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vendredi 17 juillet 2026

Propositions de référendum : maintenant c’est au tour de Thomas Piketty de s’y mettre !

Temps de lecture : 2 minutes

Notre pays souffre d’une épidémie de propositions de référendum. La dernière en date, celle du néocommuniste Piketty, aura peut-être la vertu de refroidir les ardeurs référendaires de certains.

Il ne se passe presque aucune journée sans qu’un homme politique ou une personnalité n’y aille de sa proposition de référendum, avec l’élection présidentielle de 2027 en toile de fond. Nous ne visons pas l’exhaustivité, mais nous nous contenterons d’une petite liste chronologique.

En 2025, Gabriel Attal proposait le 29 janvier un référendum sur le modèle social français ; Marine Tondelier le 8 février sur une assemblée constituante ; Jordan Bardella le 14 mai sur l’immigration. Cette année, le 13 février, Bruno Retailleau a lui aussi proposé un référendum sur l’immigration ; le 24 mai, Sandrine Rousseau sur la sortie du nucléaire ; le 28 mai, Edouard Philippe sur la règle d’or ; le 10 juin, de nouveau Bruno Retailleau, cette fois sur une nouvelle politique pénale ; le 17 juin, Alexandre Jardin sur la justice ; le même jour, Jean-Luc Mélenchon sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. N’en jetez plus !

Jusque-là, Thomas Piketty manquait à l’appel, mais il a rallié la longue suite des partisans d’un référendum en proposant le 20 juin (Le Monde)… une consultation sur un impôt de solidarité nationale, avec la bagatelle de 800 milliards d’euros espérés !

Comme nos lecteurs l’auront remarqué, les propositions référendaires portent fréquemment sur la lubie ou sur l’une des lubies de leur auteur. Par le plus grand des hasards, le libéral veut une baisse d’impôt, le nationaliste une diminution des flux migratoires, le gauchiste une hausse des prélèvements obligatoires, etc.. Mais dans tous les cas, l’idée est que le sage peuple français doit se prononcer directement et qu’il va inévitablement faire le bon choix.

Au-delà des aspects constitutionnels, le plus souvent passés par pertes et profits, les partisans d’une orgie de référendums oublient que ces derniers se traduisent par une décision prise par une majorité de votants, que la multiplication des consultations conduit à une participation plus ou moins faible, que la sphère de l’État a tendance à empiéter sur celle de la société civile, que cet instrument de la démocratie pure cohabite difficilement avec la démocratie représentative, et surtout que la démocratie peut être manipulée par des démagogues et attentatoire aux libertés, raison pour laquelle les défenseurs du constitutionnalisme lui ont opposé des garde-fous.

Espérons que la dernière proposition de Thomas Piketty permettra de déciller les yeux des Français sur le fait que les référendums, indispensables par exemple pour un changement de Constitution, ne sont pas pour autant la panacée.

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10 réponses

  1.  » et surtout que la démocratie peut être manipulée par des démagogues et attentatoire aux libertés » Si on va par là on n’a qu’à supprimer le vote ? Désolée mais je suis pour les référendums, bien sûr encadrés par la constitution. Les suisses les utilisent, nous les utilisions. Evidemment 2005 a mis un frein à tout recours au référendum . Au secours , le peuple imbécile avait dit non. La réalité est que notre corps d’Etat méprise le peuple, il nous prend pour des abrutis, nos candidats jouent les danseuses du ventre à chaque élection et les médias font la musique, en retour le peuple n’a aucune confiance en ses représentants. Restaurer la confiance est un prérequis. Peut être que le référendum, serait un outil pour commencer à renouer le dialogue peuple/élites .

  2. Maître Feldman devrait probablement élargir ses lectures sur le sujet des référendums. La catho de Lille vient de créer une chaire sur la démocratie directe et ses mises en œuvre dans le monde. Le gain principal est que les pays, ya pas que la Suisse, qui mettent en oeuvre de la démocratie directe (référendum d’initiative citoyenne) ont un niveau de vie qui croit plus vite.

    étude mondiale publiée en anglais
    https://www.routledge.com/Direct-Democracy-Institutions-in-a-Globalized-World-The-New-Democratic-Frontier/Egger-Magni-Berton/p/book/9781032784878

    https://www.univ-catholille.fr/chaire-democratie-directe-comparee/

    vulgarisation en français https://boutique.fypeditions.com/products/ric-le-referendum-d-initiative-citoyenne-explique-a-tous-au-coeur-de-la-democratie-directe

    1. Vous pouvez amis français ne pas donner des termes sur notre démocratie direct qui n’est pas utilisés en Suisse comme  » référendum d’initiative citoyenne  » ou  » référendum d’initiative populaire « . En Suisse il y a le référendum qui est organisé par les citoyens ( 50′ 000 signatures ) pour faire annuler un vote d’un parlement qu’il soit fédéral ( seulement majorité populaire ), cantonal et communal. Et l’autre c’est l’initiative populaire ( 100’000 signatures ) qui consiste à faire voter les citoyens pour inscrire une loi dans la constitution helvétique ( double majorité peuple et cantons ) ou dans les constitutions cantonales. Et toute modification de la constitution voulu par le parlement doit- être obligatoirement soumis à un référendum.

  3. C’est très bien les référendum à condition qu’ils soit très encadré :
    – Il faut un vrai majorité, soit plus 50% du corps électoral pas simplement des votants pour éviter les abus comme la décision d’interdire la location des trottinettes électrique à Paris décidé par…6% de la population, véritablement inique!!
    – Il faut bannir tout référendum dont l’objet serait de spolier un minorité au profit d’un majorité. mettre au vote un impôts confiscatoire sur une petite partie de la population ne doit pouvoir être possible.
    – Plus généralement aucune référendum entrainant des dépenses ne pourra être proposé sans financement et si, lors de son application le mode de financement ne permettait pas de remplir les objectifs annoncés cela entrainerait l’abrogation des mesures idoines.
    L’idée est de rendre impossible les référendum des « droit à » complètement démagogiques.
    On pourrait très bien d’ailleurs étendre ces conditions à toutes les lois comme par exemple celle qui institut un droit au logement qui aurait du disparaitre depuis longtemps.

  4. A condition d’être bien utilisé, le référendum peut-être une solution pour accélérer un choix pertinent pour la société.
    L’exmple de 2005 est le cas type du dévoiement organisé par les politiques : on n’a pas voté contre l’Europe, on a voté contre Chirac…

  5. Il est courant en France de ne pas regarder ce qui se passe et marche dans les autres pays. Un conseiller d’état Christophe Eoche-Duval s’est fendu de 3 billets dans la revue politique et parlementaire ;

    https://www.revuepolitique.fr/et-si-on-rend/ 2026-2
    https://www.revuepolitique.fr/le-referendum-a-droit-constant-nest-il-pas-devitalise/ 2026-1
    https://www.larevueparlementaire.fr/articles-revue-parlementaire/4998-christophe-eoche-duval-pour-un-choc-referendaire-a-defaut-d-un-chaos-national 2025

  6. Dans ce pays : Référendum = faire semblant de demander l’avis du peuple.
    Le référendum n’est rien d’ autre que de la poudre aux yeux, un tour de magie qui n’est utile qu’aux gouvernants et fait croire aux naïfs qu’ils pourraient changer quelque chose. Au même titre que les pétitions, manifs, marches etc etc. Si nous avions du pouvoir cela se saurait ! Si nous avions du pouvoir ce pays n’en serait pas là ! !

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