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vendredi 6 novembre 2026

 États-Unis : un seul gouverneur républicain dans les dix plus grands États

Temps de lecture : 2 minutes

Règlement de comptes à OK Corral, comme après chaque déroute électorale, et préparation de l’après. Washington bruissait ce vendredi de rumeurs de limogeages et de démissions, trois jours après une défaite qui compte peu d’équivalents pour le camp républicain depuis des décennies : sept sièges de sénateur ont changé de camp, portant les démocrates à 54 sièges contre 44, et le parti du président ne détient plus qu’un seul poste de gouverneur dans les dix États les plus peuplés du pays, la Floride. Dans l’ensemble du pays, les démocrates passent de 24 à 29 gouvernorats, contre 20 aux républicains, avec le Kansas encore indécis : c’est la première fois depuis seize ans qu’ils détiennent la majorité des exécutifs d’État. Le Texas de Greg Abbott, l’Ohio, la Géorgie, le Nevada, l’Iowa et l’Alaska ont basculé.

D’une part, la procédure de destitution du secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, est relancée — et il faut y insister, ce n’est pas l’oeuvre des démocrates. C’est le représentant républicain du Kentucky Thomas Massie, libertarien et critique constant de Donald Trump, qui annonce redéposer ses articles de mise en accusation dès le retour de la Chambre, avec un vote possible la semaine prochaine. Le motif est de pur droit constitutionnel : Hegseth a conduit la guerre contre l’Iran sans autorisation du Congrès. Le vote aurait lieu dans la Chambre actuelle, encore contrôlée par les républicains ; les démocrates, eux, n’en prendront le contrôle qu’en janvier, mais ils disposeront alors de larges pouvoirs d’enquête, et Massie laisse entendre qu’une procédure conduite par la future majorité serait bien plus sévère. Que la question des pouvoirs de guerre soit posée par un républicain, et contre son propre camp, est la seule bonne nouvelle institutionnelle de la semaine.

D’autre part, le secrétaire d’État Marco Rubio envisagerait de quitter l’administration Trump pour préparer 2028, selon des proches cités anonymement par la presse. La Maison-Blanche a démenti, le département d’État également, et Rubio lui-même a nié vouloir partir pour cette raison. Donald Trump, de son côté, a assuré qu’il gardait Hegseth, qui aurait «  fait un travail fantastique  ».

Rubio et le vice-président JD Vance sont fréquemment cités comme des candidats potentiels pour reprendre le leadership du parti et briguer la nomination républicaine en 2028. De ce point de vue, se distancier le plus vite possible d’une administration devenue radioactive serait judicieux pour le chef de la diplomatie américaine. Vance, lui, a choisi mercredi de dire que «  La raison de notre défaite, c’est la guerre  ». Et de lancer à ceux qui pensent le contraire : «  Si vous voulez soutenir que cela valait la peine, que perdre le Sénat pour les six prochaines années valait la peine, alors faites-le.  » Ce n’est pas un réquisitoire contre Trump : c’est un réquisitoire contre la guerre, abrité derrière une phrase de Trump.

Rubio, lui, a défendu à plusieurs reprises la décision de lancer les raids contre le régime des mollahs et des pasdarans, tout en cherchant à garder ses distances avec le conflit. On peut soutenir que ces frappes auront permis de liquider un programme nucléaire dangereux. Encore faudrait-il que la guerre ait été décidée dans les formes : c’est précisément ce que la Chambre des représentants s’apprête à juger.

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