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vendredi 26 juin 2026

Propositions de référendum : maintenant c’est au tour de Thomas Piketty de s’y mettre !

Temps de lecture : 2 minutes

Notre pays souffre d’une épidémie de propositions de référendum. La dernière en date, celle du néocommuniste Piketty, aura peut-être la vertu de refroidir les ardeurs référendaires de certains.

Il ne se passe presque aucune journée sans qu’un homme politique ou une personnalité n’y aille de sa proposition de référendum, avec l’élection présidentielle de 2027 en toile de fond. Nous ne visons pas l’exhaustivité, mais nous nous contenterons d’une petite liste chronologique.

En 2025, Gabriel Attal proposait le 29 janvier un référendum sur le modèle social français ; Marine Tondelier le 8 février sur une assemblée constituante ; Jordan Bardella le 14 mai sur l’immigration. Cette année, le 13 février, Bruno Retailleau a lui aussi proposé un référendum sur l’immigration ; le 24 mai, Sandrine Rousseau sur la sortie du nucléaire ; le 28 mai, Edouard Philippe sur la règle d’or ; le 10 juin, de nouveau Bruno Retailleau, cette fois sur une nouvelle politique pénale ; le 17 juin, Alexandre Jardin sur la justice ; le même jour, Jean-Luc Mélenchon sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie. N’en jetez plus !

Jusque-là, Thomas Piketty manquait à l’appel, mais il a rallié la longue suite des partisans d’un référendum en proposant le 20 juin (Le Monde)… une consultation sur un impôt de solidarité nationale, avec la bagatelle de 800 milliards d’euros espérés !

Comme nos lecteurs l’auront remarqué, les propositions référendaires portent fréquemment sur la lubie ou sur l’une des lubies de leur auteur. Par le plus grand des hasards, le libéral veut une baisse d’impôt, le nationaliste une diminution des flux migratoires, le gauchiste une hausse des prélèvements obligatoires, etc.. Mais dans tous les cas, l’idée est que le sage peuple français doit se prononcer directement et qu’il va inévitablement faire le bon choix.

Au-delà des aspects constitutionnels, le plus souvent passés par pertes et profits, les partisans d’une orgie de référendums oublient que ces derniers se traduisent par une décision prise par une majorité de votants, que la multiplication des consultations conduit à une participation plus ou moins faible, que la sphère de l’État a tendance à empiéter sur celle de la société civile, que cet instrument de la démocratie pure cohabite difficilement avec la démocratie représentative, et surtout que la démocratie peut être manipulée par des démagogues et attentatoire aux libertés, raison pour laquelle les défenseurs du constitutionnalisme lui ont opposé des garde-fous.

Espérons que la dernière proposition de Thomas Piketty permettra de déciller les yeux des Français sur le fait que les référendums, indispensables par exemple pour un changement de Constitution, ne sont pas pour autant la panacée.

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