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dimanche 30 août 2026

« Milton Friedman avait raison »

Temps de lecture : 2 minutes

C’est le titre de l’article de Matthew Continetti publié dans l’excellente Lettre quotidienne Free Expression du Wall Street Journal. Vingt ans après sa mort, Friedman est redevenu omniprésent : inflation, droits de douane, contrôle des loyers et des prix, les problèmes économiques de son époque sont toujours d’actualité. Continetti observe que ses détracteurs, à gauche comme à droite, s’emploient à démolir son bilan,  passant sous silence les arguments qui accompagnent ses thèses. Ils le considèrent comme un théoricien froid qui réduit les hommes à des unités de production et les nations à des zones de libre-échange. À cette image l’auteur oppose celle d’un chercheur qui a fait sortir les principes de choix et de concurrence de l’université pour les appliquer à la vie réelle, en particulier en matière de liberté scolaire. Il a été un vulgarisateur hors pair dont les livres et les émissions télévisées continuent d’alimenter les réseaux sociaux. Friedman a fait comprendre les principes économiques libéraux à Mme Michu et c’est l’une des raisons principales de sa notoriété.

Pourtant, insiste Continetti, il est contesté par les politiques. Biden, lorsqu’il était candidat aux présidentielles en 2020, soutenait que Friedman ne dirigeait plus la manœuvre économique en Amérique et il a ensuite ignoré ses recommandations. Résultat : sous Biden, l’Amérique a connu la pire inflation en quarante ans. Aujourd’hui, le maire socialiste de New York, Mamdani, promet de substituer le collectivisme à la « froideur de l’individualisme » et annonce le gel des loyers, les hausses d’impôts et l’ouverture d’ « épiceries publiques ». Le vice-président Vance va jusqu’à juger que la politique économique de la droite américaine est « bien davantage celle d’Alexander Hamilton que celle de Milton Friedman » et s’en félicite, alors même que l’inflation dépasse les prévisions de la Réserve fédérale, que les salaires réels stagnent, que l’emploi industriel recule et que les droits de douane sont rejetés par l’opinion.

Contester les théories de Friedman c’est s’opposer à la levée des obstacles à l’épargne, à l’investissement et au commerce, à tout ce qui enrichit les nations. Personne ne l’a remplacé comme avocat du marché libre et de la responsabilité individuelle. Ceux qui veulent combattre le socialisme et l’étatisme devraient s’inspirer de sa méthode autant que de ses conclusions, en s’appuyant sur les faits économiques.

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10 réponses

  1. « un théoricien froid » je ne vois comment il peut en être autrement. On ne peut pas bâtir une théorie avec des sentiments et des « bonnes intentions » seulement avec une approche rigoureuse et sans concessions.

  2. Actuellement les hommes politiques et les medias s adressent directement aux émotions, aux ressentis des citoyens plutôt qu à la raison
    Ce qui explique très largement qu un penseur rationnel et pragmatique ne trouve pas d écho
    La grande majorité des citoyens marche à la démagogie et au clientélisme

    1. Il n’y a rien de pragmatique derrière cette pseudo science qu’est l’économie, et ce qu’on a créé aujourd’hui est simplement une catastrophe, la pire de l’histoire de l humanité même si le nombre de biens par personne n’a fait qu’augmenter

  3. Pour Biden, faut savoir de quoi on parle en matière d’inflation? Pour Milton Freidman l’inflation n’a qu’une seule cause. La politique monétaire des banques centrales. Les hausses des prix mondiaux des matières premiers liés à des situations géopolitiques où alimentaires dues à des événements météorologiques étaient pour Milton Freidman de la pseudo inflation où les prix du marché finissent par se réguler de eux-mêmes. L’ Amérique de Biden était aussi dépendante du prix des matières premières sur les marchés mondiaux pour l’alimentation, la pharma, l’industrie. Du coup, je relativiserai le rôle de Biden sur la hausse des prix aux États-Unis.

    L’article aurait du mentionné les travaux de Milton Freidman sur la nécessité de l’indépendance des banques centrales qui ont permis dans les pays de l’OCDE de mettre fin à des inflations à 2 chiffres ou à de l’hyperinflation. La aussi l’histoire a montré que Milton Freidman lui a donné raison.

    Milton Freidman avait aussi calculé qu’une libéralisation du marché des drogues coûterait beaucoup moins cher et serait plus efficace que les politiques de prohibition et de répression. On ne l’a pas écouté et jamais les cartels et les nacro- traficants n’ont autant prospéré aujourd’hui. Et la toxicomanie fait des ravages aux États-Unis avec ces nouvelles drogues de synthèse.

    Quand à ses détracteurs surtout de gauche, leur seul argument c’est de le traiter de Pinochetiste.

    Merci pour cet article qui nous rappelle à quoi ont doit à des personnes comme Milton Freidman sur les réalité économiques et societales.

    1. Les admirateurs de Pinochet sont plus nombreux qu’on ne croit, car ils se souviennent que ce curieux dictateur (le seul a avoir quitté le pouvoir sur une élection perdue…) a -si l’on considère les pays limitrophes du Chili-, probablement sauvé beaucoup de pays d’Amérique du sud du marxisme et d’un sort à la vénézuélienne. Et il a donné à son pays une croissance à deux chiffres pour une décennie au moins.

  4. Tout cela me fait penser aux « 50 décisions qui ont coulé la France » ! Pas grand monde pour en parler d’ailleurs…

  5. L’article a raison sur la vulgarisation, et je crois qu’il rend un mauvais service à Friedman en escamotant la partie où il s’est trompé.

    Sa contribution la plus solide est celle sur laquelle presque tout le monde s’accorde aujourd’hui, y compris des économistes qui ne partagent rien d’autre avec lui : l’hypothèse du taux de chômage naturel et la critique de la courbe de Phillips, formulée en 1968 avant que les faits ne lui donnent raison dans les années 1970. C’est une prédiction risquée qui s’est vérifiée, ce qui est le meilleur titre qu’un économiste puisse avoir.

    Le monétarisme strict, en revanche, a été abandonné par les banques centrales elles-mêmes. Les expériences de ciblage des agrégats monétaires menées aux États-Unis et au Royaume-Uni au début des années 1980 ont montré que la vélocité de la monnaie était bien moins stable que la théorie ne le supposait, et l’idée d’une règle de croissance monétaire fixe n’a plus de défenseurs sérieux dans les banques centrales.

    Cela n’invalide pas le reste, et notamment la proposition centrale selon laquelle l’inflation reste un phénomène largement monétaire. Mais le mécanisme précis qu’il proposait n’a pas tenu.

    Un mot enfin sur la méthode de l’article : constater que l’inflation a suivi une administration ne démontre pas qu’elle en résulte. La pandémie, les ruptures de chaînes logistiques et le prix de l’énergie ont produit une inflation simultanée dans des pays aux politiques budgétaires très différentes, y compris dans des économies où aucun plan de relance comparable n’a eu lieu. C’est précisément le genre de raisonnement que Friedman lui-même aurait démonté.

  6. Friedman sert de bouc-émissaire aux dérives utilitaristes de la globalisation dirigiste social-démocrate en Occident… c’est bien commode ! … le « vilain libéral » est chargé de tous les péchés du socialo-dirigisme qui domine l’Occident depuis 50 ans… en plus, un certain relent antisémite se fait régulièrement sentir… Friedman et les libéraux n’ont jamais que fait état de la science économique… ce que les politiques en ont fait est une autre question ! … à part cela, oui « Il a été un vulgarisateur hors pair dont les livres et les émissions télévisées continuent d’alimenter les réseaux sociaux. Friedman a fait comprendre les principes économiques libéraux à Mme Michu et c’est l’une des raisons principales de sa notoriété. »… Et je pense que c’est ce qu’il manque aujourd’hui ! Une grande culture de capitalisme populaire sur la télévision de masse. Il faudrait d’ailleurs 2 niveaux de combat culturel libéral : d’une part dans la presse « bourgeoise » (Le Figaro, Les Echos, etc.) afin de redonner une culture libérale aux élites, et d’autre part dans les médias de masse populaires afin de démocratiser la compréhension de l’économie. Cela devient urgent !

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