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lundi 6 juillet 2026

Retraites : sur une vingtaine de rapports depuis 1980, un seul a envisagé la capitalisation

Temps de lecture : 2 minutes

La France aime beaucoup les rapports. Dans tous les domaines, ils s’empilent pendant des années sans pour autant aboutir à quoi que ce soit de concret. Le tas estampillé « système de retraite », un système que tout le  monde politique, ou presque, considère au bord de la faillite, est particulièrement impressionnant. Nous avons parcourus ces rapports, en remontant à presque un demi-siècle, pour tenter d’y discerner des propositions sérieuses qui, c’était depuis longtemps prévisible bien qu’obstinément occulté, passent par un pilier de capitalisation. Tout a commencé en 1980 avec « Vieillir demain », un rapport du groupe « Prospective personnes âgées » présidé par Robert Lion (commissariat général au plan) et avec le « Système de retraites et épargne des ménages en France », par A. Masson, D. Kessler et D. Strauss-Kahn (Revue économique), issu d’une recherche toujours pour le commissariat général au plan. Ce travail compare théoriquement répartition et capitalisation (travail académique). Ensuite, il y a eu « Vieillir solidaires » en 1986 (Léon Taba – commissariat général au plan) ; le rapport Schopflin, « Évaluation et sauvegarde de l’assurance vieillesse » (1987) et le « rapport de la commission de la protection sociale » (René Teulade, 1989). Aucun ne propose de capitalisation. S’ensuivent plus d’une dizaine de rapports entre 1991 et 2025. Parmi les plus connus : en 1991 : Livre blanc sur les retraites, « Garantir dans l’équité les retraites de demain », préfacé par le Premier ministre Michel Rocard ; 1998 : rapport de O. Davanne, J.-H. Lorenzi et F. Morin, « Retraite et épargne » (Conseil d’analyse économique) ; 1999 : rapport Charpin, « L’avenir de nos retraites » ; 2019 : rapport Delevoye, « Pour un système universel de retraite » auxquels s’ajoutent plusieurs rapports du COR et de la Cour des comptes ainsi que la loi Thomas (1997).

De tous ces rapports, celui de Davanne-Lorenzi-Morin est le seul à examiner sérieusement  l’introduction d’une dose de capitalisation/provisionnement (« fonds de pension à la française ») en complément de la répartition. La loi Thomas proposait la création des plans d’épargne-retraite facultatifs. Elle a été votée mais jamais appliquée, puis elle a été abrogée. Aujourd’hui, on commence à admettre l’évidence : sans un pilier par capitalisation, la retraite des Français ne pourra plus être financée. Il aura fallu 45 ans et une vingtaine de rapports qui sont passés à côté de l’essentiel.

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