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mercredi 30 septembre 2026

Dividendes : 61 milliards d’euros, beaucoup de bruit et autant de contresens

Temps de lecture : 2 minutes

L’étude trimestrielle de Janus Henderson recense les dividendes versés par les grandes entreprises cotées dans le monde. Elle place la France au deuxième rang derrière les États-Unis pour le deuxième trimestre. Pourquoi ? Parce que chez nous, les entreprises cotées versent presque tous leurs dividendes au deuxième trimestre, pas à d’autres périodes de l’année. La même étude du même cabinet pour le premier trimestre 2026 classait la France… dix-septième. Et là, on n’a bien sûr entendu personne.

Deux données achèvent de relativiser ce podium : le dividende exceptionnel de Bolloré, 4,21 milliards à lui seul, et la croissance sous-jacente publiée par Janus Henderson, celle qui corrige les changes, les versements exceptionnels et les décalages de calendrier, qui s’établit à moins 0,8 %. L’étude que l’on brandit pour dénoncer l’envolée des dividendes français établit qu’ils ont reculé.

Par rapport aux entreprises étrangères, les entreprises françaises recourent par ailleurs beaucoup plus aux dividendes qu’aux rachats d’actions, des techniques pourtant similaires. Dans la même étude pour le même trimestre, la France était ainsi neuvième mondiale pour les rachats d’actions, alors que les montants mondiaux de ces opérations étaient proches des versements de dividendes sur la même période. Ne regarder que les dividendes et pas les rachats, c’est avoir une vue partielle du sujet.

La France est aussi un pays où les grandes entreprises cotées sont fortes et nombreuses. La capitalisation de la Bourse de Paris est supérieure à celle de Francfort, alors que le PIB français ne représente que les deux tiers du PIB allemand. Sept des quinze premières capitalisations de la zone euro sont françaises. Il est donc normal qu’en s’intéressant aux grandes entreprises cotées, la France occupe une part importante.

Mais attention : ces entreprises sont de moins en moins françaises par leur activité. Plus des trois quarts du chiffre d’affaires des grands groupes est réalisé à l’étranger. Leurs dividendes ne correspondent que pour une petite partie à des profits réalisés en France.

Enfin, stop à la diabolisation des dividendes ou des rachats d’actions. Ils n’enrichissent pas l’actionnaire ! Dans les deux cas, il s’agit de lui rendre des liquidités qui lui appartenaient déjà, et il n’est pas plus riche après qu’avant. C’est un processus très sain : les entreprises rendent à leurs actionnaires des excédents de liquidité pour lesquels elles n’ont pas d’emploi immédiat, ce qui permet aux investisseurs de les réinvestir, par exemple dans des entreprises qui en ont besoin. Un cycle qui renvoie l’argent d’entreprises très matures, aux cash-flows importants, vers des entreprises en forte croissance mais en manque de fonds.

Est-ce que tout cela se fait au détriment de la rémunération du travail en France ? Non, sa part dans la valeur ajoutée est stable depuis quarante ans. Est-ce que l’investissement souffre de cette situation ? Non, le taux d’investissement des entreprises en France est au plus haut.

Est-ce que les dividendes liés à l’activité dans notre pays ont explosé ? Non, leur flux net en part de la valeur ajoutée est très stable, celle des intérêts ayant en revanche baissé depuis les années quatre-vingt-dix.

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