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mardi 16 juin 2026

 « Marche des fiertés » : quand les drapeaux des pays anti-LGBT défilent en tête de cortège

Temps de lecture : 2 minutes

Le 14 juin, les Parisiens ont eu la joie de découvrir une variante de la gay pride, version plus étendue : la « marche des fiertés radicales », une manifestation placée sous la bannière « anti-guerre, contre les génocides, pour la dignité de tous les migrants et une décolonisation globale ». Les organisateurs déplorent, en effet, l’explosion des budgets dédiés à l’armée « au détriment des services publics ». Des revendications sans queue ni tête liées au genre, à la lutte contre le fascisme, le colonialisme, le capitalisme, Israël, la grossophobie ou le validisme, qui se mélangeaient à des drapeaux de l’Algérie, de la Palestine, du Liban, du Congo, du Soudan et des pancartes queer with migrants.

Curieusement, les États mis à l’honneur sont ceux où l’homosexualité est…punie. En Algérie, l’homosexualité est réprimée par le code pénal. À Gaza, le Hamas n’est pas vraiment réputé pour son attachement aux droits LGBT et il n’y a pas, en Palestine, de dépénalisation des pratiques sexuelles entre personnes de même sexe. Les militants de la « marche des fiertés » rejettent l’État d’Israël, mais ignorent que des homosexuels palestiniens y demandent l’asile pour fuir les persécutions, la violence homophobe et pour avoir plus de droits (reconnaissance légale des couples de même sexe, adoption homoparentale, changement légal de genre, accès à la PMA, etc.). Au Liban, pays loin d’être une exception régionale, les pratiques sexuelles entre personnes de même sexe sont encore réprimées par la loi, même si des magistrats ont refusé de l’appliquer. Au Congo, pas plus tard qu’en 2024, le ministre de la Justice a demandé aux magistrats de réprimer les homosexuels qui se montrent en public pour « atteinte à la pudeur et attentat aux bonnes mœurs ». Quant au Soudan, pays dont le système judiciaire était régi par la charia jusqu’en 2020, l’homosexualité est toujours un crime puni d’emprisonnement.

Cette « convergence des luttes » produit d’étranges alliances. À force de tout ramener à l’antifascisme, à l’anticolonialisme et à l’antiracisme, une partie de la gauche radicale se trompe complètement de cible et finit par encenser les régimes qui oppriment les homosexuels.

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