Le Président de « Debout la France » œuvre en fait à son abaissement.
Dans un entretien donné à Valeurs actuelles, Nicolas Dupont-Aignan annonce sa candidature à l ‘élection présidentielle après déjà trois participations ponctuées par des scores plus (moins de 2 % en 2012, à peine plus de 2 en 2022) ou moins (non loin de 5% en 2017) confidentiels. Il sera, dit-il, le « candidat de l’indépendance nationale », celui qui prônera une alternative radicale : soit le remplacement de l’Europe communautaire « par une organisation plus légère, respectueuse de la souveraineté des nations », soit un « Frexit » à la suite d’un référendum.
Selon lui, « le protectionnisme n’est tenable que pour les pays commercialement déficitaires ». Et, par le plus grand des hasards, il se trouve que notre pays se trouve dans le même cas que les Etats-Unis. Il s’ensuit que ces derniers « ont tout intérêt à être protectionnistes ». Autrement dit, avec le Président de Debout la France, c’est la fin du libre-échange, en tout cas pour notre pays. Une proposition à la fois liberticide et contre-productive, si tant est qu’elle soit réaliste dans le monde contemporain.
Notre énarque a-t-il des connaissances minimales en science économique ?
Préalablement, il avait livré une interprétation totalement erronée de l’accord Trump-von der Leyen, qu’il n’hésite pas à qualifier avec la modération qui le caractérise de « Munich commercial » (les nazis vont-ils bientôt déferler sur la France ?) et de « capitulation totale » (comme d’ailleurs Pierre Lelouche dans la même livraison). Le titre donné à l’entretien est au demeurant dénué d’ambiguïté : « Se faire ainsi racketter par les Etats-Unis est inacceptable ». Et notre candidat présidentiel de se lamenter des 700 milliards de dollars d’obligation d’achat de gaz et de pétrole américains, des 600 milliards de dollars d’investissements obligatoires outre-Atlantique « représentant autant d’usines en moins en Europe », et de prétendre que « seule, la Grande-Bretagne a bien mieux défendu ses intérêts ».
Ce qui est piquant, c’est que le même numéro contient, quelques pages avant, une tribune de Philippe Charlez, expert en questions énergétiques, qui fait de l’accord du 27 juillet une « tartufferie absolue » puisque « les Américains ne peuvent pas produire l’énergie qu’ils promettent et les Européens ne peuvent ni l’acheter ni la consommer »… Quant aux prétendus investissements aux Etats-Unis, ils dépendent pour l’essentiel du secteur privé, n’ont donc aucun caractère contraignant, reposent sur des estimations de projets déjà prévus et ne se traduiront en rien par des « usines en moins en Europe ». Enfin, s’agissant des accords avec l’Angleterre, rien ne dit qu’ils soient plus favorables (ou moins défavorables).
On peut donc se demander si notre énarque distingué pense vraiment ce qu’il dit et s’il a des connaissances minimales en science économique…
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14 réponses
Le tarif douanier peut avoir une vertu purement fiscale (faire rentrer de l’argent dans le trésor public) mais ne doit pas avoir de visée économique. En effet, le protectionisme ne conduit pas à l’enrichissement mais au déplacement artificiel des richesses et à la pénalisation du consommateur. Et puis, le protectionnisme peut avoir aussi une visée militaro-stratégique, en favorisant artificiellement l’implantation d’industries sur le territoire nationale, dans le but de soutenir une politique de puissance. Je pense que Trump cherche ces deux aspects : remplir un peu les caisses du trésor américain (et compenser les baisses d’impôts internes) et favoriser une ossature industrielle à même de consolider l’armée américaine. La France n’ayant pas de visées géopolitiques devrait surtout s’occuper d’assainir ses finances publiques et de libérer l’activité (elle y trouverait largement de quoi financer une armée suffisante).
Continuons à multiplier les candidats de Droite, et on fera encore passer la Gauche !
Pensez-vous que Bruno Le Maire ait la moindre connaissance en économie ? Il en a pourtant été ministre pendant 5 ans !
Dupont Aignan est le seul candidat à ne pas succomber au délire écologique, c’est pour moi une excellente raison de lui apporter ma voix.
Quant à écrire que l’accord USA-UE est équilibré, il fallait oser.
DA est un souverainiste et un protectionniste de droite….soit l opposé complet d un libéral
Nous ne connaissons pas les détails de cet accord donc sérieux de s abstenir!!!!
NDA est une sorte de politicien soudard qui s’agite et fait des moulinets dans le vide depuis des décennies. Un never was.
Symbole de l’étatisme, défenseur du modèle socialo communiste français.
Comme tous les énarques, Nicolas Dupont-Aignan n’a aucune formation sérieuse en économie et en finance. Sa seule référence est la gestion administrative de l’économie par toujours plus de réglementations. Il devrait lire Frédéric Bastiat et Adam Smith.
Dupont n’aime pas la liberté;qu’il n’en dégoutte pas les autres, »Dupontexit » de la politique!
Merci M. Feldman d’être resté fidele au poste en ce mois d’août et de nous enchanter avec vos petits billets quotidiens, toujours heureusement pleins d’humour … alors qu’ils sont hélas si tragiques sur le fond.
Merci, Monsieur, pour votre gentil message.
À la question « On peut donc se demander si notre énarque distingué pense vraiment ce qu’il dit et s’il a des connaissances minimales en science économique… » la réponse est que l’École nationale d’administration ne dispense aucun enseignement économique véritable. Notre « énarque distingué » ne dit donc guère plus de bêtises que le reste de notre classe politique. Il les dit simplement avec plus de conviction.
Pour moi la base de l’économie c’est la création de richesse.
Un pays comme la France qui n’a même pas 10% d’industrie dans son PIB est hors jeux et continuera de s’effondrer, libéralisme ou pas. Arrêtons de se payer de mots.
Quelle belle galerie de poncifs dont nos franchouillards raffolent!!!!!!
Ne nous y trompons pas tout notre valeureux spectre politique tient sensiblement le même discours affligeant ce qui explique très largement notre désastreuse situation économique!!!!!
Très peu de français ont ne serait ce qu’une idée sur l’économie, et en tout cas aucun de nos politiciens, alors que c’est elle qui assure notre existence matérielle.
J’ai du mal avec cet amalgame : Protectionnisme = anti libre-échange.
TOUS les pays / unions communautaires font du protectionnisme… Et ça n’empêche absolument pas les échanges inter pays / unions communautaires.
Le fameux expert en questions énergétiques ne doit pas bien comprendre la géopolitique par contre… Il doit être content de notre bourse énergétique européenne…