La proposition de loi, dite « loi Duplomb », adoptée au Sénat le 18 janvier dernier, est actuellement débattue en commission du développement durable à l’Assemblée nationale. Présentée comme un texte de « libération » des agriculteurs, elle risque pourtant de restreindre davantage leur activité, en particulier leur accès à l’eau.
Le texte initial, dont l’article 5, entendait encadrer le stockage de l’eau. Mais ce dernier a été supprimé après l’adoption de neuf amendements restrictifs. L’un interdit toute nouvelle infrastructure de stockage, un autre impose un moratoire de dix ans sur les méga-bassines, suspendant rétroactivement les autorisations délivrées depuis dix ans. Selon la juriste Carole Hernandez Zakine, « le texte interdit aux agences de l’eau, dont c’est pourtant une mission, de financer ou d’entretenir les ouvrages liés à l’irrigation agricole ». Une véritable « interdiction d’accès à l’eau pour l’agriculture », ajoute-t-elle.
Pourtant, en 2020, seulement 6,8 % de la surface agricole utile (SAU) française était irriguée, soit 1,8 million d’hectares. À titre de comparaison, ce taux dépasse 16,3 % aux Pays-Bas et 14 % en Espagne. Or selon le Green Future Index 2023 de la MIT Technology Review, qui évalue les politiques écologiques selon cinq critères (émissions carbone, transition énergétique, société verte, innovation propre, politique climatique), les Pays-Bas affichent un score supérieur à la France (6,22 contre 5,99). L’Espagne suit de près avec 5,92. Force est de constater que les politiques publiques françaises ne visent toujours pas au bon endroit.
D’après un rapport de l’Office français de la biodiversité, le volume moyen d’eau prélevé en France pour l’irrigation s’élève à 1 700 m³/ha/an, contre 4 800 en Espagne et en Italie, pour une moyenne européenne de 4 000 m³/ha/an. En tout, l’agriculture ne représente que 11 % des prélèvements totaux, soit 3,4 milliards de m³.
Entre 2010 et 2020, les surfaces irrigables ont progressé de 23 %, pour atteindre 2,8 millions d’hectares, mais seules 64 % étaient effectivement irriguées en 2020, contre 68 % en 2010. Par ailleurs, le maïs représente 38 % des cultures irriguées, devant le blé tendre (12 %) et les légumes frais, fraises et melons (9 %), des aliments essentiels à notre alimentation.
Selon Patrice Raujol, de la FDSEA du Tarn-et-Garonne, « l’eau, c’est le sujet majeur. On a de l’eau, mais elle ne tombe pas au bon moment. Pour pérenniser nos exploitations, on voulait faire des réserves. Tout cela a été remis en cause avec un moratoire de 10 ans. C’est inacceptable », a-t-il déclaré sur les antennes d’Europe 1.
À force de céder au dogmatisme écologiste, le pays prend le risque de sacrifier ses agriculteurs au nom d’objectifs mal calibrés et continue de fragiliser le secteur, vital pour la souveraineté alimentaire du pays.
Articles connexes:
Mercosur : l’Assemblée nationale tourne une nouvelle…
Le Sénat vote une baisse de 15 % du budget du CESE.…
L’avion et la jeunesse : l’efficacité prime la «…
Alcool : quand les taxes s’invitent dans nos verres
ArcelorMittal : LFI persiste et signe pour la…
Réseaux sociaux : quand la commission d’enquête…
L’amendement Kasbarian pour supprimer le chèque…
Suppression des machins administratifs : un bon…
6 réponses
Au nom de l’écologie ils font n’importe quoi sans réfléchir
L’eau est rare, l’eau est précieuse, on manque d’eau, tout cela est faux, nouveau mensonge propagé par les écolos après que leurs dogmes sur les énergies renouvelables commencent à se fissurer.
L’eau est abondante, l’humanité n’en consomme qu’une petite partie, mais il est vrai qu’elle ne tombe pas toujours au bon moment ou au bon endroit, alors les écolos essaient de bloquer tous les projets pour corriger ou améliorer l’utilisation de l’eau. Le seul moyen pour eux de faire survivre leurs mensonges sur l’eau. Après leurs divagations sur les énergies et l’eau, quel nouveau mensonge sont-ils en train de préparer pour assurer leur présence médiatique et leur nuisance sur les populations ?
En Hollande, l’eau ne pose pas de problème: en cas de sécheresse, il suffit de diminuer le pompage. En France, le problème, ce ne sont pas les agriculteurs, ce sont les politiciens.
… ET SURTOUT LES ECOLOS. Mille exemples d’imbécilités : CF : Aymeric CARON et ses abeilles,
et les ROUGES SANG !
Bon résumé de la situation française : de l’administration neo -socialiste tendance rouge de l’écologie punitive aux politiciens incompétents pratiquant le clientélisme de masse,et ne pas s’étonner du nombre de victimes parmi les agriculteurs,artisans, commerçants et petits indépendants et industriels.
Un suicide bien « français « …
Il va falloir arrêter avec l’écologie hors sol de bobos complètement déconnecté qui s’imaginent sauver la planète parce qu’ils se déplacent en trottinette électrique (mais se moquent des enfants exploités pour obtenir les éléments nécessaires aux batteries)et donnent des leçons a tout le monde sans parler des écolos gauchos qui sont encore pires. Mais les uns comme les autres n’ont que deux neurones pour réfléchir …