Journal d'actualité libéral
|
dimanche 12 juillet 2026

Pauvreté en France : l’échec de la redistribution

Temps de lecture : 2 minutes

Le modèle socialo-redistributif français est-il voué à entretenir la pauvreté ? C’est ce que suggère une étude de l’INSEE publiée le 9 juillet. On apprend, entre autres, que le taux de pauvreté est à son plus haut niveau depuis 1996. Cette notion doit être entendue dans un sens relatif puisqu’elle s’établit à 60 % du niveau de vie médian, soit un seuil de 1 337 € par mois pour une personne seule. En France métropolitaine, 9,8 millions de personnes sont concernées ; les chômeurs et les familles monoparentales sont les plus touchés.

L’INSEE précise cependant que les revenus progressent à tous les niveaux de l’échelle sociale. Le niveau de vie des 10 % les plus modestes a augmenté de 1,7 % en euros constants en 2024, tandis que celui des 10 % les plus aisés a progressé de 1,4 %. La hausse du niveau de vie des ménages les plus modestes s’explique notamment par le marché du travail, la progression des salaires et les revalorisations des prestations sociales.

Quant aux « inégalités de niveau de vie » (devrait-on dire, les différences), elles atteignent, depuis 1996, un niveau « historiquement élevé en raison de la hausse des revenus du haut de la distribution », avec un indice de 109,3 (base 100 en 2008) pour le neuvième décile, et un indice de 93,3 pour le premier décile. Lorsque l’on regarde ces mêmes chiffres après redistribution, on se rend compte que ces différences sont presque totalement gommées, avec un indice d’environ 106 pour le neuvième décile et de 102,9 pour le premier décile. Ils sont à remettre en perspective avec ceux concernant l’impôt sur le revenu : nous avions montré, dans un précédent article sur Gabriel Zucman, que les premiers déciles ont un très faible niveau d’imposition, et que ce sont bien les plus aisés qui paient le plus.

Les politiques d’inspiration socialiste sont donc très efficaces pour réduire les « inégalités », beaucoup moins lorsqu’il s’agit de s’attaquer aux causes structurelles de la pauvreté (laquelle est toujours relative). Pourtant, la France est le deuxième pays dont le taux de prélèvements obligatoires est le plus élevé au sein de l’UE (45,3 % du PIB en 2024). Pour les libéraux, le véritable enjeu est ailleurs : il n’est pas de savoir combien l’État reprend d’une main pour redonner de l’autre, mais quelle part de richesse une société est capable de produire et à quelle vitesse elle laisse chacun s’en emparer. L’égalisation des conditions est une chose ; l’enrichissement de tous en est une autre.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.