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samedi 30 mai 2026

Les élèves fonctionnaires : un scandale dont personne ne parle

Temps de lecture : 2 minutes

Si quelques étudiants excités ont pu grossir les rangs des manifestants du 10 septembre 2025, la plupart ont repris le chemin des cours. C’est le cas de Claire (la fille d’amis) qui a intégré l’École nationale des Chartes. Elle est fière d’avoir réussi ce concours prestigieux. Elle est aussi très satisfaite d’être « payée à ne rien faire ». Non pas qu’elle compte se tourner les pouces pendant les trois ans et neuf mois que durent la scolarité – on ne décroche pas son entrée à l’École des Chartes sans bosser durement –, mais elle sait qu’elle va toucher environ 1 250 euros nets chaque mois sans rien produire… juste pour apprendre.

Claire et les 19 autres admis à l’École des Chartes ne sont pas seuls dans leurs cas. Dans 70 écoles environ (X, INSP, ENS, ENM, ENSAE, ENAC, etc.), les élèves sont fonctionnaires stagiaires, rémunérés par l’État. Combien cela coûte-t-il chaque année ? Mystère ! Aucun document ne récapitule les données. Il faudrait les chercher école par école… assurément plusieurs jours d’investigation.

Pour l’École nationale des Chartes, nous pouvons estimer la rémunération nette totale des élèves à 1,125 million d’euros par année. Pour les milliers d’élèves des 70 écoles concernées, la somme devient vite colossale. Mais ce n’est pas tout : ces années de scolarité sont prises en compte en matière d’avancement et de retraite.

Officiellement, en contrepartie, les élèves fonctionnaires s’engagent à travailler dans la fonction publique pendant un certain nombre d’années. Mais nous savons que cet engagement n’est pas toujours respecté, et ceux qui partent dans le privé ne remboursent pas nécessairement leurs frais de scolarité comme il est convenu…

Cette rémunération des élèves fonctionnaires est choquante à plus d’un titre. Tout d’abord parce que la scolarité est déjà gratuite et que, dans la plupart des cas, les élèves sont assurés d’avoir un emploi à vie de fonctionnaire à la sortie. Ensuite, parce que cette gratuité est nécessairement payée par les contribuables, parmi lesquels des parents qui financent souvent les études supérieures de leur progéniture. Et parfois fort cher : 71 750 euros à HEC pour trois ans, par exemple. Enfin, elle est choquante à l’égard des étudiants qui travaillent (26% d’entre eux selon l’Insee) pendant leurs études.

Vu l’état des comptes publics, n’est-il pas temps de mettre fin à cette anomalie ?

Illustration de couverture ©Freepik

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29 réponses

  1. Beaucoup de jeunes ne souhaitent plus travailler dans la Fonction Publique. Malgré l’emploi à vie et l’avancement indiciaire, le manque d’intérêt du travail, l’absence d’objectifs et la défaillance des hiérarchies font que l’administration peine à recruter pour certains postes : à l’origine de la formation indemisée, les postes concurrents du privés (finances). Ceux qui en bénéficient (sur concours) viennent toujours de milieux modestes qui ne pourraient accéder aux grandes écoles privées : c’est positivement un ascenseur social nécessaire au recrutement public. Ce n’est sans doute pas le cas pour l’École des Chartes et d’autres… La solution serait de supprimer cette mesure pour les postes non exposés à la concurrence privée, et l’idéal serait surtout de ne plus remplacer les départs en retraite.

    1. Si la fonction publique n’attire plus, ce n’est pas pour autant qu’elle doit rémunérer les étudiants. Que le mastodonte que représente la fonction publique puisse être réduit par la perte de ses candidats est une très bonne chose. On ne doit conserver que le régalien. Que celui-ci rémunère ses aspirants, pourquoi pas ; à partir du moment où on a réduit sa sphère elle coûtera largement moins et on acceptera peut-être de rémunérer les futurs policiers, militaires et magistrats, et uniquement eux.
      La concurrence privée n’est pas un problème, elle est la solution. On le voit bien rien que dans l’Education Nationale.
      Les élèves modestes ne le seront plus si leurs parents n’ont plus à payer les milliards engloutis par ce mastodonte ivre qu’est la fonction publique.

    2. Je ne crois pas que les élèves fonctionnaires « viennent toujours de milieux modestes » comme vous le dites.

  2. Les élèves fonctionnaires n’ont pas tous des parents en mesure de subvenir à leurs besoins pendant leur formation initiale, et celle-ci ne leur laisse pas forcément la latitude pour exercer un emploi salarié.
    Pour l’Administration, la rémunération de ses fonctionnaires dès la formation constitue un puissant attrait à candidats aux concours d’accès permettant un bon niveau de recrutement.

    1. Il y a un système qui s’appelle « Bourses » pour le cas de figure que vous indiquez.
      La scolarité étant gratuite, la rémunération ne devrait pas être nécessaire et le concours est là pour le « bon niveau de recrutement » ; qui devrait être honni par les gauchistes étant donné que c’est de la méritocratie hein…

      1. Les élèves fonctionnaires étant rémunérés, il n’y a pas lieu de leur attribuer des bourses.
        Et qui les paierait, ces bourses, sinon les contribuables ?

    2. Les élèves, tout court, n’ont pas tous des parents en mesure de subvenir à leurs besoins durant leurs études et celles-ci ne leur laisse pas forcément la latitude pour exercer un emploi salarié : c’est pour ça qu’existent les prêts étudiants.
      Je ne vois pas au nom de quoi je devrais à la fois payer les études de mes enfants et celles de ces étudiants-fonctionnaires.
      Les métiers auxquels mènent toutes ces études sont parfaitement tenables par le privé.
      Quant à corréler rémunération dès la formation et bon niveau de recrutement, c’est justement l’inverse : qu’est-ce qui prouve que la motivation est le métier et non la rémunération des études ?

    3. Ce ne serait donc pas le désintéressement et le sens du service public qui seraient à l’origine de la vocation des élèves fonctionnaires ?

      1. En fait, selon je ne sais plus quel texte probablement ancien, les fonctionnaires ne sont pas payés mais touchent une gratification pour leur permettre de mener un train de vie digne. Ou quelque chose comme ça.

  3. voir le parcours de notre Premier(e) Ministre(sse) Madame Borne(…) « X Ponts » qui finit ingénieur(e) général(e) au plus haut, en ayant quasiment jamais exercé de réelle fonction dans les Services !

    1. Madame Borne a bien exercé ses fonctions au corps des Ponts plus que les dix ans requis pour ne pas avoir à rembourser le coût de ses études. La seule rémunération des élèves à l’époque consistait en 13 paquets de gitanes troupe par mois (qu’ils n’étaient pas obligés de fumer).
      Monsieur Macron qui a quitté le corps de l’inspection des finances un peu avant les 10 ans requis a bien remboursé le coût de sa [dé]formation à l’ENA.

      1. j’ai quitté l’armée il y a 47 ans, et les troufions (appelés ou engagés, et pour des raisons de santé) ne percevaient déjà plus de cigarettes depuis quelques années…

  4. Il est clair que vu l’état de nos comptes publics il faut cesser de rémunérer les étudiants fonctionnaires !
    Mais surtout: au pays de l’égalité, cette situation est une aberration. Pourquoi les étudiants de toutes les autres filières devraient se débrouiller pour subvenir à leurs besoins durant leurs études et certains être des privilégiés ? Pourquoi les parents devraient à la fois payer les études de leurs enfants + leurs besoins et payer en plus les besoins d’autres ? C’est le même raisonnement avec l’école publique / privée d’ailleurs. L’école publique ne remplit plus son rôle, obligeant de plus en plus de familles à payer une école privée, il est aberrant que ces familles paient les 2 écoles. Et ensuite les études supérieures d’autres !
    Le pire, c’est que cela se passe dans la fonction publique, dont les syndicats sont toujours en tête des manifestations demandant l’abolition des privilèges.

  5. Ces élèves ont réussi un concours difficile. Le fait de les payer modestement durant leur scolarité assure à l’Etat des candidats et des recrutements de qualité tout en gommant les différences sociales. Ce n’est pas plus compliqué que ça.

    1. Et les autres études, ils passent des concours faciles, il n’y a pas de différences sociales et on se fiche de la qualité peut être? … c’est n’importe quoi cet argument!

  6. Je ne pense pas que la majorité des élèves qui intègrent Polytechnique (X) ou l’INSP (ex ENA) soient d’origine modeste. Ils sont très largement originaires de milieux « favorisés ». Nombreux sont également ceux qui quittent rapidement la sphère du public pour aller dans le privé à des niveaux de rémunération qui les mettent largement dans la catégorie « classes supérieures ».

  7. Monsieur Carbon, Monsieur Carbon, ne nous dites pas que vous en avez encore des similaires (ou pire !) dans les cartons ! Dites nous que c’est le pire et le dernier cas (ahurissant et scandaleux, avouons-le).
    Ou alors que je vais me réveiller d’un cauchemar (complotiste, sans doute, voire destabilisateur-à-une-époque-où-le-pays-a-tant-besoin-de-toutes-ses-forces-vives…)…
    Sinon, je vais croire que c’est votre contribution à la journée du 10 septembre pour « tout casser »…!

  8. Je constate ici le mélange de deux questions qui n’ont rien à voir l’une avec l’autre.
    Que les fonctionnaires soient trop nombreux (mais je vois rarement proposé où devraient être opérées les réductions d’effectifs) est une chose.
    Que les élèves fonctionnaires soient rémunérés en est une autre.
    Réduisez les effectifs de fonctionnaires au 1/10, au 1/100 ou ce que vous voulez par rapport à aujourd’hui, il faudra tout de même que les Administrations restent attractives pour ceux qui cherchent un emploi. Et la rémunération des élèves peut être un argument.

  9. Au pays de l’égalité et de la faillite de l’état, le financement de certains étudiants, donc privilégiés, est lunaire.

  10. Parce qu’ils ne seront pas payés lorsqu’ils travailleront ?
    Et, au pays de l’égalité, pourquoi les autres étudiants ne bénéficient-ils pas de cette « anticipation » ?
    Vous ne savez pas où supprimer des fonctionnaires ? C’est pourtant un sujet énormément discuté depuis quelques mois grâce à Sarah Knafo : toutes les administrations inutiles (ADEME, ANAH, FRANCE TRAVAIL, ARS …).
    Ensuite vous resserrez le périmètre de l’état sur le régalien, comme il n’aurait jamais dû s’en éloigner.
    Si lee étudiants veulent rejoindre une administration, eh bien ils la rejoignent et financent leurs études, comme le font TOUS les autres étudiants. Nous avons besoin d’informaticiens, sont-ils rémunérés durant leurs études ? Non. Ils ont une bourse, un prêt étudiant où travaillent l’été. Pourquoi ce devrait être différents pour l’administration ?
    En revanche, grâce au resserrement du périmètre de l’état, les familles sont largement moins ponctionnées et peuvent payer les études de leurs enfants qui coûteront également moins cher !

  11. Au pays de l’égalité, que certains étudiants soient rémunérés (1250€ pour un étudiant, c’est loin d’être modeste ! surtout que la plupart vit encore chez ses parents) est un scandale. Ils doivent tous l’être puisqu’on est au pays de l’égalité.
    Ah on ne peut pas puisqu’on est en quasi-faillite. Alors on fait comment, au pays de l’égalité ?
    Eh bien comme partout, on fait des choix : si on veut rémunérer les étudiants, alors on cesse de payer autre chose.
    Mais le mieux : l’état cesse de vouloir financer tout et n’importe quoi, cesse par répercussion de prélever les 3/4 des salaires des gens et là, les familles pourront payer les études de leurs enfants, qu’elles que soient ces études.
    Car qui vous dit que ces jeunes ne choisissent pas telle filière plutôt que telle autre justement parce que la 1ere est rémunérée mais pas la seconde, mais que s’ils avaient vraiment le choix, ils iraient dans la seconde ?
    Rémunérer certains, subventionner d’autres, n’a jamais été synonyme de choix. Le choix, on ne l’a que quand on paie soi-même, et ce n’est possible que si l’état cesse de prélever 65% de ce que chacun gagne par son travail.
    Pas besoin d’avoir fait de hautes études économiques pour comprendre ça.

  12. Parmi les enfants de mes amis, certains ont intégré des « Grandes Ecoles » et ont obtenu des prêts bancaires.
    D’autres ont obtenu des bourses
    Moi-même ai intégré l’Ecole Navale et, si les études n’étaient pas payantes, nous n’étions pas payés ou si peu mais pris en charge. La contrepartie était la signature d’un contrat de 25 ans à disposition du ministre.
    Donc, je suis opposé au versement d’un salaire, payé par la collectivité, pour les apprentis fonctionnaires. Dérogation pour le régalien.

  13. C’est tout simplement de discrimination, encore du 2 POIDS 2 MESURES. Qu’est-ce que ces élèves ont en plus que les élèves du privé, RIEN du tout, si peut-être que pour la majeur partie ils viennent de milieu plus favorisé. Il faut arrêter cette discrimination au plus vite car les élèves du privé sont autant méritants que ceux de la fonction public, et en plus c’est le contribuable qui payent comme d’habitude. STOP A LA DISCRIMINATION ET VIVE L’EGALITE.

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