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dimanche 18 octobre 2026

L’État dépense pour tout et n’importe quoi, sauf pour nous protéger de la barbarie

Temps de lecture : 2 minutes

Un hôtel de ville de 1883 réduit en cendres, 1 500 commerces pillés ou dégradés, plus de 900 policiers et pompiers blessés et plus de 2 000 personnes interpellées. La France ne découvre pas une crise sociale : elle découvre un État qui n’assure plus sa principale mission : protéger ses citoyens.

Samedi, 550 000 personnes ont défilé selon le ministère de l’Intérieur, 800 000 selon les organisateurs. Beaucoup dans le calme, mais ce n’est pas cela que le pays retiendra, ce sont les images, ultra violentes   Le vénérable hôtel de ville de Limoges (construit en 1883) incendié volontairement, toiture et beffroi effondrés, « en grande partie perdu » selon le préfet. Un office de tourisme brûlé à Lyon. Un commissariat attaqué à Marseille. La rue Sainte-Catherine pillée à Bordeaux. Des grilles défoncées, des portes forcées, des pillages, des saccages… Bilan provisoire : 1 800 interpellations, plus de 500 policiers, gendarmes et pompiers blessés, 1 500 commerçants touchés et plusieurs centaines de millions d’euros de dégâts.

Plus de 10 000 policiers et gendarmes étaient mobilisés, dont 5 000 à Paris. Ils n’ont pas suffi. On parlera de casseurs, d’ultragauche, on promettra des réponses judiciaires « extrêmement fermes ». Trop tard. Des réponses, on nous en a déjà souvent promis mais sans que soit posée la vraie question : comment l’État le plus coûteux d’Europe en est-il venu à ne plus pouvoir garantir à un commerçant que sa vitrine tiendra jusqu’au soir ? L’IREF-Contrepoints a déjà maintes fois soulevé ce problème fondamental : le pays est en réel danger quand l’État n’a même plus les moyens d’assurer le régalien.

L’article 2 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789  place la sûreté parmi les droits naturels et imprescriptibles, et l’article 12 institue la force publique « pour  l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée. » Adam Smith ne disait pas autre chose : le premier devoir du souverain est de protéger la société de la violence, le second de protéger chaque membre de l’injustice des autres. Le reste vient après.

Or chez nous, c’est ce reste qui accapare tout, et nous le disons depuis des années. Bercy publie lui-même la répartition de 1 000 euros de dépense publique : 561 euros pour la protection sociale, 66 pour le simple fonctionnement des administrations, 31 pour la défense, 25 pour la sécurité et 5 pour la justice. Soit 61 euros de régalien : c’est  moins que ce que coûte… l’administration. La dépense publique a atteint 1 714 milliards d’euros en 2025, soit 57,3 % du PIB, et les trois missions régaliennes de l’État – défense, sécurités, justice – en ont absorbé 100 milliards, soit 5,9 %.

Voilà l’échec de l’État providence, et il ne se mesure pas seulement en dette. L’Etat promet à qui veut de couvrir tous les risques de l’existence, mais se montre impuissant face au seul contre lequel nul ne peut s’assurer lui-même. Il a mangé ses propres fonctions. Le commerçant de la rue Sainte-Catherine paye des impôts et des taxes qui devraient lui garantir que sa devanture ne sera pas fracassée. Mais l’Etat est incapable de lui apporter cette sécurité minimale.

Les Français demandent depuis longtemps plus de régalien et moins d’assistanat. Une puissance à la fois omnipotente et inefficace court au naufrage. On accepte de payer cher un État qui protège. On n’accepte pas éternellement de payer très cher un État qui non seulement ne protège pas, mais  laisse la maison brûler.

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