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dimanche 10 mai 2026

« Les Français et les idées libérales » : un sondage Ifop encourageant

Temps de lecture : 2 minutes

Un sondage récent confirme que beaucoup de nos hommes politiques sont décalés par rapport à l’opinion publique, qui souhaite très majoritairement une « thérapie de choc ».

Le sondage que vient de faire paraître l’Ifop, « Les Français et les idées libérales » (13 avril 2026, 49 pages), ne pouvait que retenir l’attention de l’Iref. Il laisse cependant songeur. En effet, il pose 11 questions qui ne collent pas toutes, loin de là, avec les idées libérales auxquelles il est pourtant supposé s’intéresser, ce qui témoigne du fait que les sondeurs ont une opinion assez confuse de ce qu’est le libéralisme. Or, il va de soi que mal poser des questions, c’est s’exposer quasi-inévitablement à des réponses difficiles à interpréter.

Voici les 10 premières réponses des sondés :

  • 81 % des Français pensent que « les responsables politiques ne disent pas la vérité sur la situation des finances publiques ». Une phrase vague ;
  • 75 % désirent une règle d’or, mais « sauf circonstances exceptionnelles » selon la question posée, ce qui est la voie ouverte à sa violation ainsi que le droit comparé nous l’a appris ;
  • 81 % sont inquiets pour la dette publique ;
  • 50 à 58 % affirment qu’il est possible de réduire le déficit public sans toucher aux dépenses des retraites, et des salaires et pensions des fonctionnaires, ce qui est là encore assez vaporeux ;
  • 62 % jugent que le niveau moyen des actifs devrait être supérieur à celui des retraités. On ne voit pas en quoi cette question porterait sur une idée libérale. Etrangement, les réponses favorables diminuent avec l’âge des sondés… ;
  • 76 % souhaitent la suppression des régimes spéciaux de retraite ;
  • 66 % veulent un « plafond maximal (sic) » pour les pensions de retraite des fonctionnaires. Là encore, on ne voit pas en quoi il s’agirait d’une idée libérale ;
  • 57 % croient que la part des prélèvements obligatoires sur les revenus du travail sont trop élevés. Encore une question sujette à interprétation ;
  • 91 % estiment que « le travail ne paie pas assez ». Question vague une nouvelle fois ;
  • Enfin, seuls 19 % des sondés font confiance aux partis politiques et aux candidats pour améliorer le pouvoir d’achat.

Il faut attendre la dernière question pour vraiment entrer dans le vif du sujet. 68 % des sondés réclament une « thérapie de choc afin de relancer la croissance », la question pointant un déficit zéro, et une réduction des impôts et des dépenses publiques. Nous aurions plutôt dit : une thérapie de choc pour libérer les énergies, mais passons.

Ici, nous analyserons plus finement les résultats : y sont favorables plus les hommes que les femmes, plus les vieux que les jeunes, plus les retraités que les actifs. Les moins favorables se rencontrent chez les plus diplômés, les 18-24 ans et les chômeurs.

Quoi qu’il en soit, de toutes les catégories de sexe, d’âge, d’agglomération, de région, de profession, de statut et de niveau d’éducation, seuls les chômeurs à 44 % se trouvent en-dessous de la majorité de ceux qui plaident en faveur d’une thérapie de choc. Hormis donc les chômeurs, le chiffre minimal des réponses positives n’est par pas inférieur à 59 %. Les idées libérales auraient-elles vraiment le vent en poupe ?

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17 réponses

  1. Le libéralisme est en soi une notion floue.
    Qu’est ce que le libéralisme ?
    Est-ce le libéralisme classique d’un Friedrich Hayek ?
    Est-ce le libéralisme « moderne » et utilitariste d’un John Stuart Mill ?
    Est-ce que le libéralisme d’un Hayek, qui suppose que le droit et l’ordre naissent d’une tradition culturelle et d’une évolution sélective : l’ordre spontané, est compatible avec celui des anarcho-capitalistes qui ne reconnaissent que le marché, et le croient capable à lui seul de faire apparaître des institutions (privées) ?
    Si les sondeurs collent l’étiquette « libéralisme » selon des critères discutables, c’est déjà parce que les « libéraux » eux-mêmes ne sont pas d’accord entre eux 🙂

    1. Les libéraux ne sont pas d’accord en eux parce que le libéralisme est par définition  » le droit de pouvoir penser librement  » .

      1. C’est une partie de la définition mais ça ne « définit » pas à lui seul le libéralisme. Mais admettons. Dans ce cas on ne s’étonnera donc pas que les sondeurs collent une étiquette libérale selon des critères qui apparaissent justifiés ou injustifiés selon la personne qui analyse ce choix.

    2. Le libéralisme n’est pas une notion floue. C’est un concept. On peut évidemment en avoir une approche différente, et heureusement! Mais si quelqu’un est protectionniste, il ne peut être qualifié de libéral! Si quelqu’un plaide pour un Etat fort dans le domaine économique et social, il ne peut être qualifié de libéral! Etc.

      1. Le libéralisme « moderne » (par opposition au libéralisme classique) d’un Mill ou d’un Rawls (qui se réclament du libéralisme) n’est pas hostile à un certain protectionnisme, ou à une intervention de l’Etat dans l’économie. Keynes lui-même se définissait comme un libéral (moderne). Hayek nous le dévoile et nous l’explique à plusieurs reprises lors de ses entretiens télévisés des années 70.
        Or la politique est un mouvement et lorsque le ver de l’intervention est dans le fruit…
        Je pense que vous vous basez sur un étalon : le libéralisme classique, qui n’a jamais eu d’existence politique concrète. Il a toujours été « accomodé » à autre chose. Au XIXème siècle (c’est à dire la période durant laquelle on se rapproche le plus des postulats du libéralisme classique) la France est protectionniste. C’est ce que combat d’ailleurs Bastiat, qui a toujours été isolé politiquement.

  2. Forcément si vous questionnez les gens ils vous diront tous qu’ils sont pour la liberté. Ce n’est pas encourageant car malgré ce qu’ils disent ils votent à l’inverse. Comme il y a plus de gens qui reçoivent que ceux qui payent on n’en sortira pas!

  3. Il serait temps que la presse dite « libérale » (Le Figaro, Les Echos, l’Opinion, etc.) se mette à mener le combat des idées… bien plus qu’un sondage, c’est cela qui ferait avancer la cause libérale.

      1. Oui, et lesdits clients sont les principaux bénéficiaires des dépenses publiques et sociales les moins justifiées, les médias ne vont pas scier la branche sur laquelle ils sont assis!

    1. Le Figaro n’est plus un journal libéral. Il est passé à gauche comme le révèle la tendance gauchiste de ses articles et sa collaboration avec l’AFP de même tendance!

  4. Ce qui ne les empêche pas de voter contre les libéraux pour la gauche redistributrice car chacun espère en palper! Donc aucun espoir. On va subir le coincé Philippe, incompétent et têtu comme une mule, car ils vont faire bloc républicain contre Bardella. Il nous a coûté 1000 milliards de dette supplémentaire durant son mandat. Cela ne va le changer.

  5. Il est temps d’avoir un programme libéral en lice pour une élection, ce serait le test majeur et ça n’a jamais existé en France.
    Cela pourrait réveiller nombre d’abstentionnistes intelligents mais sans doute pas assez pour constituer une majorité aujourd’hui, tellement les profiteurs de l’état providence sont nombreux.
    Courage !

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