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jeudi 12 février 2026

Le ministère des Finances se mêle de la vie privée de ses agents

Temps de lecture : 2 minutes

En pleine tourmente budgétaire et gouvernementale, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique Éric Lombard a tout de même trouvé le temps de signer, le 5 septembre 2025, avec la majorité des organisations représentatives du personnel, un accord triennal en faveur de l’égalité professionnelle. Il est vrai, comme l’a déclaré le ministre, que « Bercy doit être exemplaire ! »

Passons sur les mesures, relevant de la gestion des ressources humaines, visant à identifier des freins à la progression des carrières des agentes et à mettre en œuvre des mesures correctives, ou créant « un programme de formations ambitieux », de « nouveaux outils pédagogiques d’information et de sensibilisation » ainsi qu’un « observatoire ministériel de suivi des signalements et d’analyse des suites qui y sont données ». Intéressons-nous plutôt au « cadre d’accompagnement et de soutien des victimes de violences intrafamiliales » créé par cet accord. Si l’on peut comprendre que l’employeur public s’implique dans la « mise en place de conditions de travail sécurisées » et faciliter l’accès à un changement d’affectation géographique, on se demande bien pourquoi il devrait intervenir dans l’accompagnement psychosocial des personnes concernées, dans un soutien matériel et financier, et dans le dépôt de plainte.

L’employeur, quel qu’il soit, doit-il intervenir dans la vie personnelle de ses salariés ?

Une question qui vient immédiatement à l’esprit est : « Pourquoi le ministère se mêle-t-il ainsi de la vie privée de ses agents ? » La réponse se trouve dans le guide pratique sur les violences conjugales et intrafamiliales édité par le ministère de la Transformation et de la Fonction publiques en 2023 : parce que « ces violences ne sont pas sans impact sur le travail ». Il est vrai, comme le mentionne le guide, qu’elles « affectent la santé des personnes qui en sont victimes, influent sur leurs comportements au travail, et impactent le collectif de travail et l’organisation dans son ensemble ».

S’il est compréhensible que les collègues de travail et l’employeur se préoccupent de certaines situations et cherchent à venir en aide à la personne concernée, faut-il pour autant systématiser le soutien dans un accord avec les syndicats ? Surtout, pourquoi s’arrêter aux violences intrafamiliales ? Les problèmes à prendre en compte sont potentiellement innombrables. Quand les agents ont un enfant gravement malade, quand leur conjoint se retrouve au chômage, quand un de leur parent devient invalide, quand leur logement est inondé ou incendié, quand ils sont en situation de surendettement, etc., cela ne risque-t-il pas d’avoir des effets négatifs sur leur travail ?

L’employeur, quel qu’il soit, doit-il intervenir dans la vie personnelle de ses salariés ? Ce néo-paternalisme ne risque-t-il pas de fabriquer des assistés, incapables de se prendre en charge, réclamant toujours plus d’État-nounou ?

Illustration de couverture©Arthur Weidmann via Wikimedia Commons

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4 réponses

  1. Voilà un sujet qu’il était urgent de traiter : de nouveaux postes à pourvoir, quoi de mieux en temps difficiles financièrement pour la France !

  2. La réponse à cette question « Ce néo-paternalisme ne risque-t-il pas de fabriquer des assistés, incapables de se prendre en charge » est dans la question .
    Il me semble hors de tout cela que l’Etat se mêle maladroitement et bêtement de tout alors que la simple humanité d’un homme responsable , comme il y en a tant dans le privé , répond à toutes ces interrogations .
    Ces Politiques qui n’y connaissent rien à rien , ne savent pas même que l’Entreprise avec un E majuscule est in lieu de construction et non pas de combat.

  3. Le communisme à la Chinoise au début des années 80, avec la veuve Mao, se préoccupait de ses camarades avec la même attention obligeant chacun des travailleurs à faire son autocritique le soir après sa journée. Cela resserrait la cohésion sociale….

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