Le rapport « Future of Jobs Report 2025 » du World Economic Forum met en lumière une transformation profonde du marché du travail mondial, largement portée par la technologie et, en particulier, par l’intelligence artificielle. Selon ce rapport, entre 2025 et 2030, les mutations technologiques seront la cause principale de la disparition de l’équivalent de 8 % des emplois actuels, soit environ 92 millions de postes. Mais ces mêmes dynamiques technologiques seront principalement à l’origine de nouveaux emplois équivalant à 14 % de l’emploi total d’aujourd’hui, soit environ 170 millions d’emplois. Au final, le solde est positif, avec une croissance nette de l’emploi estimée à 7 %, soit 78 millions d’emplois à l’échelle mondiale.
Sans surprises, l’IA cible en priorité les tâches répétitives. Ainsi, 40 % des employeurs déclarent anticiper une réduction de leurs effectifs là où l’automatisation par l’IA devient possible. Les métiers les plus exposés sont notamment ceux de caissiers, d’assistants administratifs, d’employés de services postaux notamment. Par ailleurs, d’ici 2030, 39 % des compétences actuelles devraient être transformées ou devenir obsolètes, et 59 % de la main-d’œuvre mondiale devra suivre une formation pour s’adapter au monde de demain.
Toutefois, la véritable rupture se situe du côté de la création de valeur. Le rapport indique que 86 % des employeurs estiment que l’IA et le traitement de l’information transformeront profondément leur entreprise d’ici 2030, et 58 % en disent autant pour la robotique et l’automatisation. Les métiers liés à la technologie figurent ainsi parmi les plus dynamiques : spécialistes en IA, experts en big data, cybersécurité, développement logiciel et applications. Ce rapport nous indique également que près des deux tiers des employeurs prévoient d’embaucher des talents disposant de compétences spécifiques en intelligence artificielle.
Joseph Schumpeter aurait sans doute trouvé dans cette période une illustration parfaite de sa théorie de la destruction créatrice. La technologie en est aujourd’hui l’incarnation moderne, car elle détruit certains emplois, en transforme d’autres, mais en crée davantage encore. Encore aujourd’hui, une certaine partie de l’opinion publique estime que la technologie, et en particulier l’IA, sont une menace pour notre avenir. Il est certain qu’elle va bouleverser l’histoire de l’humanité… mais l’être humain a cependant toujours su montrer des capacités d’adaptation exceptionnelles.Â
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12 réponses
L’IA a été lancée, sans doute pour des raisons publicitaires, avec un accompagnement de récits excessifs… Les uns y ont vu l’avènement d’un « techno-fascisme » dystopique, les autres « la fin du travail », etc. En vérité, l’IA n’est qu’une découverte technique qui vient s’ajouter à celles que l’humanité a déjà faites. L’IA va certainement faire baisser les coûts de production et enrichir les consommateurs.
Exactement. Je pense aussi qu’on en fait trop avec cette notion d’IA.
Dans de nombreux secteurs, ce n’est pas une découverte mais une évolution normale des « assistances », comme j’ai toujours entendu parler de CAO (conception assistée par ordinateur).
Je suis dans l’administratif, nous avons maintenant des logiciels qui lisent les factures et les pré-saisissent de manière efficace. Idem pour les lignes des comptes bancaires. Cela réduit le nombre de personnes nécessaires à cette saisie, mais comme ce travail n’est pas intéressant, pas valorisant ni valorisé, ce n’est pas grave. Je suis seule administrative dans ma TPE et mes fonctions se sont donc diversifiées, le contrôle de gestion est intéressant.
Si j’avais 10 ans de moins, je me serai tournée vers l’informatique, la vraie, la programmation, avec bonheur. Il y a de très bons centres de formation, et les débouchés sont réels. Mais je suis désormais trop proche de la retraite, je laisse cela à mon fils lol
« …l’Homme a déjà démontré à plusieurs reprises par le passé que sa capacité d’adaptation lui permettra d’aborder avec confiance le futur qui se dessine…. »
Maxime applicable au réchauffement climatique contre lequel on ne peut rien sinon s’adapter, si tant est qu’il existe…
Les conséquences de l’IA sont bien cernées mais je ne suis pas sûr que le changement soit aussi facile. Les nouveaux postes ne pourront pas forcément être occupés par ceux qui perdront leur job, le saut technologique, déjà bien plus rapide, dépasse de beaucoup celui qui avait été créé par Internet. Internet ne faisait qu’accélérer considérablement les communications, mais l’IA associée aux robots remplacera une majorité des travaux manuels. Vous, messieurs les journalistes, aura-t-on encore besoin de vous quand l’IA saura analyser finement les faits et la réalité du monde, à la vitesse de la lumière, et produire des articles aussi intelligents que les vôtres à un prix ridicule ? Et que ferez-vous ? Vous convertir en spécialistes de l’informatique et de la programmation ?
Si mon travail n’est plus utile pour le bien commun, alors ce sera à moi de m’adapter au monde de demain pour redevenir utile. Je reste convaincu que les nouvelles technologies, et plus particulièrement l’IA, nous offriront des opportunités que l’on n’imagine même pas à l’heure actuelle, comme les personnes vivant pendant la révolution industrielle ne pouvaient pas imaginer l’ampleur des transformations à venir dans leur quotidien.
Nous commençons à vivre un changement majeur et l’adaptation sera cruciale, d’où mes nombreux articles à ce sujet afin que, tous ensemble, nous nous y préparions au mieux.
C’est intéressant de voir un libéral reconnaître que la liberté promise par le libéralisme est en vérité strictement délimitée par le marché : ce modèle ne permet en effet pas à l’individu de s’épanouir dans la voie qu’il a choisie, mais uniquement de choisir parmi les seules voies que met à sa disposition le marché pour s’y épanouir (ou pas ; et pour des millions de gens pour qui nécessité fait loi, c’est « pas »).
Et devant l’évolution du marché que provoque l’intelligence artificielle, je pose une question : que deviendront les individus qui aspirent à vivre de l’écriture ? Du dessin ? Du chant ? De la musique ? Plus généralement de l’art ? Que feront-ils lorsque la machine, suivant l’impitoyable logique de baisse des coûts du marché, les aura remplacés comme de vulgaires assistants-comptable ? Pensez-vous que l’on comble une aspiration créatrice comme celle-ci par une reconversion, si habile et productive soit-elle, dans la programmation de code ? Ou sur le peu de temps libre qu’il reste ? Je me permets d’en douter très sérieusement, comme je doute qu’un journaliste poussé vers la sortie par un algorithme se réjouisse de devoir « s’adapter » en devenant au mieux ingénieur, au pire… la liste est très longue.
On pouvait effectivement rêver de l’intelligence artificielle qu’elle remplace l’Homme dans ce qu’il y a de plus pénible. Mais dès lors qu’elle s’en prend aux fonctions intellectuelles, voire créatives, je dis qu’il y a danger pour la santé mentale d’une société. Grave danger. Parce que l’être humain n’aspire pas seulement à « être utile », figurez-vous : son aspiration la plus profonde, c’est aimer ce qu’il fait de l’essentiel de son temps.
« la liberté promise par le libéralisme est en vérité strictement délimitée par le marché » , un marché qui, depuis de nombreuses années maintenant, ne fait que grossir, incluant toujours plus de personnes. La liberté n’empêche personne de faire des activités en dehors du marché, mais si on n’est utile qu’à soi-même, pourquoi devrions-nous vivre de cette activité ?
Si l’on prend simplement l’arrivée d’Internet, elle a créé de nombreux emplois passionnants…
La question sur l’art est intéressante, ce seront aux gens de décider de son avenir. Personnellement, mon avis sur la question est le suivant : l’Homme est doté d’une sensibilité certaine, l’art lui est intrinsèquement lié et ne disparaîtra jamais. La valeur de l’art ne sera jamais aussi forte que si elle est produite par l’Homme. Mais cet avis peut bien évidemment être discuté.
On est bien d’accord sur le dernier point : rien ne se fait sans passion. Mais les passions d’il y a 100 ans sont totalement différentes de celles d’aujourd’hui ; elles évoluent au même rythme que l’Homme.
L’évolution est rapide mais le remplacement est plus lent que ce que vous pensez. Du coup, les métiers qui disparaissent le font en parallèle des nouveaux qui se développent, pour lesquels les jeunes se forment.
Ceux dont les métiers disparaissent n’occuperont pas tous les nouveaux postes en effet, soit ils seront à la retraite, puisque ces disparitions sont lentes, soit ils sont encore jeunes et auront monté en technicité dans leur métier. Ou alors ils auront pu se former pour ces nouveaux métiers. Ou alors ils feront autre chose.
Il en a toujours été ainsi, c’est comme ça que notre qualité de vie au travail a progressé. Fallait-il conserver les becs de gaz dans les rues pour que ceux qui les allumaient et éteignaient conservent leur boulot ? Les locomotives à charbon ? Etc.
C’est à l’Education Nationale de s’adapter, quand on voit la médiocrité générale et le retard pris dans l’enseignement de l’informatique, ainsi que la persistance à vouloir envoyer tout le monde vers le général, c’est cela qui est une honte et un frein à l’adaptation.
Pour terminer sur un exemple simple régulièrement cité comme étant une catastrophe : les caissières disparaissent.
Oui mais les drive se développent, où est la catastrophe ?
Le pays vieillit, quelle IA s’occupera d’eux ? Voilà de nouveaux emplois accessibles à tous, et pas uniquement dans le soin.
L’IA fait certainement moins de dégâts sur l’emploi que les conneries des « politiques climatiques » européennes et françaises qui ont déjà commencé à décimer pléthore d’emplois notamment dans le secteur automobile et dans l’agriculture et l’agroalimentaire, et on attend toujours les millions « d’emplois verts » promis par ces débiles d’écologistes. Les exemples des usines d’insectes, de viandes composites sans viande, et les fiascos (gigafactories de batteries et « hydrogène vert », sont éloquents, davantage des pompes à fric pour opportunistes (coucou Jancovici !) que des projets concrets et viables.
Bravo
Sans oublier les parasites des « bilans carbone » et des fonctions « durables » qui vérolent les entreprises.
Bravo ! Et qui vérolent aussi les administration, les universités, la recherche… A INRAE et au CNRS, les projets de recherche et les recherches en cours doivent évaluer leur bilan carbone et le réduire au maximum…. Le plus simple sera bientôt de ne plus rien faire, sinon cultiver son jardin. Et la notation ESG des entreprises sur laquelle se sont rués divers spécialistes, parasites de haut vol ? Les banques ne devaient plus financer les projets « énergie fossile ». TotalEnergie et autres voués aux gémonies…. Soudain Poutine ! Merde alors il faut réarmer ! Adieu ESG….