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vendredi 13 février 2026

Sébastien Lecornu va recourir au 49.3

Temps de lecture : 2 minutes

Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a décidé lundi, à l’issue d’un Conseil des ministres, de recourir, contrairement à ses promesses, à l’article 49.3 de la Constitution pour faire adopter le budget 2026 dans sa version finale. Cet article permet de faire passer une loi, en l’occurrence un budget, sans vote formel, seulement via un chantage à la dissolution de l’Assemblée nationale si les députés osaient voter une motion de censure spécifique. Motion qui n’obtiendra pas la majorité, faute des voix des socialistes, satisfaits par les nombreuses concessions gouvernementales. Les voeux du PS ont en effet été exaucés sur le pouvoir d’achat, avec une hausse de la prime d’activité, mais également sur la jeunesse, avec les repas à un euro pour les étudiants, une hausse des moyens des bailleurs sociaux et du fonds vert et la création de 2.000 postes dans l’Éducation nationale... ». C’est également la proposition du PS de surtaxe sur les bénéfices de 300 grandes entreprises qui a été retenue in fine, pour un rendement espéré (c’est-à-dire sans tenir compte des effets de délocalisation d’activités) de huit milliards d’euros en 2026.

Le projet de budget a donc réussi à empiler de nouvelles dépenses et impôts, un exploit dans un pays qui est déjà caractérisé par les taxes et les dépenses les plus élevées de la planète en proportion du revenu national. Notamment, ce projet prévoit une hausse de la CSG sur les plans de retraite des jeunes qui est totalement scandaleux : ils voient obérer les revenus de leur épargne préparant leurs vieux jours.

Le 49-3 pourrait être activé dès mardi à l’Assemblée nationale sur le volet « recettes » du projet de loi de finances, puis une deuxième fois quelques jours plus tard sur le volet dédié aux dépenses. Le texte ira ensuite rapidement au Sénat, puis reviendra à l’Assemblée pour un troisième et dernier 49.3. Selon le calendrier retenu, un budget définitif pourrait alors être promulgué autour de la mi-février… A condition que Sébastien Lecornu résiste aux motions de censure qui seront probablement déposées tout au long du processus par LFI ou le RN.

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6 réponses

  1. Le budget d’inspiration socialiste pour 2026, qui passera avec les emplois répétés de l’article 49-3 , atteste que l’extrême centre n’existe pas plus que le Yéti , à la différence de François Hollande, l’homme qui murmure à l’oreille des sans dents.
    Les défenseurs de l’état profond dans les médias se garderont bien d’en informer leurs téléspectateurs et auditeurs, comme de la défaite maintenant actée de l’armée ukrainienne, parce que l’important est que cet état de fait perdure pour que leur train de vie et celui de leurs proches progresse sans cesse.
    Le socialisme s’impose donc à nouveau comme une doctrine incontournable dans les milieux politiques et le parti socialiste comme un rocher à deux mois des municipales et seize mois de l’élection présidentielle de 2027.
    Avec le soutien implicite des cadres du parti les républicains, des partis divers ainsi que de certains écologistes et communistes .
    Une petaudiere entre gens de bonne compagnie parfois accros depuis des décennies aux velours rouge du palais Bourbon et/ou du sénat.
    Laissons maintenant les commentateurs télévisuels et bouffons du régime complimenter le premier ministre pour son grande habilité et sa capacité de manœuvre excellente puisqu’il contrevient à ce quoi il s’était engagé lors de sa nomination il y a quatre mois.
    Ah Monsieur l’excellence à la française !!

  2. Le budget, le budget, voilà l’obsession. Tout remettre à plat pour reconstruire le pays devrai être leur première préoccupation.
    Le bateau coule mais ce qui leur importe c’est de s’assurer qu’il y a assez de charbon dans la soute !

  3. C’est énorme de laisser passer ceci dans ce fil : « les voeux du PS ont été exaucés sur le pouvoir d’achat »
    A tout le moins, merci de changer la formulation. Je vous propose : « les exigences du PS prétendues favorables au pouvoir d’achat mais délétères sur la santé de l’économie » ou bien « le chantage démagogue du PS ».

  4. Le 1er ministre mange donc son chapeau sans toutefois prendre de risque inconsidéré du fait de la défection des socialistes après qu’ils aient obtenu quelques sucettes dont certaines seront amères pour les contribuables.

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