Grandeur et décadence. L’Italie, jadis dans une situation budgétaire qui semblait rédhibitoire, espérait sortir cette année de la procédure de surveillance renforcée visant les États à déficit excessif au sein de la zone euro, tandis que la France s’y enfonce. Il lui a manqué un dixième de point.
L’Institut national de statistique, l’ISTAT, a en effet douché mardi les espoirs du gouvernement en maintenant le déficit public 2025 à 3,1 % du PIB. Pire : alors que l’équipe au pouvoir répétait attendre une révision à la baisse, le déficit a été revu à la hausse de 550 millions d’euros. « Malheureusement, l’Italie ne pourra pas sortir de la procédure pour déficit excessif cette année, comme nous l’espérions, mais cela pourrait se produire en 2027 », a réagi le ministre de l’Économie Giancarlo Giorgetti, pour qui cette sortie est un objectif prioritaire de longue date.
Rome a néanmoins confirmé mercredi son engagement à ramener le déficit sous le plafond de 3 % fixé par l’Union européenne dès 2026, alors que le gouvernement peaufine un projet de budget attendu dans les prochaines semaines. L’Italie va par ailleurs revoir à la hausse sa prévision de croissance, à 1 % contre 0,6 % précédemment, en tenant compte d’une légère amélioration des perspectives économiques malgré des tensions géopolitiques croissantes.
Rappelons que l’Italie dégage un excédent primaire, hors service de la dette, depuis longtemps, mais affiche un déficit élevé en raison du poids des emprunts passés. Énarques parisiens, veuillez prendre note. Sa dette atteignait 136,7 % du PIB fin 2025 selon l’ISTAT, et 138,9 % au premier trimestre 2026 selon Eurostat, soit le deuxième ratio de la zone euro derrière la Grèce.
La procédure frappe également plusieurs autres États membres, dont la France et la Pologne. En sortir aurait permis à Giorgia Meloni d’augmenter temporairement ses dépenses d’urgence dans les domaines de l’énergie et de la défense, sans qu’une partie soit comptabilisée dans le déficit. Ce sera pour 2027.
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