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vendredi 16 janvier 2026

« Les Fiancés », par  A. Manzoni

Temps de lecture : 2 minutes

Manzoni.Les-Fiances

Ce chef d’œuvre littéraire remporta un bien immense succès lors de sa parution.   La situation de la Lombardie du XVIIème siècle qui inspira l’auteur était tout à fait  semblable à celle du XIXème qu’il voulait dénoncer. Aujourd’hui encore le livre  reste d’actualité . Car c’est l’éternel humain qu’on retrouve dans cette fresque historique, le combat du bien et du mal. Quand elle est tyrannique, la  féodalité avec ses oppressions, ses guerres et  ses disettes,  auxquelles vint s’ajouter la peste,  ne peut qu’engendrer  la misère, la suspicion, l’enfer sur terre. Manzoni réagit, révèle la grandeur des cœurs simples comme  celui  de Lucia, et la liberté de penser et d’agir de Renzo  qui ne craindra ni l’exil, ni les rumeurs, ni les fausses accusations, et encore moins  le lazaret. Il montre l’état de  grâce , celle du jeune Ludovic, las de la tyrannie des puissants  et qui devient  frère Christophe plein d’anxiété scrupuleuse pour les malheureux. L’auteur  ne s’arrête pas aux âmes pures.  Il ne cache pas la  pusillanimité  de don Abbondio, curé  de campagne qui n’aura pas marié à temps nos fiancés par crainte de  la cruauté sadique du potentat, don Rodrigue.

Mais l’Eglise n’est pas composée que de faibles. Le courage de  l’archevêque Frédéric Borromée ne parvient-il pas à convertir l’Innomé,  le pire des tyrans, le fléau du pays?  Tout cela dans une narration  romantique où les multiples invasions des envahisseurs  comme les sursauts des consciences seigneuriales s’alternent avec des réflexions de l’auteur : l’homme est libre de sa destinée quand il implore l’intelligence divine. Le style est élégant, prégnant, souvent rythmé par des anaphores, des anecdotes métaphoriques,  ou de profondes réflexions d’où le fatalisme  est banni. Car ce qui importe pour Manzoni c’est de montrer le miracle possible quand la vertu domine la perversité, quand la vie est  considérée comme un don sacré.  Qu’il soit comme Renzo , milanais ou burgamesque, peu importe, Manzoni est avant tout un Italien avant l’heure …

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