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mercredi 5 août 2026

Réduire les coûts de l’immigration : diagnostic et pistes d’action

Temps de lecture : 2 minutes

Dans un article publié dans le Journal des Libertés No. 29, Nicolas Pouvreau-Monti, Directeur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie, nous explique que l’immigration en France constitue un enjeu majeur dans le débat public, notamment quant aux impacts économiques et budgétaires. Selon les données de l’OCDE et diverses études, les étrangers extra-européens sont moins intégrés au marché du travail et plus exposés à la pauvreté que les citoyens français ou leurs homologues dans d’autres pays européens. En 2020, seulement 51,6 % des immigrés extra-européens étaient employés, contre 65 % des Français, et 47,6 % vivaient sous le seuil de pauvreté, soit quatre fois plus que les natifs. Cette situation résulte notamment d’une forte proportion d’entrées pour motif familial (41,2 %) et d’un niveau de qualification faible (42,6 % sans diplôme ou seulement brevet). La deuxième génération présente également des difficultés marquées : 24 % des jeunes nés de parents immigrés ne sont ni en emploi, ni en formation, ni en scolarité, un des taux les plus élevés d’Europe.

Cette situation génère un déséquilibre économique et fiscal. Les immigrés, y compris ceux en emploi mais peu qualifiés, consomment souvent davantage de services publics qu’ils n’y contribuent, en particulier dans le domaine de la santé, où les dépenses sont accrues par l’accès aux dispositifs spécifiques comme l’Aide médicale d’État (AME) et les titres de séjour pour soins. Selon une étude de Pierre Danon, le coût net annuel de l’immigration, régulière et irrégulière, est estimé à 41 milliards d’euros, représentant l’équivalent d’un tiers des recettes de l’impôt sur le revenu ou de tout le budget du ministère de l’Intérieur.

Pour réduire ce coût, des mesures concrètes à court et moyen termes peuvent être mises en œuvre sans remettre en cause les obligations internationales : renforcer les conditions du regroupement familial, limiter l’accès aux filières universitaires selon les besoins économiques, instaurer des délais de carence pour les prestations sociales non contributives, et encadrer plus strictement les titres de séjour pour soins et l’accès à l’AME ou à l’hébergement d’urgence.

À long terme, l’auteur souligne la nécessité d’une réforme structurelle de la politique migratoire, visant à maîtriser tant le volume que la nature de l’immigration. L’objectif serait de considérer l’immigration comme une véritable politique publique, cherchant à minimiser les coûts pour la société française tout en maximisant ses bénéfices. La mise en œuvre de cette stratégie exigerait un équilibre complexe entre cadre juridique européen et constitutionnel et l’autonomie nationale.

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