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mardi 9 décembre 2025

Quand Védrine déraille avec Macron sur la question palestinienne

Temps de lecture : 3 minutes

Hubert-Vedrine

Dans Le Monde daté du 27 et 28 juillet, interviewé au sujet de la décision de Macron de reconnaitre l’Etat palestinien, Hubert Védrine « salue cette décision » selon le titre de l’article.

Son argumentation est plurielle comme la gauche. Elle s’appuie d’abord sur deux raisons répétées ad nauseam par la bien-pensance paresseuse : le drame humanitaire de la bande de Gaza et bien entendu « Netanyahou et ses alliés d’extrême-droite ».  Concernant le drame de Gaza, outre le fait qu’il obsède plus la gauche que tous les autres drames dont celui des Chrétiens dans ce même Orient, on sait que la vérité sur cette tragédie devra attendre le verdict de l’Histoire qui documentera sur pièces le partage des responsabilités entre Israël et le Hamas. Concernant Netanyahou, nous avons affaire à un dirigeant élu d’une démocratie pluraliste, mais cela ne suffit pas à certains démocrates qui n’aiment que leurs « élus du camp du bien » auto-estampillés.

Les autres arguments sont éthérés et erronés.

Ethérés comme d’imaginer une « autorité palestinienne radicalement nouvelle… » Chapeau l’artiste ! Il fallait en effet y penser alors qu’en plus de 70 ans toute solution à deux Etats a été refusée à six occasions par la partie palestinienne… Autorité qui dans sa Charte pourtant révisée en 2017 déclare toujours vouloir « purifier cette terre de la pourriture juive »… Autorité qui continue à n’imaginer la Palestine que « libre de la rivière à la mer », bref sans Israël !

Mais erronés quand Hubert Védrine considère « mensonger de prétendre que reconnaitre la Palestine serait récompenser le terrorisme comme si on disait que l’indépendance de l’Algérie avait été une récompense pour les terroristes du FLN ». Mauvaise pioche car ce fut exactement le cas et Védrine, avec ce malheureux exemple, trahit deux mémoires, celle de la France, et celle de l’Algérie dont le pouvoir adore ce type de lecture par les idiots utiles qui bloquent ainsi tout changement pourtant vital à l’avenir de ce pays et de ses habitants.

En effet, le Général de Gaulle, une fois sa décision prise, avait le choix entre deux solutions.

Celle introduite par Challe en juin 1960 d’une paix des braves en organisant une rencontre secrète avec Si Salah, chef de la wilaya de l’Algérois et représentant deux autres chefs de wilaya. Cette paix des braves comme un salut respectueux à Abdelkader à plus d’un siècle de distance qui aurait eu l’autodétermination comme première étape et sans doute l’indépendance au bout, mais sans son cortège de tragédies qui feuilletonnent l’Algérie depuis les premiers  jours de l’indépendance en 1962 à aujourd’hui comme l’actualité nous le prouve des deux côtés de la Méditerranée.

Mais le général de Gaulle a fait un autre choix, celui de privilégier la branche politique, le GPRA, installé en Tunisie et instrumentalisé par l’URSS. Sans doute pressé d’en finir avec cette partie de la France dont il gardait quelques mauvais souvenirs de 40-45 et subodorait tous les inconvénients. Il abandonna la partie comme on quitte une table avec des tricheurs, la laissant à la gauche des porteurs de valises qui récupéraient un Cuba bis à 2 heures 20 de Paris.

Pourquoi Védrine est-il allé chercher pareil exemple au moment où nous avons deux otages dans les prisons algériennes ? deux prisonniers du système FLN qui a gangréné ce pays ? qui est corrompu comme le sont et l’ont été toutes les autorités palestiniennes ? Un pays qui ne tient aucun de ses engagements depuis des décennies avec un esprit de récidive inspirant pour ses ressortissants et ses alliés ? Oui, pourquoi M. Védrine ?

Ne soyons pas mesquin car le « Grand Diplomate » Mr Védrine a sa solution, pardon La Solution : « une autorité palestinienne radicalement nouvelle »… Alors soyons un peu taquin, en pensant que Védrine, de manière subliminale et assez subtile, pense peut-être avoir trouvé un trou de souris pour, dans Le Monde en page 5 sur deux colonnes, se racheter une conduite à gauche en général, et ses remords rwandais en particulier ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l’auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.

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9 réponses

  1. La dénonciation de « l’extrême-droite » est devenue un fourre-tout sophistique… au nom de quoi on voit la social-démocratie centriste s’acoquiner avec les néo-marxistes, les islamistes, les antisémites, les anticapitalistes, les wokistes, les obscurantistes, les gaucho-racistes et toute cette frange des infréquentables et des déplorables… Comme des millions de Français attachés aux libertés et à la raison, je ferai désormais barrage au barrage… Il est grand temps de rappeler vertement à la gauche son passé qui ne passe pas : Robespierre, Pol-Pot, Sartre, Mao, Marx, Trotsky, Guévara, Staline, Khomeiny, le Pacte Germano-Soviétique, les Goulags, le NKVD, etc. Sans oublier que son héros Mitterrand, après avoir collaboré à Vichy et organisé la répression coloniale en Algérie, trouva encore le moyen de fleurir annuellement la tombe de Pétain. ÇA SUFFIT LA DÉMAGOGIE !!

  2. La France politique baisse son froc devant les terroristes du Hamas dans le seul but d’éviter les attentats et les émeutes;quelle hypocrisie!

    1. @Gillet –
      Votre constat est réel!!! – Mais que proposez-vous? – –
      Il ne vous a pas échappé que nous sommes en démocratie. Et en démocratie ce ne est pas la « France politique » que vous vilipendez qui est le PROBLEME !!
      En démocratie c’est l’électeur qui est maitre de son destin. Et force de constater que les « gens de droite » (notamment les « boomers ») ne souhaitent pas « renverser la table ». Ils ont persisté à reconduire Van der Leyen aux européennes et des « centristes » aux dernières législatives. Nous avons même constaté que les « centristes bien sur eux » (à l’instar d’Edouard Philippe) ont donné leur aval au Front de Gauche. — — Au lieu de tempêter sur les réseaux sociaux en vous plaignant de la « France politique », dénoncez plutôt ceux qui font barrage au changement et qui sont effrayés par une redistribution des cartes qui impacterait le confort de leur vie parlementaire .

  3. La solution douloureuse retenue par le GdG était la seule viable à terme celle de Challe le putschiste n aurait fait que continuer la guerre puisque le GPRA n aurait jamais accepté ce deal…..
    Soyons réaliste!!!!!

  4. Au plan politique, il me semble évident que cette reconnaissance est une bonne chose, en vue d’éviter le grignotement progressif des terres palestiniennes par les colons israéliens, et qu’à ce titre, elle aurait du être effective depuis longtemps. Si le Vatican reconnaît l’état de Palestine, on ne peut pas le soupçonner de vouloir soutenir l’islamisme par ce biais. Ce n’est l’expression que de la justice.

    La légitimité des Palestiniens à vivre en sécurité sur ces terres est incontestable : en tant que Sémites, ils sont les descendants des anciens hébreux, probablement beaucoup plus que les juifs d’aujourd’hui, dont la plupart des ashkénazes sont en réalité des descendants Khazars, sans rapport avec le peuple d’Israël.

    La question du Hamas n’a pas de rapport avec celle de la reconnaissance de l’état de Palestine. Rappelons nous que ce mouvement (dont la branche armée peut être qualifiée de terroriste, tout autant que le gouvernement israélien et les FDI, fort justement condamnés pour crimes de guerre), a été financé par Israël, pour affaiblir le Fatah, plus modéré. A ce titre, qu’Israël soit mordu par le serpent qu’il a élevé est certainement regrettable, mais n’est qu’une conséquence d’une politique détestable par sa sournoiserie. Les exemples sont nombreux, de mouvements soutenus par les US qui se sont retournés contre les US, on ne voit pas pourquoi Israël y échapperait.

  5. @Thibault Mortier
    Bonjour l’antijudaïsme mélenchoniste primaire… Vous lisez trop tous leurs médias.
    La reconnaissance d’un Etat irréalisable par notre narcissique en chef ne changera absolument rien.
    Vous calomniez les FDI en inventant: zéro condamnation.
    « Descendant des hébreux »???? Vous inventez., et ressortez le vieux cliché des Juifs non juifs… L’ADN a prouvé le contraire depuis longtemps.
    La sécurité? Seuls les Juifs la voudraient bien pour tous

    1. Je ne suis pas sûr que l’invective soit le meilleur moyen pour échanger des opinions.
      Si on revient au thème de l’article: de l’utilité de reconnaître ou pas un état palestinien ? 148 pays sur 193 l’on reconnu….et cà n’a pas amélioré la situation !
      Pour moi, c’est juste une carte d’atout que vous ne pouvez jouer qu’une fois. On peut supposer que la volonté de la France (Macron) et des autres pays qui s’apprêtent à faire de même, est de signifier au gouvernement d’Israel qu’il va trop loin dans la répression, et que le Monde (la majorité des pays) a bien compris le but de ce gouvernement : arriver à se tailler un pays ethniquement pur, en chassant les palestiniens par tous les moyens, y compris et surtout les plus horribles (pour qu’ils fuient le plus vite possible).
      On peut discourir sans fin de l’origine des juifs et des palestiniens. Ce qui est sûr, c’est que ce gouvernement d’Israel veut pousser les 2 millions de Gaza (et plus tard les 3 millions en Cisjordannie) hors les frontières du grand Israel. Ils ne veulent pas vivre « en bonne intelligence », même dans un seul Etat.
      Ma question : êtes vous d’accord pour que l’Europe intègre 2 à 5 millions de palestiniens ?! L’Égypte, la Jordanie, l’Arabie Saoudite n’en veulent pas.
      C’est cynique, mais quand on analyse avec cette grille de lecture, on comprend pourquoi des pays européens tentent d’enrayer ce projet destructeur pour le peuple palestinien d’abord, puis pour l’Europe ensuite

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