Le magazine Challenges consacre dans son dernier numéro (11-17 décembre 2025) un article aux écoles de commerce, qui n’ont eu de cesse d’agrandir leur champ d’intervention ces dernières années. On peut ainsi y lire une interview du directeur général d’HEC, Éloïc Peyrache, qui déclare notamment ceci : « Il y a trente ans, nos diplômés devaient maîtriser l’anglais. Aujourd’hui, il leur faut parler python, quantum, ChatGPT, émissions de CO2… ».
Si l’on peut bien comprendre que les programmes des écoles de commerce vont devoir se réformer en profondeur du fait de la révolution de l’intelligence artificielle, on peut toutefois s’inquiéter de la place – désormais exorbitante – accordée à l’écologie. À cet égard, une note fouillée du CERU de décembre 2025, rédigée par sa présidente, Morgane Daury-Fauveau (par ailleurs professeur de droit à l’université d’Amiens), et intitulée « Grandes écoles de commerce : foyers du radicalisme écologique », fait état d’un constat alarmant : « l’écologie enseignée est le plus souvent une écologie radicale, notoirement anti-capitaliste. Mues par un complexe sans doute tenace, les écoles de commerce, dont l’objet est fondamentalement l’enseignement sur la production de richesses, font la publicité de la décroissance ».
En lisant ce rapport, on est notamment frappé par le fait que de plus en plus d’écoles de commerce intègrent le concept d’ « anthropocène » dans leur enseignement – l’idée que nous vivrions une nouvelle époque géologique caractérisée par le primat de l’action humaine sur les forces géologiques comme principale force génératrice de changement à l’échelle du globe. À l’EmLyon par exemple, il existe depuis 2023 un parcours que doivent suivre l’ensemble des étudiants de première année : « Agir pour penser, penser pour agir en Anthropocène »… L’ESSEC a quant à elle conçu avec CY Cergy Paris Université un Bachelor dont la vocation est d’ « apprendre à analyser un système complexe à l’ère de l’anthropocène »…
Que les écoles de commerce intègrent davantage à leurs cursus les questions environnementales est inévitable, et sans doute une bonne chose. Mais à condition de ne pas se transformer en relais serviles de l’écologie radicale, collectiviste et décroissantiste…
Articles connexes:
Comment des établissements d’enseignement supérieur…
Des étudiants d’HEC dénoncent les méfaits du «…
ChatGPT et l’IA ou le nouvel avatar de la…
Vague de licenciements : Google n’est pas une…
Hôpitaux : l’IA doit être un outil diagnostic et…
Fourniture de munitions à l’Ukraine : parions sur la…
Europe : toujours plus de bureaucratie imposée aux…
Enseignement de l’anglais : une faillite nationale
5 réponses
Il s’agit probablement d’un programme destiné à promouvoir la reindustrialisation de la France…
Il faut bien donner de l’emploi à tous ces diplômés de sciences sociales, experts en oniromancie décolonialiste et non-genrée du climat. Ce n’est pas très libéral de vouloir que les individus ne puissent pas s’épanouir dans la carrière qu’ils ont choisi, faute de de débouchés !
« Mais à condition de ne pas se transformer en relais serviles de l’écologie radicale, collectiviste et décroissantiste… »
C’est exactement ce qui est en cours soutenu par l’ensemble du monde politico-médiatique occidental avec la notable exception trumpienne (pour combien de temps ?). Nos sociétés occidentales se suicident tranquillement.
Une métastase de plus du cancer généralisé de l’écologie politique.
Il a été inoculé, ce cancer, par le « génial » Sarkozy et à son Grenelle de l’environnement animé par Borloo. Ces deux « idiots utiles » ont véritablement lancé ce cancer dès 2009, l’ont propagé durant la désastreuse présidence française de l’UE.
Le reste coule de source : suicide industriel, agricole et stratégique de l’Europe, au prétexte de « sauver la planète », la France étant comme toujours « en avance » dans un projet collectiviste dévastateur et régressif.
« Mais à condition de ne pas se transformer en relais serviles de l’écologie radicale, collectiviste et décroissantiste… »
N’en déplaises à certains, le problème est la servilité, pas le dogme devant lequel on se couche. Lorsque les élèves des écoles de commerce trouvaient cool de jouer au Loup de Wall Street, personne n’y voyait d’objection. Or c’était le même problème et les mêmes moutons.