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mercredi 22 avril 2026

Vers la fin de l’industrie pharmaceutique en Europe ?

Temps de lecture : 2 minutes

L’Agence européenne des produits chimiques (Echa) vient de recommander l’interdiction de tous les PFAS (en anglais per- and polyfluoroalkyl substances, c’est-à-dire substances per- et polyfluoroalkylées), ces polluants dits « éternels » du fait de leur persistance dans l’environnement.

Nul ne doute qu’il faille lutter contre la pollution, surtout lorsqu’elle est potentiellement parée de tous les maux comme le sont les PFAS, accusés d’être cancérogènes, d’interférer avec le système endocrinien et immunitaire, d’avoir des effets sur la fertilité et le développement du fœtus, sur le foie, sur les reins, sur le taux de cholestérol, etc.

Le problème est qu’il est aujourd’hui difficile de se passer des PFAS dans tout un tas d’industries, en particulier dans celle du médicament. Comme le rappelle l’organisation européenne de la profession (Efpia), « Chaque composant d’un médicament, y compris certaines substances fluorées utilisées dans les principes actifs, les excipients, les procédés de fabrication ou l’emballage, a fait l’objet d’années d’évaluation de sa sécurité, de sa qualité et de son efficacité par les autorités réglementaires. » Modifier même un petit composant est rarement simple. Une reformulation peut entraîner de nouvelles études cliniques, des réexamens réglementaires, des modifications de la fabrication et des ajustements de la chaîne d’approvisionnement. Dans de nombreux cas, il n’existe pas de substituts, ou ceux-ci peuvent altérer considérablement l’efficacité du médicament.

Or, l’Echa n’envisage pas seulement l’interdiction des PFAS actuels, mais aussi de ceux qui ne sont pas encore identifiés ou fabriqués, pour éviter toute substitution.

Les pénuries de médicaments sont déjà une préoccupation croissante en Europe. Il est courant maintenant que des médicaments manquent en pharmacie parce que les matières premières deviennent temporairement indisponibles. Cela a bien évidemment des conséquences, parfois lourdes, pour les patients.

L’interdiction pure et simple des PFAS, surtout en l’absence d’alternatives viables, pourrait aggraver ces difficultés, alertent les laboratoires pharmaceutiques. Comme l’indiquent Les Échos, une interdiction des PFAS « pourrait entraîner la perte de 674 médicaments appartenant à la liste des médicaments essentiels de l’OMS et impacterait plus de 47.000 autorisations de mise sur le marché à l’échelle mondiale ».

Tout cela rappelle furieusement l’interdiction des néonicotinoïdes qui met à mal l’industrie betteravière. Espérons que les recommandations de l’Agence européenne des produits chimiques, mises en consultation jusqu’au 25 mai 2026, ne soient pas appliquées sans discernement. Sacrifier les malades pour protéger l’environnement n’est assurément pas la solution idéale.

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9 réponses

  1. Ils vont finir par faire couler complètement l industrie européenne du médicament deja partie largement en Inde, Chine…..

  2. Au nom de l’écologie que toutes les structures néfaste de France et de l’UE ont bien intégrées pour mieux contraindre et mieux taxer.

  3. Plus de mines, plus de raffineries, plus d’usines chimiques, plus de production de médicaments, plus d’agrochimie, plus d’industrie lourde. Il nous reste le club Méd (et encore), le patrimoine historique et les migrants africains à nourrir….Merci les précautionneux, les écolos et les belles âmes.

  4. L’activité des molécules se présente dans deux domaines d’activité :
    – le premier domaine est le domaine physique. Dans ce domaine, les molécules agissent du fait de leur forme, et sans participation chimique, c’est à dire qu’elles restent entières et ne donnent pas naissance à de nouveaux composés.
    – le second domaine est le domaine chimique. Dans ce domaine, les molécules agissent en se combinant avec d’autres molécules pour disparaitre en donnant naissance à de nouveaux composés.
    Les PFAS sont actives dans le premier domaine. Cependant, du fait de leur constitution chimique, elles présentent une rare stabilité (constatée) et de ce fait, une très faible activité chimique. Leur possible action cancérogène, le fait d’interférer avec le système endocrinien ou immunitaire, d’avoir des effets sur la fertilité et le développement du fÅ“tus, sur le foie, sur les reins, sur le taux de cholestérol, etc. sont d’autant plus improbables que ces molécules sont plus stables. Au point qu’on peut affirmer que si une molécule était « éternelle » on serait sûr qu’elle n’aurait jamais aucune de ces actions et serait parfaitement inerte.

    1. Merci pour vos éclaircissements.
      Je crois comprendre que cela signifie que cette interdiction totale dans l’industrie pharmaceutique est… inutile ou je me trompe ?
      C’était déjà le cas des néonicotinoïdes dans la culture des betteraves, déposés au plus près des racines et donc inaccessibles aux abeilles. Mais interdits quand même ! Et ne parlons pas du glyphosate.
      On dirait bien que l’Union européenne veut torpiller l’Europe…

    2. Bonjour.
      Merci pour l’éclaircissement. Je me permets un ajout.
      Les PFAS (famille de plus de 4000 substances) ne sont pas toutes chimiquement inertes et se dégradent très lentement, les plus longues chaînes aliphatiques* se fragmentant en plus petites et les plus petites (PFOS, PFOA, PFNA et le petit dernier ) restant « éternelles ». La stabilité de la substance est inversement proportionnelle à sa taille.
      Une substance stable n’est pas nécessairement inoffensive : l’amiante, substance tout à fait naturelle (bio?), remplacée par certains PFAS (résistance thermique), est particulièrement stable…
      Ceci dit, je ne rejoins pas l’alarmisme général au sujet de ces substances qui rendent de nombreux services et on doit laisser le temps pour lui trouver des substituts.

      * En Français, les PFAS sont des GASP (Groupes Aliphatiques Saturés Perfluorés)

  5. Ah cette union européenne et ces escrologistes ! Après avoir fait s’écrouler la construction ,automobile, l’agriculture et bien d’autres domaines, ils veulent écrouler la fabrication de médicaments. En plus tout cela coûte à la France 15 milliards d’euros par an.
    Petit rappel la glace de l’ère glaciaire a fondu et il n’y avait pas d’activité humaine.

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