de l’animal choisi. L’achat impulsif d’une mignonne « peluche » est en effet dangereux et nous en voyons les effets dans le nombre considérable d’abandons.
Par ailleurs je donne tort aux défenseurs de la cause animale de s’insurger contre toute euthanasie d’animaux dont personne ne veut prendre la charge, alors que la mort est préférable à une vie misérable. Cela aussi me rend méfiante face à ces défenseurs des animaux, et c’est très dommage puisqu’ils nous éclairent souvent sur des maltraitances insupportables en France et à l’étranger. Notre dignité est de protéger l’être vivant faible contre la cruauté du monde, mais d’une façon qui doit être en effet raisonnable et nuancée. Comme toujours, c’est le juste milieu qui est difficile à trouver, pour les particuliers et pour les états.
Pour ma part, je ne prends pas du tout l’écologisme à la légère. Chacun de nous aime les bêtes et veut protéger l’environnement, et on n’a pas attendu les écolos pour cela. Le droit romain tardif prévoyait déjà la limite de « l’absus » sur des biens d’intérêt général écologique (forêts, rivières), et cela s’est poursuivi à l’ère moderne par la création des « Eaux et Forêts » par Louis XIV. Le Moyen-Age chrétien a engendré Saint François d’Assise et une théologie amie des animaux. Mais c’est l’ère moderne qui a engendré une sombre confusion. Adolf Hitler aimait les animaux et haïssait les « sionistes »… une vieille tendance qui n’est pas sans rappeler aujourd’hui le député Aymeric Caron obsédé par la protection animale et l’anti-sionisme. Et ce n’est pas pour surprendre au vu de l’histoire des idées. L’écolo-animalisme puise aux mêmes sources que le nazisme : le panthéisme romantique allemand. Hitler qui était végétarien a pris les premières lois contre la chasse-à -courre et de protection animale. Wagner aussi était végétarien et antisémite, mais il a eu le bon-goût de se cantonner dans les limites de son génie musical sans dériver vers la politique ni la violence totalitaire. Après-guerre, on a eu le commandant Cousteau aussi était de vieille souche collabo et nazie, ainsi que la plupart des pères fondateurs de l’écologie. Tous ces braves gens voulaient « purifier la planète »… L’UNESCO et l’IUCN ont été fondés sous la houlette de l’eugéniste non-repenti Julian Huxley (le frère d’Aldous). On songe aussi à Bernhard de Hollande passé du NSDAP au WWF ! La « cause animale » est donc loin d’être exempte d’ombres.
comme disait un certain : les verts sont fréquemment vert-de-gris… !
Il n’est pas étonnant que si comme le pense hélas la majorité de nos concitoyens « faire du business » est immoral, alors en faire sur les animaux le soit aussi.
Sans évidemment prendre en compte que les participants à ces salons (dont je ne fais pas partie) le font précisément parce qu’ils poussent leur passion envers leurs compagnons jusqu’à vouloir la partager.
Malgré leurs argumentations foireuses, les animalistes sont des anti-capitalistes comme les autres.
Lâchez les chiens!
Et si ces Ecolos d’opérette s’occupaient de sauver ces troupeaux de ruminants abattus pour des motifs bactériologiques peu clairs ces derniers jours ?.