« Les institutions européennes doivent passer d’une logique de gestion d’un marché intérieur à une véritable protection de celui-ci ». C’est ce qu’a déclaré Sébastien Martin, le ministre de l’Industrie, dans un entretien au JDD. Il estime ainsi que le protectionnisme est nécessaire pour protéger les entreprises de la concurrence chinoise dans certains secteurs (acier, chimie, automobile…), sans pour autant « basculer dans un protectionnisme généralisé comme le fait Donald Trump ».
Voici pourtant une chose que le ministre ne dit pas : cela fait bien longtemps que l’UE a abandonné une logique de marché. Comme Iref-Contrepoints le rappelait dans un récent article, l’accumulation des réglementations à échelle nationale et intra européenne implique des coûts considérables pour les entreprises. C’est la raison pour laquelle certaines entreprises étrangères produisent à moindre coût : l’UE a cessé depuis longtemps d’être un espace de libre-échange.
Ce que le ministre ne dit pas non plus, c’est que le protectionnisme au nom de la lutte contre une prétendue concurrence « déloyale » (un adjectif opportun pour disqualifier des concurrents plus compétitifs), ou contre le « dumping », est un sophisme économique qui implique une hausse artificielle des coûts pour les consommateurs. Il y a en effet ce que l’on voit, et ce que l’on ne voit pas : ce que l’on voit, c’est la satisfaction, de quelques producteurs, de voir leurs produits vendus à un prix similaire à ceux de leurs concurrents étrangers ; ce que l’on ne voit pas, c’est que les consommateurs paieront plus cher qu’ils ne le devraient à cause des taxes, quotas ou subventions imposées par le gouvernement. Au final, le protectionnisme est un jeu à somme négative qui enrichit quelques-uns au détriment de tous les autres.
Sébastien Martin se défend de tout protectionnisme généralisé, comme s’il existait un protectionnisme vertueux. Il n’existe pourtant que des barrières plus ou moins visibles qui renchérissent les coûts et appauvrissent les consommateurs.
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Une réponse
Décidément ces messieurs n’ont rien compris à rien . Qu’ils relisent ( lisent?) Friedman et on en reparle bien que je n’aime pas perdre mon temps avec des imbéciles .