La période la plus honnie de tout parent approche. Il ne s’agit ni de la crise d’adolescence, ni de la première rupture, ni même de la question “comment on fait les bébés”, mais de la grande épreuve de Parcoursup, ce logiciel gouvernemental qui répartit les lycéens dans les filières d’enseignement supérieur. Pour garantir l’égalité, cette fameuse vertu sans laquelle la France n’est rien, les lycéens, ou les étudiants voulant changer de voie, sont admis en fonction de leur niveau, mais aussi en fonction de leurs expériences, de leurs centres d’intérêt et de considérations géographiques.
Le logiciel est décrié depuis plusieurs années pour sa complexité, qui laisse sur le carreau ceux qui ne peuvent pas se faire expliquer les méandres du site. Les professeurs doivent passer plusieurs heures à en expliquer le fonctionnement pour que leurs élèves puissent faire les bons choix. Malheureusement, cette année, la variable sanitaire pèse lourd dans la balance. Les absences répétées des élèves ou des professeurs à cause des contaminations font prendre du retard dans le programme. Résultat, les heures d’orientation deviennent des heures de rattrapage des cours, et les futures études des jeunes en pâtissent.
Une fois encore, l’école républicaine montre ses limites. Depuis des années, les parents ont compris qu’ils ne pouvaient se fier qu’à eux-mêmes pour que leurs enfants aient une culture utile et complète. Ils comprendront cette année qu’ils sont également leur seul recours dans la jungle que sont les études supérieures. S’il n’est bien sûr pas souhaitable que les lycéens aient à envoyer un dossier à chaque établissement retenant leur intérêt, les écoles et universités pourraient sans doute, comme certaines le font déjà pour recruter à l’issue des classes préparatoires ou post bac, se constituer en « banques » auxquelles il n’y n’aurait plus qu’un unique dossier à envoyer ou organiser des concours d’entrée communs. Une façon simple de dégager progressivement l’État d’une responsabilité qu’il ne doit ni ne peut assumer.
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