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vendredi 16 janvier 2026

Les pilotes et le personnel navigant partent plus tôt à la retraite et avec une pension plus élevée que dans le régime général

Temps de lecture : < 1 minute

La Cour des comptes a épinglé mercredi la Caisse de retraites complémentaire des pilotes, hôtesses de l’air et stewards (CRPN) en raison de son régime très avantageux et lui demande de se réformer pour faire face à la fragilité de son équilibre financier et à des problèmes de gouvernance.

Dans un rapport publié mercredi, la Cour des comptes note le caractère « coûteux » et « très favorable aux affiliés » de ce régime complémentaire, qui permet notamment un départ à la retraite anticipé dès 55 ans pour certains. Elle recommande notamment « d’adapter les paramètres du régime », pour faire face aux risques croissants de déséquilibre de celui-ci. A court terme selon la Cour, ce régime, qui compte 36.000 actifs et 25.000 cotisants, a les moyens d’équilibrer ses comptes, grâce « au rendement élevé de ses réserves », qui permet de compenser le déséquilibre actuel entre cotisations et prestations.

Les pilotes, hôtesses de l’air et stewards peuvent sous condition partir en retraite dès 55 ans, en bénéficiant de leur retraite complémentaire et en touchant « une prestation de majoration » visant à compenser l’absence de retraite du régime général tant que l’âge légal n’est pas atteint.

Ils partent donc plus tôt en retraite que les salariés du régime général, les pilotes liquidant leur retraite en moyenne « à 62 ans » et les personnels navigants commerciaux « à 58,5 ans », « contre 63,4 ans pour l’ensemble des assurés du régime général », note la Cour. Par ailleurs, « le montant des prestations (…) est bien supérieur à celui des pensions complémentaires versées aux autres salariés par l’Agirc-Arrco », le régime de retraite de complémentaire des autres salariés du privé, du fait « principalement » des écarts de salaires durant la carrière, rappelle la Cour. Enième illustration des dérives des systèmes de retraite, même financés par le privé mais fondé sur des hypothèses insoutenables à terme.

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7 réponses

  1. Ancien pilote, j’ai exercé de 23 ans à 65 ans. J’ai donc cotisé pendant 45 ans, au delà de tous régimes, et je ne suis pas le seul. Je m’insurge contre l’incompétence de cet organisme. S’ils le font là, ils le font aussi ailleurs, c’est dire l’état de la france. »lorsque l’on veut abattre son chien…  »
    Tout d’abord, la loi de l’état imposait une cessation d’activité à 55 ans pour les hôtesses et 60 ans pour les pilotes. Fin 2008, sur pression du personnel navigant, la loi a changé malgré l’obstruction des compagnies et l’état pour raison de masse salariale. Une bonne partie des pilotes partent au delà de 63 ans en moyenne mais ce chiffre est pondéré par les pertes de licences de vol car ils doivent satisfaire aux critères médicaux implacable (trace d’infarctus = arrêt immédiat.
    La caisse est telle ment bien bien gérée depuis longtemps avec des curseurs adaptés en permanence. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’état aurait aimé se l’approprier. A savoir par ailleurs, ce n’est pas une caisse au même statut que les autres et privée. C’est à dire que demain l’état n’a aucune obligation de venir en aide au cas ou. Alors, que la cour nous « foute » la paix. Le mieux serait de la supprimer…

    1. Bonjour
      Si effectivement la CRPN est financièrement autonome côté collectespensions, sans ponctionner dans d’autres caisses du type Agirc Arcco, comme cela avait été le cas en 2003 par un autre organisme que je ne préfère pas nommer, je suis tout à fait d’accord avec vous.
      PhB

  2. On ferait mieux de s’occuper de l’éléphant dans le couloir que personne ne veut voir:
    La retraite que touchent deux qui n’ont pas élevé d’enfant et qui n’ont donc pas contribué. Avec les économies réalisées ils peuvent se constituer une substantielle retraite par capitalisation en plus de la répartition payée par les enfants des autres. Cela au dépends du pouvoir d’achat de ces derniers et de la compétitivité des entreprises!
    Ce système est pourri.

  3. Le CRPN est de droit privé mais délégataire de service public, ce qui explique que la Cour des Comptes soit habilitée à se mêler de ses affaires.
    Sa critique est intéressante pour qui sait lire entre lignes puisqu’elle regrette que l’efficacité des prestations soit liée à l’ampleur des réserves, sans remarquer que c’est un argument de plus en faveur de la capitalisation.
    On peut craindre au contraire que l’objet caché de cette appréciation ne soit de dépouiller le CRPN de ces réserves alléchantes au profit d’autres régimes en perdition sous prétexte d’une meilleure « justice ».

  4. Rien de neuf en effet, je plusse les propos précédents qui montrent que la kleptocratie ne cherche qu’à s’accaparer le magot, oubliant que la CRPN n’a pas attendu d’être au bord du gouffre pour ajuster ses curseurs afin d’assurer sa survie.
    La CRPN a donc montré qu’une caisse de retraite bien gérée peut être pérenne, on comprend que cela frotte à rebrousse-poil un état aussi dépensier qu’il est obèse.
    Bref, au lien de vouloir voler les autres commencez par apprendre les règles d’une bonne gestion… à capitalisation.

  5. Merci pour ces commentaires très utiles. Par exemple, le fait que la cour pointe le départ anticipé en oubliant de préciser que pour les hôtesses c’était une obligation (on se demande pourquoi 55 ans d’ailleurs) et, pour les pilotes, l’existence du risque santé. Comme vous dites, quand on veut tuer son chien… ou quand on veut s’accaparer des réserves…
    Encore un exemple qui prouve la nécessité de la capitalisation. Ainsi plus d’histoire d’âge de départ, chacun fait ce qu’il veut. On nous bassine avec l’allongement de la durée de la vie, mais au niveau individuel cela peut être faux. Quand on est d’une famille qui meure jeune, on peut préférer s’arrêter plus tôt quitte à percevoir moins… mais même pas, avec la capitalisation, cette même personne toucherait certainement autant qu’en partant plus tard dans notre système en faillite.
    Et effectivement, comme le souligne souvent Oncpicsou, la capitalisation règle le problème de ceux qui n’ont pas eu d’enfants (surtout que pour ceux qui n’ont pas pu même après assistance médicale, ce serait la double peine de se voir en plus privés de répartition).

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