Journal d'actualité libéral
|
dimanche 11 octobre 2026

Score environnemental : la réforme qui a fait rouler les Français au thermique

Temps de lecture : 2 minutes

Clément Malgouyres, chercheur au CREST et à l’Institut des politiques publiques, Thierry Mayer, professeur à Sciences Po, et Lewin Nolden, de l’université d’Oxford, viennent d’évaluer la réforme du bonus écologique de janvier 2024. Depuis cette date, une voiture électrique ne donne droit au bonus, qui pouvait atteindre 7 000 euros pour les ménages modestes, que si elle obtient au moins 60 points sur 80 à un score calculé à partir de l’empreinte carbone de sa fabrication et de son acheminement. Environ 30 % des ventes de véhicules électriques de 2023 cessaient d’être éligibles.

L’objectif industriel était explicite : en 2023, la Chine assurait près de 30 % des immatriculations françaises de véhicules électriques et environ 55 % des cellules de batteries. Sur ce terrain, la réforme a fonctionné. Les modèles chinois privés de bonus voient leurs ventes chuter d’environ 60 %, ce dont les auteurs déduisent une élasticité-prix de −4,25. La part des modèles produits en France ou en Europe passe de 49,5 % à 56 % des voitures électriques vendues, celle des modèles chinois recule de 22,7 % à 14,1 %. La part européenne des batteries gagne quatre points, soit quelque 10 000 véhicules équipés d’une batterie européenne.

Reste la contrepartie que ce dernier chiffre masque : il s’est vendu moins de voitures électriques. La réforme a réduit d’un point de pourcentage leur part dans les ventes de voitures neuves. Les acheteurs écartés sont retournés au thermique. Le bilan climatique, lui, est négatif. La baisse des émissions de fabrication est plus que compensée par celles des thermiques achetées à la place : au total, la réforme augmente les émissions. Elle déplace les émissions de l’usine vers la route, et en rajoute.

L’évaluation économique, elle, est brouillée par une distorsion fiscale que les auteurs isolent : le CO2 émis à la fabrication à l’étranger n’est pratiquement pas taxé, celui émis en roulant l’est au-delà de son coût social. En renvoyant des acheteurs vers le thermique, la réforme génère donc des recettes de carburant qui compensent son coût social dans les comptes publics. Les auteurs parlent de conversion de carbone non taxé en carbone surtaxé.

Ces travaux ne viennent ni d’un think tank libéral ni d’un lobby automobile, mais du CREST, de l’IPP et de Sciences Po. Ils confirment ce que l’IREF répète depuis des années : les politiques d’aides publiques et climatiques aboutissent souvent au résultat contraire. Le score voulait décarboner et relocaliser ; il a relocalisé un peu, et décarboné à l’envers.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


8 réponses

  1. Le gain sur les 100%* de taxes sur l’essence ne suffit donc pas?
    (*Avant la hausse récente du prix du pétrole, ce taux de taxation était plutôt de l’ordre de 150% !)
    Les français étant tenu dans l’ignorance de ce niveau de taxe ne perçoivent pas le gain que leur procure un moteur électrique…

  2. En prime, les voitures électriques flambent avec une telle violence et soudaineté qu’elle grillent leurs passagers. Il est recommandé de ne pas charger à fond leurs batteries. Leur autonomie est donc ridicule ce qui est soigneusement dissimulé. Signe de progrès des régulations électroniques sur TOUS les véhicules, l’apparition d’obstacles fantômes qui enclenchent le freinage d’urgence. On déplore de nombreux accidents parfois mortels. Décidément, on n’arrête pas le progrès !

  3. Vive les moteurs thermiques performants !
    Et honte aux abrutis de députés européens du PPE, ces idiots utiles des verts, qui ont voté l’interdiction du moteur thermique sur les véhicules neufs en 2035 avec le sinistre Pascal Canfin.

    1. J’approuve totalement votre commentaire. On nous bassine avec le carbone(quel bon prétexte) quand les émissions de la France représentent 1% du total mondial.
      De qui se moque t on ?

  4. Je ne sais pas si Sciences Po est une référence encore crédible, au vu de la quantité de déchets politiques produits qui polluent les ministères , médias, et autres collectivités…

    Mais de toute façon, la problématique est ailleurs. Si on exclue la période actuelle ou l’offre en pétrole raffiné est insuffisante, les voitures thermiques restent économiquement plus performantes en hors taxes que les voitures électriques.

    C’est les taxes qui font la différence, mais, vu le tarif pratiqué sur les bornes de recharge rapide, le VE n’est pas intéressant malgrés une essence surtaxée. SI peu qu’une taxe soit ajoutée au VE comme en Angleterre, la voiture électrique deviens sans intérêt, même en rechargeant à la maison.

    Sans être devin, on peut se douter que les taxes non encaissées sur les hydrocarbures seront, à un stade avancé du basculement vers l’électrique, basculées sur les VE. Cela générè une incertitude, aggravée par des revirements brutaux (on peut passer en quelques mois d’un soutien exagéré à un quasi boycott comme c’est le cas sur le solaire PV)

    Il faudrait que les orientations futures concernant les taxations en matière de mobilité, et des différentes sources énergétiques soient logiques et stables pour motiver un investissement perenne.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.