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mercredi 27 mai 2026

Durcissement du contrôle des investissements étrangers : le retour de bâton ne se fera pas attendre

Temps de lecture : 2 minutes

Face à l’augmentation des rachats étrangers de sociétés françaises « stratégiques », le député LR Philippe Juvin a déposé une proposition de loi visant à renforcer le contrôle des investissements étrangers. Il y rappelle que « depuis 1966 la France est une économie ouverte, faisant de la liberté d’investir des étrangers une condition essentielle de la libéralisation de son économie ». Cette économie ouverte qu’il semble remettre en cause, en précisant que « toutefois elle a toujours subordonné cette liberté à la nécessaire protection de l’intérêt national. »

Le cadre juridique actuel,  défini aux articles L.151-3 et suivants du code monétaire et financier, a été successivement renforcé par les décrets Villepin et Montebourg ainsi que par la loi Pacte, pour couvrir la défense, l’ordre public et la sécurité nationale. Le dispositif est déjà bien fourni, mais Philippe Juvin estime qu’il présente aujourd’hui des « angles morts » : définition trop restreinte des secteurs stratégiques, suivi inégal des engagements pris par les investisseurs, formalisation insuffisante des conditions ou encore implication trop limitée du Parlement.

Ces constats l’on amené à faire émerger quatre objectifs principaux dans sa proposition de loi :

  • Elargir et clarifier les activités soumises à autorisation, intégrant santé, énergie, alimentation, économie, numérique et le secteur électoral.
  • Renforcer « la sécurité juridique apportée aux investisseurs étrangers en précisant la portée juridique des autorisations délivrées par l’État », en maintenant des capacités industrielles ou en faisant des efforts en recherche et développement notamment.
  • Renforcer le rôle du Parlement, pour garantir un « contrôle démocratique ».
  • Introduire deux principes, celui de « réciprocité dans la coopération internationale, conditionnant l’échange d’informations avec des États tiers à l’Union européenne à un traitement équivalent des autorités françaises » ; et une « exigence de transparence renforcée des actions d’influence et de lobbying. »

Pour qui l’examine au travers d’un prisme libéral, cette approche soulève naturellement des interrogations. Multiplier les restrictions et élargir de manière extensive la liste des secteurs stratégiques risque de freiner l’attractivité de la France pour les investisseurs étrangers, alors que ces capitaux sont essentiels à la croissance économique. Surtout, la complexification des procédures et la multiplication des obligations créera une forte incertitude juridique, qui pourrait détourner les investisseurs vers des marchés plus ouverts.

La meilleure solution pour garantir l’intérêt national réside dans la fluidité des échanges, sous peine de nuire à la croissance. La liberté des échanges a fait largement plus de bien aux intérêts nationaux que le souverainisme, comme de nombreux exemples historiques l’ont déjà démontré.

Dans l’avant-dernier paragraphe de la proposition de loi, Philippe Juvin écrit que « en définitive, cette proposition de loi ne vise ni à fermer l’économie française aux investissements étrangers, ni à remettre en cause l’attractivité du territoire national. » Nous pouvons émettre des doutes. Espérons que le pragmatisme de la liberté l’emportera chez le député LR.

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3 réponses

  1. La norme devrait être la suivante : Aucun rachat même partiel d’entreprises française par des entreprises domicilier dans des pays non démocratique et réciprocité des traitements. c’est à dire que appliquer en France les mêmes restrictions que les entreprises françaises rencontre dans les pays d’origine des investisseurs étrangers. comme pour la chine par exemple.

  2. Juvin est un socialiste, comme LR l’est devenu avec ses égarements et son inculture économique flagrante. Le seul qui a un peu pigé l’économie, Lisnard, vient de se barrer de cette maison de retraite de notables qu’on peut appeler Les Ringards qui a encore fait preuve de sénilité avec certains candidats quasi fossiles aux municipales (élus comme à Issy-les-Moules ou battus comme à Lyon).
    Courage à Monsieur Lisnard !

  3. Il y a ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas, comme toujours.
    Ce qu’on voit : des groupes étrangers rachètent nos entreprises françaises, et après une période relativement courte ferment les activités ici. Les exemples récents les plus fameux sont Arcelor-Mital ou Alcan (avec Péchiney). Mais je suis sûr qu’en cherchant un peu, on trouvera moult autres exemples, jusqu’aux vignobles qui se font racheter.
    Ce qu’on ne voit pas : pourquoi il n’y a pas de capitaux français pour « défendre » ces entreprises ? Pourquoi ferment-elles les unes après les autres leurs sites hexagonaux ? Pourquoi des biens culturels majeurs passent aux mains de fortunes étrangères ? Plutôt que s’intéresser au symptôme et ajouter de la complexité, ce député devrait envisager de s’interroger sur les causes…

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