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jeudi 5 novembre 2026

Vague bleue aux Etats-Unis : Trump perd le Congrès, accepte le verdict et accuse Fox News

Temps de lecture : 3 minutes

C’est une vague bleue qui s’est abattue sur les États-Unis et sur un camp MAGA sidéré. Le parti démocrate a pris mardi le contrôle des deux chambres du Congrès à l’issue des élections de mi-mandat, infligeant à Donald Trump un camouflet sévère. Au Sénat, les démocrates visent 53 sièges contre 42 pour les républicains, cinq scrutins restant à départager, alors que la chambre haute comptait jusqu’ici 53 républicains pour 47 démocrates. La Chambre des représentants bascule elle aussi : 224 sièges déjà acquis aux démocrates contre 133, et 78 circonscriptions encore à pourvoir. Les démocrates remportent par ailleurs 24 postes de gouverneur contre 13, soit quatre de plus qu’avant le scrutin.

Les deux chambres pèsent d’un poids comparable dans la procédure législative, mais chacune dispose d’armes propres : le Sénat confirme seul les nominations et ratifie les traités, quand la Chambre – l’équivalent de notre Assemblée nationale – a l’initiative des textes budgétaires. Perdre les deux prive le président de tout point d’appui au Capitole.

L’élément le plus important, qui illustre la robustesse des institutions démocratiques américaines à rebours de ce qui se disait depuis un an et demi, est que le président américain s’est déclaré «  absolument disposé à accepter  » les résultats, saluant même le «  bon boulot  » des démocrates et promettant de travailler avec eux. Pas d’insultes, pas d’allégations de fraude, pas de fake news, à l’inverse de ce qu’il pratiquait ces derniers mois. Donald Trump a toutefois refusé tout mea culpa : il a attribué la défaite au fait de ne pas figurer lui-même sur les bulletins, jugé que certains candidats «  auraient pu être meilleurs  » (il avait pourtant soutenu les plus exposés d’entre eux, dans une campagne présentée comme un plébiscite personnel ) et mis en cause Fox News sur Truth Social. Il a en revanche concédé que la guerre avec l’Iran et la flambée des prix des carburants avaient pesé.

Même s’il a brandi la menace de vetos à répétition, prérogative dont il dispose face au Congrès et qui ne peut être surmontée qu’à la majorité des deux tiers des sénateurs et des représentants, cas historiquement rare, Donald Trump devrait voir sa marge de manœuvre se réduire considérablement lors des deux dernières années de son second mandat.

Le camp républicain paie le mauvais bilan du président, même si certains candidats ont tenté de s’en distancier, sans grand succès. L’inflation, avec une flambée spectaculaire du prix de l’essence depuis le déclenchement de la guerre avec l’Iran en février, a joué un rôle considérable dans la colère des électeurs. Les accusations de corruption, avec des contrats avantageux accordés à son entourage, ont aussi joué contre lui. En outre, même si la croissance américaine reste spectaculaire vue d’Europe, portée par l’abondance énergétique et par l’intelligence artificielle, le président peut difficilement en être crédité : la plupart des économistes saluent certes quelques décisions de dérégulation et d’allègements fiscaux, mais estiment que son bilan est plombé par sa décision absurde d’instaurer des droits de douane punitifs. En fait, le seul dossier dans lequel il a à peu près réussi est celui du contrôle de l’immigration illégale.

Le Wall Street Journal, quotidien de référence qui n’est pas seulement celui des milieux d’affaires, a titré son éditorial «  The Trump Reckoning Arrives  », l’heure des comptes. « Il s’agissait de bien plus qu’une défaite ordinaire, écrit sa rédaction. La perte de sièges au Sénat et de postes de gouverneur dans des États devenus des bastions du Parti républicain aura des répercussions pendant des années. Il en ira de même des pertes en cascade dans les législatures des États. » Le journal de Rupert Murdoch juge le président « directement responsable d’au moins trois défaites au Sénat » et le désigne comme « le principal architecte de cette déroute », sa gouvernance « erratique et autocentrée » ayant éloigné une grande partie de la coalition rassemblée en 2024.

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4 réponses

  1. J’ai un peu l’impression que l’on tire des conclusions vraiment rapides. Les démocrates ont un talent exceptionnel a se tirer des balles dans le pied. La preuve : leur premier souci immédiat est de destituer Trump ( qui, au passage, est quasiment impossible ) et dont le peuple Américain se fout intégralement et les préoccupations sont plutôt pratiques (On dirait que les « Dem’s » ne l’ont pas vu). Le temps est souvent cruel, et pas seulement pour Trump.

  2. « Il a en revanche concédé que la guerre avec l’Iran et la flambée des prix des carburants avaient pesé. »

    C’est une évidence. L’impréparation de la guerre contre l’Iran qui n’a pas envisagé les conséquences négatives sur la fourniture énergétique mondiale est devenue manifeste. Qu’on l’attribue à D Trump plutôt qu’au complexe militaire US est une autre affaire.

  3. Mise à part la détestation de Trump qui les a réunis, les démocrates semblent n’être d’accord sur rien… entre eux !

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