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samedi 9 mai 2026

L’intelligence artificielle ou la fin de la simplification administrative ?

Temps de lecture : 2 minutes

Après deux années de consultations et de discussions, la loi de simplification de la vie économique a enfin été définitivement adoptée. Rien de révolutionnaire pourtant dans son contenu. Quelques mesures, certes bienvenues, mais qui ne changeront malheureusement pas le quotidien des entreprises.

Le texte ne contient rien qui puisse directement intéresser les agriculteurs. Il faut dire qu’ils ont eu la loi dite « Duplomb » l’année dernière, visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur. Et puis, ils ont le projet de loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles, présenté en Conseil des ministres le 8 avril dernier, qui devrait être examiné par les députés ce mois-ci. Il est censé « répondre au malaise des agriculteurs et à certaines de leurs difficultés quotidiennes ». A vrai dire, nous en doutons fortement quand nous constatons qu’il renforce la capacité des sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) à intervenir sur le marché immobilier rural au lieu supprimer ces structures nuisibles.

Le projet de loi oblige, par ailleurs, les restaurants collectifs à déclarer la part de produits d’origine française servis, et la restauration collective publique à déclarer la part de produits originaires de l’UE servis. Quant aux grossistes, chaînes de restaurants et grande distribution, ils devront publier tous les ans, à partir de 2030, le niveau de leurs achats durables et de qualité.

Heureusement, l’intelligence artificielle (IA) viendra à leur rescousse. Un article récent du Figaro fait l’éloge de « Lucien », une IA développée par deux jeunes françaises, pour aider les viticulteurs à faire leur fastidieux travail administratif. Les formalités douanières, les cahiers des charges des appellations d’origine contrôlées (AOC), les complexités des certifications et labels n’ont pas de secret pour lui. « Lucien » promet de faire gagner « un temps fou » aux vignerons submergés par les formulaires.

C’est bien là où est le piège. Le risque, que nous formulions déjà l’année dernière, est que l’Etat abandonne définitivement l’idée de simplification administrative. A quoi bon simplifier si l’IA permet aux viticulteurs et autres entrepreneurs de mieux se repérer dans le maquis des normes ?

Pire, entre les mains de fonctionnaires zélés, l’IA pourrait permettre de complexifier l’existant à loisir. L’IA deviendrait ainsi l’agent infatigable et consciencieux d’une administration au service d’elle-même. L’enfer administratif semble avoir encore de beaux jours devant lui !

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3 réponses

  1. La complexité administrative a été rendue possible par l’informatisation. Sans elle il ne serait pas possible de faire sa déclaration d’impôts et il est impossible pour un particulier de pouvoir justifier les chiffres que donne la banque et les divers intermédiaires. Le mouvement s’est encore accéléré avec internet qui permet de rallonger et multiplier les formulaires puisque c’est le contribuable qui fait tout le travail. L’IA aura donc le même effet à moins que la volonté humaine décide de se manifester et de reprendre ses droits. Pour cela, il faut que l’individu cesse d’être considéré comme un rouage de l’ingénierie sociale et qu’il devienne à nouveau l’élément central en retrouvant sa liberté et son autonomie.

  2. « L’enfer administratif semble avoir encore de beaux jours devant lui ! »
    Parfaitement conclu !
    Lorsqu’il y a progrès technique nos fonctionnaires addictes de la règlementation s’acharnent à verrouiller la facilité ou à créer de nouvelles contraintes en parallèle.
    Hier mon notaire m’expliquait que la simple procuration à un proche pour signer la vente d’un petit terrain ne peut plus se faire par simple lettre de particulier à particulier…
    Heureusement on a inventé la signature électronique, quel progrès ! Oui mais le notaire est revenu vers moi me signaler qu’il devait passer par un logiciel d’une société de service et que ça coûtait 50 € la signature… nous sommes 6 frères et sœurs dans l’indivision, chacun doit raquer ! et comme il s’agit de plusieurs opérations il faut impérativement une procuration à chaque fois…parait-il !
    Mais, ouf merci la science on peut aussi se faire envoyer le texte du notaire par internet, l’imprimer (sous réserve de posséder les moyens informatiques ce qui est heureusement mon cas) et se rendre à la mairie (7 kms !) pour le signer devant le préposé sourcilleux qui mettra son cachet et envoyer l’original par courrier…
    Une simple procuration ! (Il y aurait des sketches humoristiques à faire !)

  3. Un pays dirigé par l’IA ? Ça ne fait pas rêver car qui décide des infos données à cette IA ?

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