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lundi 1 juin 2026

Près de 30% des startuppers européens envisagent de partir aux Etats-Unis

Temps de lecture : 2 minutes

Les médias ne jurent que par le sommet « Choose France », qui s’est tenu à Versailles ce 1er juin 2026, et ses 93 milliards d’euros (Md€) d’investissements internationaux annoncés.

 Le pire, cependant, serait que ces annonces spectaculaires nous empêchent de voir ce qui continue de mal fonctionner dans notre pays, et plus largement dans l’Union européenne (UE) en matière d’investissement privé.

 L’arbre « Choose France » ne doit pas cacher la forêt que représentent les 29% de fondateurs européens de startups qui envisagent de transférer leur siège social aux États-Unis. Ce chiffre est issu du « Transatlantic Founder Index 2026 », publié par le fonds AVP (anciennement Axa Venture Partners), qui dévoile également qu’aucun fondateur américain interrogé ne souhaite faire le mouvement inverse vers l’Europe !

Selon les startuppers consultés par AVP, les États-Unis sont le marché où les levées de fonds importantes sont les plus accessibles. C’est aussi le pays qui offre l’environnement le plus favorable au « scale-up » (accélération de la croissance), qui permet les meilleurs débouchés commerciaux internationaux et celui où se trouvent les investisseurs les plus puissants.

Si l’Europe sait désormais créer des startups, produire des talents, performer dans la R&D, lancer des entreprises IA compétitives, elle peine encore à financer les phases d’hypercroissance. Les créateurs d’entreprise qui envisagent de s’établir outre-Atlantique le font donc avant tout pour des raisons pragmatiques. Les Etats-Unis restent, en effet, incontournables, nous dit le « Transatlantic Founder Index », sur les « exits » (sorties du capital). C’est ainsi que, même si l’innovation est européenne, même si les ingénieurs restent sur notre continent, la création de valeur finale et la gouvernance partent souvent aux États-Unis.

Certains semblent avoir pris la mesure du problème et tentent, à l’instar des ministres des Finances allemand, espagnol, français, italien, néerlandais et polonais, d’avancer sur le dossier de l’union des marchés de capitaux. Il est cependant illusoire de croire que cela réglerait définitivement le problème de l’investissement. L’UE doit aussi faire des efforts pour libérer le marché du travail et le secteur des services (en particulier numériques), et réduire sa réglementation. Nombre de pays doivent aussi – et la France au premier chef – se doter de fonds de pension qui permettent, outre l’amélioration du niveau de vie des retraités et des salariés, de financer le développement de l’économie.

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