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samedi 14 février 2026

Sébastien Lecornu fait plaisir aux socialistes pour trouver un accord sur le budget

Temps de lecture : 2 minutes

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu entre dans la toute dernière ligne droite pour trouver un accord sur le budget avec les socialistes qui lui éviterait une censure, quitte à se résigner sinon, à rebours de ses engagements, à une adoption sans vote, par 49.3 ou ordonnance. Il a annoncé pour cela une énième mesure d’inspiration socialiste, en clair qui ne contribuerait pas à une diminution des dépenses publiques pourtant les plus élevées de la planète en proportion du revenu national, mais qui pourrait contribuer à amadouer le PS : la généralisation des repas universitaires à 1 euro.

Cette disposition en faveur du pouvoir d’achat des étudiants, défendue par la députée PS Fatiha Keloua-Hachi et approuvée en première lecture par l’Assemblée nationale, « sera inscrite dans le budget final », a précisé l’entourage du chef du gouvernement. La députée évaluait son coût à environ 90 millions d’euros, ce qui paraît peu pour un pays avec plusieurs millions d’étudiants. La prime d’activité, soutien aux travailleurs les plus modestes, reste aussi un point de discussion avec le PS.

Le Premier ministre s’est donné jusqu’à mardi pour trouver une solution acceptable aux yeux du PS qui l’a jusqu’à présent épargné. Sur le fond mais aussi sur la forme, les deux outils constitutionnels (49.3 ou ordonnance) sont perçus par ses opposants, ainsi que par l’opinion publique, à 70 % contre, comme des « passages en force ». Non sans raison, puisqu’il s’agirait de faire voter le budget … sans le faire voter, alors que le vote positif par le Parlement de la loi de finances de la nation est au cÅ“ur de la démocratie depuis son invention au XVIIIème siècle au Royaume-Uni, «  pas de taxation sans représentation ».  Le gouvernement a pris jeudi soir la décision de suspendre les interminables débats budgétaires à l’Assemblée nationale. Un coup de théâtre justifié par l’impossibilité d’aller à un vote sur le budget de l’Etat. Le Premier ministre, qui s’est rendu vendredi matin à l’Elysée, où a défilé un ballet de ministres, a averti qu’un renversement de son gouvernement serait synonyme d’élections législatives anticipées qui pourraient coïncider avec les municipales (15 et 22 mars).

Les discussions budgétaires sont théoriquement censées reprendre mardi après-midi, et le Premier ministre devrait donc avoir d’ici là choisi de recourir soit à l’article 49.3 de la Constitution, soit à une ordonnance budgétaire (article 47). Ce qui serait une première sous la Cinquième république. Un recours à l’article 49.3, auquel Sébastien Lecornu avait solennellement renoncé à la demande du PS pour éviter une censure, permettrait au gouvernement de faire passer un budget sans vote en retenant les amendements de son choix. Mais il devrait l’utiliser potentiellement trois fois (sur les dépenses, les recettes, puis sur l’ensemble du texte), s’exposant à chaque fois à une censure.

L’ordonnance, c’est-à-dire la traduction du budget dans un texte sans passer devant le Parlement, serait inédite, et constituerait un précédent potentiellement lourd de conséquences.

Bien entendu, dans tout cela il n’est nullement question de s’attaquer au déficit public, parmi les plus élevés d’Europe, ni au gaspillage de l’argent des contribuables dans des programmes clientélistes, le gaspillage, la corruption, ou simplement des actions à effets collatéraux néfastes.

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8 réponses

  1. Lecornu a besoin des socialistes pour passer son budget : pourtant leur score à la présidentielle a été minable. Quel est donc leur secret pour peser sur ce gouvernement ? Leur alliance avec lfi ? Leur nombre de députés ?
    Ces tambouilles m’écÅ“urent

  2. Pour amadouer les socialistes il retient leurs propositions mais au bout de sa logique il ne doit pas utiliser le 49-3 exigé par les mêmes
    Le recours aux ordonnances aurait le mérite de gommer leurs mesures puisqu’ on revient au texte initial si j’ai bien compris C’est intolérable qu’une poignée de députés socialistes et 1,7 % aux dernières présidentielles fassent le beau temps et la pluie, plutôt cette dernière car ils ne savent que dépenser et taxer plus en cette période de disette
    C’est à cause du RN et LFI que le processus est bloqué

  3. Une urgence, baisser les dépenses publiques à hauteur de 200 Milliards ! Tout le reste n’est que perte de temps et palabres inutiles !! Nous sommes dirigés par de parfaits incapables.

  4. Aucune aucune aucune hésitation. Le premier ministre rejoint simplement de façon logique ses alliés idéologiques adeptes d’un socialisme toujours plus prégnant afin de trouver un accord politique. L’exception politique française dans l’union européenne d’aujourd’hui.

  5.  » Budjet « . Depuis cet été, je crois que c’est le mot que j’ai le plus entendu chez les ministres du gouvernement Macron.

  6. Faire plaisir aux socialistes est-ce faire plaisir à la France ? That is the question ! Comme d’habitude, la macronie est prête à tout pour se maintenir au pouvoir. Il est grand temps de prendre un grand balai pour mettre tous ces profiteurs dehors !

  7. La France continue de s enfoncer dans la démagogie et le clientélisme
    Notre 1er ministre ressemble à un sous préfet au champ qui gesticule, s agite frénétiquement, glose sans fin…..pour masquer son immobilisme et sa frilosité…un bureaucrate pur jus!!!??

  8. Je restau U à un euro… La catégorie sociale « éternel étudiant » va croître et embellir…. Et le vivier électoral socialiste…

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