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mercredi 27 mai 2026

Médecin : une profession de moins en moins libérale

Temps de lecture : 2 minutes

Alors que le manque de médecins se fait chaque jour un peu plus criant, l’État n’a rien trouvé de mieux que d’en réduire encore le nombre. Il se pourrait qu’environ 1000 médecins disparaissent de la circulation d’ici quelques mois.

Le budget 2026 de la Sécurité sociale prévoit en effet que les prescriptions – médicaments, actes d’imagerie, examens de biologie, transports, etc. – des médecins en secteur 3 ne soient plus remboursés par la Sécurité sociale.

Rappelons les médecins sont classés en trois catégories. Ceux du secteur 1 – l’immense majorité, notamment 96% des généralistes – pratiquent les tarifs conventionnels fixés par l’Assurance maladie, sans dépassements d’honoraires (30€ pour un généraliste), lesquels sont remboursés à 70%.

Dans le secteur 2, on trouve surtout des spécialistes (rhumatologue, ophtalmologue, pédiatre, ORL, etc.). Eux aussi adhèrent à la convention médicale, mais ils peuvent fixer librement leurs tarifs et donc pratiquer les dépassements d’honoraires « avec tact et mesure » comme le précise la loi. Leurs patients sont remboursés à 70% de la BRSS (base de remboursement de la Sécurité sociale) qui dépend de l’adhésion ou non du médecin à l’Optam (option pratique tarifaire maîtrisée) et qui est de 30€ ou de 23€.

Enfin, dans le secteur 3, les médecins n’adhèrent pas à la convention médicale et pratiquent des honoraires libres. Leurs consultations sont remboursées sur la base d’un tarif dit « d’autorité » qui est de 0,61€ pour un généraliste et de 1,22€ pour un spécialiste. Leurs prescriptions étaient, en revanche, jusqu’à présent remboursées dans les conditions de droit commun. A partir du 1er janvier 2027, ce ne sera plus le cas. Ce pourrait donc être, purement et simplement, la fin de ce secteur d’exercice.

La plupart des praticiens qui ont choisi d’exercer dans ce cadre l’ont fait pour « fuir la contrainte de la convention médicale », « desserrer l’étau » dans lequel la Sécu veut les maintenir, « retrouver la liberté » et une vraie indépendance professionnelle…

Il est à craindre que cette disposition précipite les médecins hors de l’exercice libéral de leur profession, voire les fassent fuir à l’étranger. La mesure est de plus injuste pour leurs patients qui cotisent à la Sécurité sociale et ne seront plus remboursés. Enfin, elle est annonciatrice de contraintes futures sur les secteurs 1 et 2. Comment croire que la Sécu n’imposera pas bientôt de nouvelles obligations aux médecins, diminuant progressivement leur autonomie professionnelle pour réaliser son rêve d’une médecine entièrement nationalisée ?

Est-ce aussi le souhait de tous les praticiens ? Si ce n’est pas le cas, qu’ils militent donc aux côtés de l’Iref-Contrepoints pour une privatisation des assurances sociales, seule solution pour qu’ils restent une profession libérale.

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7 réponses

  1. Le déclin de l’Occident… En France, la fuite des cerveaux ne concernait jusqu’à présent qu’une mince couche de hauts-potentiels (industries de pointe et haut-patronat) et d’entrepreneurs en quête d’exotisme (les zexpat’)… On risque d’entrer dans une zone où notre pays va commencer à perdre ses « élites ordinaires » (médecins, ingénieurs, juristes, scientifiques, artistes et universitaires indépendants, entrepreneurs, etc.) comme cela se produit dans de nombreux pays du tiers-monde. La classe libérale de la nouvelle génération va déguerpir. A terme, il restera les petites gens sous la tutelle d’une nomenklatura socialo-mafieuse. Déplorable !

  2. Nous avons le meilleur système de santé du monde, à condition de ne pas tomber malade. La qualité des soins n’est pas en cause, ce n’est qu’une question de disponibilité.
    Mais pour rembourser les frais de Hidalgo et ses adjoints…pas de limites.

  3. Notre modèle de soins qui se hissait au premier rang mondial en début de ce millénaire, s’est fortement dégradé. Notre médecine est tellement encadrée par l’État , la Sécurité sociale et les agences régionales, que ce modèle se soviétise. Le praticien n’est plus libre de sa façon de travailler et de ses choix de traitement. Il faut entre un mois et plus de un an pour obtenir un rendez-vous, sous réserve que le praticien accepte de nouveaux clients . Les coûts sont de plus en plus importants.
    Il devient urgent de renverser la table pour reconstruire un système où toutes les parties deviennent plus responsables.

  4. Et si on arrêtait les gaspillages : qu’en est il des fausses cartes sécu sont le nombre est bien supérieur au nombre d’ayants droit… sans parler des fraudes diverses et variées et aussi les soins a la terre entière … gratuits (comme par exemple aux dirigeants de certains pays qui nous crachent dessus) et l’AME tout cela véritable pompe aspirante d’étrangers qui viennent se faire soigner gratuitement chez nous sans cotiser … ce sont les français qui cotisent et qui voient leurs droits réduits dans tous les domaines d’ailleurs…. Il va falloir faire un sacré ménage.

  5. L’argumentaire est assez fragile. Les médecins du secteur 3 revendiquent la liberté totale… mais voudraient que leurs prescriptions continuent d’être remboursées par la Sécurité sociale. Autrement dit : liberté tarifaire complète, mais financement collectif garanti. C’est un peu la version médicale du « je privatise les revenus mais je socialise les coûts ». Si l’on choisit de sortir de la convention et donc du système solidaire, il est logique d’en accepter aussi les règles, y compris les contrôles et les mécanismes de remboursement. Parler ensuite de « nationalisation de la médecine » relève surtout du slogan idéologique : la convention est un contrat volontaire, et la quasi-totalité des médecins choisissent justement d’y adhérer.

    1. Les malades qui vont voir ces médecins de secteur 3 cotisent à la Sécu, pourquoi n’auraient-ils pas droit aux remboursement des médicaments prescrits, d’autant plus si le médecin lui-même ne l’est pas ?
      L’unique solution, et la meilleure comme le prouvent nombre de pays autour de nous : stop à la collectivisation. Que chacun s’assure où il le souhaite et aux conditions qu’il choisit. Le « système solidaire » est un concept fumeux qui permet toutes les dérives que l’on connaît et qui font que notre système, solidaire justement, est au bout du rouleau. Avec la privatisation, et donc la gestion responsable des coûts et des dépenses/recettes, plus de cartes vitales en surnombre par exemple, plus de soins déversés gratuitement à la Terre entière et donc le retour de la justice pour tous les malades.

    2. Pas d’accord. Il serait tout à fait normal que les consultations des médecins en secteur 3 soient remboursées exactement sur la même base que des médecins en secteur 1 et 2, les patients payant la différence.
      Ainsi, si mon médecin me coûte 100€, je suis remboursé de 19€ (21€ – 2€ de participation forfaitaire) et, si je n’ai pas d’assurance complémentaire, je règle les 81€ restants. Aujourd’hui, alors que je cotise à la Sécu, elle ne me rembourse que 0,61€. Maintenant, elle me refuse le remboursement des prescriptions. C’est quand même un véritable scandale.

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