Au début de son premier déplacement à l’étranger depuis son retour à la Maison Blanche, hormis le voyage à Rome pour l’enterrement du pape, Donald Trump a promis mardi en Arabie saoudite de repartir avec « de gros chèques ». Mélange, relativement classique pour des chefs d’Etat ou de gouvernement, de géopolitique et d’accords commerciaux entre Etats, ce voyage devrait aussi permettre à son fils ou son gendre de signer des contrats personnels, ce qui semble constituer un mélange des genres peu conforme à l’éthique.
Le président américain a signé avec le prince héritier saoudien et numéro un de facto du régime saoudien, Mohammed ben Salmane, ce qui a été présenté comme un « partenariat économique stratégique » entre les deux pays, sans divulguer ni détails ni chiffres. Deux représentants officiels saoudiens ont ensuite fait la liste de plusieurs « protocoles d’accord » dans les domaines de la défense, de l’énergie, de la police et des minerais, là encore sans précisions immédiates sur la teneur exacte de ces textes, pendant une cérémonie de signature retransmise à la télévision. On évoque des contrats dans l’armement, l’énergie, les transports et l’intelligence artificielle. A été officialisé ce qui serait, selon la Maison Blanche, le plus gros contrat d’armement de l’Histoire : la vente de matériel militaire américain à hauteur de 142 milliards de dollars.
Donald Trump se targuait à son arrivée d’obtenir un engagement de mille milliards de dollars d’investissements saoudiens aux Etats-Unis pour les prochaines années, presque le double des 600 milliards sur quatre ans promis en janvier par MBS. Un montant faramineux et un effet d’annonce qui sera sans doute très éloigné de la réalité ; ce montant représente le PIB annuel de l’Arabie saoudite, dont la balance des paiements est au demeurant devenue négative dernièrement en raison des besoins de produits de consommations et d’équipements de ce pays de 30 millions d’habitants. Aux « États-Unis, c’est probablement de deux millions d’emplois dont nous parlons », a estimé le président américain, en soulignant son entente avec le prince Mohammed ben Salmane, qui l’a accueilli en personne à son arrivée, après avoir fait escorter « Air Force One » par plusieurs avions de combat F-15 saoudiens pendant son approche.
La tournée, qui pourrait être interrompue jeudi par un aller-retour à Istanbul pour parrainer des négociations inédites et spectaculaires entre le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, et son ennemi russe, Vladimir Poutine, doit aussi être l’occasion de discuter de sujets géopolitiques ; Gaza, bien sûr (à notre qu’aucune escale de Trump n’était prévu à Jérusalem, un camouflet pour Bibi Netanyahou), mais aussi le nucléaire iranien, sujet sur lequel les monarchies du Golfe semblent plus accommodantes que jadis, et la transition politique en Syrie. Le président américain est accompagné des principaux membres de son cabinet ainsi que de grands patrons américains, notamment son conseiller Elon Musk. Il se rendra par la suite au Qatar et dans les Emirats arabes unis.
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