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dimanche 25 janvier 2026

« Vietnam – vaincre la pauvreté grâce au marché », ou le film que Donald Trump « devrait voir » 

Temps de lecture : 2 minutes

Récompensé du prix du Meilleur documentaire international à l’ANTHEM Film Festival de Palm Springs le 14 juin dernier, le film « Vietnam – Beating Poverty with Market Economy » (« Vaincre la pauvreté grâce au marché ») retrace l’histoire spectaculaire d’un pays qui, en l’espace d’une génération, est passé du statut de nation parmi les plus pauvres du monde à celui de 35ème puissance économique mondiale en 2023, selon la Banque Mondiale. Présenté par l’économiste Mark Skousen et Steve Forbes, le documentaire est produit par Tomasz Agencki et Rainer Zitelmann.

Steve Forbes lui-même a déclaré : « Donald Trump devrait voir ce film. ». Certains défendent l’idée que l’ex-président n’utilisait la menace tarifaire que comme levier pour négocier des accords de libre-échange. Mais Forbes fustige cette stratégie, prenant le cas du Vietnam en exemple : « Trump a menacé Hanoï de droits de douane à 46 %, mais le Vietnam a répondu en proposant un tarif réciproque nul. Pourquoi Trump ne saisit-il pas cette opportunité ? ».

Bien que le Vietnam soit encore gouverné par un régime autoritaire à parti unique incarné par le Parti communiste vietnamien, avec des libertés civiles très limitées, il s’est néanmoins largement ouvert sur le plan économique, devenant l’un des pays les plus libéraux d’Asie dans ce domaine. Il a entamé en 1986, avec la réforme Doi Moi, une profonde transformation : introduction de la propriété privée, ouverture aux investissements étrangers, recul drastique de l’État dans l’économie. Selon le film, dans les années 1980, la production de riz s’effondrait et l’inflation atteignait 582 %. En 1989, l’État ne fixait plus que les prix de cinq produits stratégiques (ciment, acier, électricité, transports, essence).

Les résultats sont sans appel : en 1990, le PIB/hab plafonnait à 98 dollars, et le taux de pauvreté était de 58 % au début des années 90. Quelques années plus tard, ces chiffres ont été inversés. Le taux de pauvreté est tombé à 3 %, et le PIB du pays est passé de 39,55 milliards de dollars en 2003 à 429,72 milliards de dollars en 2023, soit une augmentation de 986,49 % en 20 ans.

Parallèlement, le Vietnam s’est intégré dans les grandes institutions internationales (ONU, FMI, AFTA) et a signé 17 accords de libre-échange, dont un avec l’Union européenne supprimant 65 % des droits de douane sur les produits européens. Par ailleurs, les échanges commerciaux sont passés de 126 milliards de dollars en 2009 à 651 milliards de dollars en 2023, soit une augmentation de 416,67 %.

Le film montre un Vietnam moderne, dynamique, où un tiers des dirigeants sont des femmes, et 40 % des postes de direction leur sont confiés. Selon une étude fournie par le film, la réussite est valorisée, les inégalités assumées, et 80 % des Vietnamiens associent désormais le capitalisme au progrès, contre 71 % aux États-Unis. Par ailleurs, le film montre que, malgré un passé douloureux avec l’Amérique, la jeunesse vietnamienne n’hésite pas à désigner les États-Unis capitalistes comme étant un modèle économique à suivre. Seule la liberté permet l’émancipation.

Dans un monde en quête de recettes durables contre la pauvreté, le Vietnam offre un exemple clair : le miracle économique doit passer obligatoirement par le marché. « L’intégration internationale et les accords de libre-échange étaient la clé pour enrichir la population » affirme Oliver Massmann, avocat installé dans le pays depuis trente ans et interviewé pour le film. Encore une piqûre de rappel pour Donald Trump.

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