Fabien Verdier, maire de Châteaudun (28) et président du Mouvement pour le développement des villes sous-préfectures, nous disait début février que les trois principaux  sujets d’intérêt des électeurs à l’occasion des municipales étaient la santé (accès aux soins), la sécurité et la réduction des dépenses.
La deuxième vague du Baromètre OpinionWay-Sfil pour Les Échos et Radio classique (février 2026) portant sur les élections municipales de mars prochain confirme, à peu de choses près, ses propos. A la question « Quels sont les enjeux qui compteront dans le vote ? », les sondés répondent « la sécurité » (57%), « le cadre de vie, l’environnement » (49%) et « les impôts locaux » (43%).
Les sondés disent aussi à 65% que les communes doivent réduire leurs dépenses, un chiffre qui atteint les 73% dans celles de 20 000 à 100 000 habitants – et 71% dans celles de 100 000 habitants ou plus.
Cette exigence est transpartisane. Même les électeurs de La France insoumise (LFI) souhaitent à 65% une réduction des dépenses communales. Le pourcentage atteint 70% chez les sympathisants écologistes, 77% chez ceux des Républicains (LR) et 80% chez les macronistes. Les sympathisants du Parti socialiste (PS) et du Rassemblement National (RN) approuvent également une baisse des dépenses, mais en moindre proportion : respectivement 63% et 62%.
A vrai dire, ces résultats surprennent un peu. Nous pensions, en effet, que la suppression de la taxe d’habitation pour les résidences principales allait rendre les électeurs moins attentifs au niveau des impôts locaux et des dépenses des communes.
Il n’en est rien et c’est plutôt une bonne nouvelle. Le fait que 57% des Français soient propriétaires de leur logement contribue probablement à ce que ce sujet reste une préoccupation des électeurs. Mais cela ne suffit cependant pas à atteindre les pourcentages cités plus haut. D’ailleurs ce sont les plus jeunes – probablement pas tous propriétaires – qui sont le plus exigeants : 70% des 18-24 ans et 73% des 25-34 ans pensent que les communes doivent réduire leurs dépenses pour participer à la réduction du déficit public de la France.
Il faut croire alors que c’est le niveau général des prélèvements obligatoires et des dépenses publiques qui inquiète les Français. C’est ce que montrait le baromètre du Conseil des prélèvements obligatoires (CPO) de novembre 2025 avec 78% des sondés qui jugeaient le niveau d’imposition général « trop élevé ».
Reste à savoir maintenant si cette préoccupation se traduira concrètement dans les urnes en mars prochain à l’occasion des municipales, mais aussi en avril 2027 pour l’élection présidentielle.
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8 réponses
Il existait donc un Mouvement pour le développement des villes sous-préfectures avec, en prime, un président, et je ne le savais pas ?
A part Knafo, je n’ai ni vu ni entendu un seul programme qui va dans le sens des dépenses publiques, bien au contraire l’irritation est grandissante et bon nombre de Français vont aller voter pour un tel ou un tel autre par défaut sans aucune conviction. Ne pas se déplacer en masse reste pour moi la meilleure solution bien que l’on sait que même si l’un ou l’autre gagne avec 15 % des inscrits il va créer victoire sur tous les toits. C’est ce que l’on appelle de nos jours la Démocratie et comme ils ont dit, leur démocratie a un coût !
Vous pouvez vous déplacer pour voter et mettre un bulletin blanc!!!
Vous n’avez pas vu celui de David Lisnard ?
Cette large majorité en faveur d’une réduction des dépenses des communes traduit – au-delà d’une reconnaissance que la France succombe sous ses impôts et taxes – la conviction que seuls les élus locaux ont encore une possibilité d’action dans le sens souhaité par la population car moins politisés et idéologues que nos élus nationaux. Qui en France peut encore croire en la parole publique après avoir lu le contenu du budget 2026 proposé par S. Lecornu sous chantage et manipulation socialo-gauchiste et adopté par l’Assemblée Nationale y compris les députés de droite ?
« Une baisse des dépenses ». Mais vous rêvez les enfants.
Souvenez vous, il y a quelques semaines tout le personnel politique proposait une augmentation de la taxe foncière si vous aviez un lavabo, une douche, un WC au motif que ce serait un luxe. Et tout le personnel journalistique d’approuver sans la moindre réserve. Quelques jours plus tard, le Gouvernement a fait marche arrière.
Et bien je vous fiche mon billet qu’en matière de « baisse des dépenses », nous aurons droit à ces mesures et cette fois ci, elles entreront en vigueur, dès les élections municipales passées.
Les Français sont pour la baisse des dépenses mais à condition que ce soit de celles dont le voisin est bénéficiaire…
Un indice supplémentaire qui montre que les français prennent peu à peu conscience des limites de l’Etat providence et de l’efficacité douteuse de la redistribution étatique.
Le moment est peut-être venu de proposer aux électeurs une solution libérale?
Certes sans grand espoir de victoire pour cette fois, mais il faut bien que le libéralisme se montre pour ce qu’il est et pour ce qu’il propose, plutôt que pour ce qu’en disent ses ennemis.