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jeudi 2 juillet 2026

L’État a choisi une IA répondant mal aux besoins des agents

Temps de lecture : 2 minutes

« Utile, humaine et souveraine » ! Tels sont les qualificatifs dont est crédité l’outil d’intelligence artificielle (IA) que l’État vient de déployer pour tous ses agents.

Appelée « L’Assistant », cette IA conversationnelle a été testée pendant dix mois auprès de 10.000 agents de six ministères (Justice, Finances, Éducation nationale, Culture, Enseignement supérieur et Recherche, Services du Premier ministre) avant d’être généralisée au million et quelques de fonctionnaires de l’État à partir du 16 juin 2026. L’outil permet notamment de résumer un rapport, de reformuler une note, d’extraire des informations d’un document ou de traduire un texte.

Le dossier de presse le présentant met en avant le bilan de l’expérimentation qui montre que 75% des agents considèrent l’outil utile pour leur métier, que 65% le recommanderaient à un collègue et que 56% déclarent avoir réduit leur recours à des solutions non souveraines dans le cadre professionnel. Bref, que cette IA est formidable.

Si tout cela est vrai, il n’en demeure pas moins, si l’on prend le soin d’aller lire par soi-même l’évaluation indépendante pilotée par la Direction interministérielle de la transformation publique (DITP), que 57% des agents publics de l’État considèrent que les autres IA génératives répondent mieux à leurs besoins. Comme le dit une personne interrogée : « Si on compare L’Assistant IA avec ChatGPT, ChatGPT a une longueur d’avance. Les réponses de L’Assistant IA sont parfois un peu courtes et peu détaillées alors que ChatGPT, c’est plus complet et plus structuré. » Et dire que ChatGPT est loin d’être, aujourd’hui, l’IA générative la plus performante du marché !

L’Assistant IA a été mis au point, rappelons-le, pour des questions de souveraineté, l’État ne souhaitant pas que ses agents utilisent des outils non-européens qui pourraient faciliter la fuite de données plus ou moins sensibles. Cependant, si L’Assistant IA ne s’améliore pas rapidement, le risque est grand que les fonctionnaires continuent d’utiliser ChatGPT ou Gemini.

Si L’Assistant IA n’est pas l’outil dont rêvaient les agents de l’État, n’est-ce pas parce qu’il a été mal pensé ? En effet, comme l’explique le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, son souhait est d’avoir une IA qui réalise les tâches administratives répétitives sans remplacer les agents.

Il aurait été plus pertinent, nous semble-t-il, de supprimer purement et simplement des tâches administratives, qu’elles soient réalisées par l’IA ou par l’homme, pour pouvoir réduire les effectifs de la fonction publique. C’est-à-dire de réduire le périmètre de l’État.

En attendant, il est à craindre que le nombre de fonctionnaires continue à croître. D’autant plus avec une IA peu performante.

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