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jeudi 5 mars 2026

L’Europe est totalement dépendante du numérique américain

Temps de lecture : 2 minutes

Les entreprises de l’Union européenne (UE) achètent chaque année pour 264 milliards d’euros (Md€) de services de cloud et de logiciels à des acteurs américains, soit 83% de leurs acquisitions totales en ces domaines. Tels étaient les chiffres chocs qui ressortaient d’une étude publiée en avril 2025 par Asterès pour le Cigref (club informatique des grandes entreprises françaises).

Une nouvelle étude, publiée en décembre 2025, arrive aux mêmes conclusions. Réalisée par un cabinet lituanien à la demande du Parlement européen, elle cartographie les dépendances numériques de l’UE. Livrons-en quelques chiffres.

En matière de systèmes d’exploitation (OS), près de 90% du marché sont tenus par Microsoft (73,5%) et Apple (16,3%). Du côté des mobiles, c’est pire : 99,5% du marché est dans les mains de Google (65,3%) et d’Apple (34,2%).

Pour les moteurs de recherche, c’est Google qui tient le haut du pavé en captant près de neuf recherches sur dix (89,9%). Le moteur allemand Ecosia a environ 0,3% du marché ; le français Qwant, moins de 0,1%.

Les réseaux sociaux restent dominés par Facebook qui, si l’on en croit l’étude, concentre encore plus de 80% des pages vues. En y ajoutant Instagram (qui appartient aussi à Meta), on atteint près de 88%.

Les Gafam détiennent près de 90% du marché des navigateurs avec notamment Chrome (60,7%), Safari (19,7%) et Microsoft Edge (6,4%). Les navigateurs d’origine européenne ne prennent pas plus de 3% du marché.

En matière d’intelligence artificielle (IA) générative (GenAI), le marché européen est dominé par les américains OpenAI (30%), Microsoft (25%), Amazon (20%) et Google (15%).

Dans les logiciels de gestion des activités quotidiennes des entreprises (ERP), le marché est plus morcelé et l’allemand SAP garde encore une bonne longueur d’avance avec 55%. Ses suivants, les américains Oracle (10%) et Microsoft (8%), sont loin derrière. En revanche sur les logiciels de gestion de la relation client (CRM), les américains sont en tête avec Salesforce (44% du marché), loin devant le deuxième SAP (10%). Dans la bureautique, cela ne surprendra personne, Microsoft domine largement avec Office (90%).

Malgré les sanctions, les Gafam, et plus largement les firmes américaines, sont plébiscitées par les entreprises de l’UE. Leur avance est telle qu’il est difficilement imaginable qu’elles puissent un jour laisser la place à des champions européens sur les marchés matures. Les startups et licornes européennes ont peut-être encore une carte à jouer sur les marchés émergents (IA, quantique…). Encore faudrait-il que les réglementations de l’UE ne les empêchent pas d’innover !

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3 réponses

  1. Cette étude confirme une réalité que l’on observe quotidiennement en entreprise : le confort de l’écosystème américain l’emporte souvent sur la réflexion stratégique de souveraineté. Au-delà des parts de marché, le vrai problème est l’enfermement propriétaire qui rend la migration de données extrêmement coûteuse et complexe pour une PME européenne.

    Pourtant, il existe des alternatives solides, souvent plus proches des besoins métier locaux. Dans mon parcours, j’ai vu des entreprises délaisser les géants américains pour des solutions comme Simple CRM, qui permettent de garder une maîtrise sur l’hébergement des données tout en bénéficiant d’outils adaptés aux spécificités du marché européen. C’est souvent une question de pragmatisme : on gagne en agilité ce qu’on perd en « prestige » de marque.

    Le salut viendra peut-être d’une prise de conscience sur le coût caché de cette dépendance. Pensez-vous que les prochaines réglementations européennes aideront réellement l’émergence de champions locaux, ou vont-elles finir par brider nos propres pépites face à la force de frappe financière des Gafam ?

  2. Qui ne dépend pas des logiciels américains? L’Europe à bel et bien loupé son virage numérique et pourtant avec le Minitel français ou l’italien Oliveti et ses premiers ordinateurs de bureaux, l’Europe avait la un bon tremplin. Les français sont parmi les meilleurs au monde en AI. L’AI ce n’est que des mathématiques. Les français sont ceux avec les américains qui ont plus grand nombre  » des médailles Field  » un gouffre qui sépare avec le troisième. Pourquoi les plus grands spécialistes français sont aux États-Unis? La réponse est dans l’article.

    Dommage, quand ont sait que les allemands et français ont construit le plus puissant ordinateur quantique photonique du monde. Mais certainement avec des logiciels américains.

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