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mardi 13 octobre 2026

En l’espace de quinze ans, la pauvreté durable a presque doublé

Temps de lecture : 2 minutes

Entre 2021 et 2024, près d’un quart de la population a connu au moins une année sous le seuil de pauvreté (fixé à 60 % du niveau de vie médian). C’est ce que l’on observait déjà quinze ans plus tôt, d’après une étude de l’INSEE. La différence tient au fait que la pauvreté s’installe plus durablement : 7 % des individus ont fait l’expérience d’une situation de pauvreté continue entre 2021 et 2024, contre 4 % entre 2008 et 2011 – presque le double. En 2023 par exemple, les personnes vivant sous le seuil de pauvreté étaient 71,4 % à être encore dans cette situation au bout d’un an, alors qu’elles étaient 68 % en 2013, 2014 et 2015, et 63,2 % en 2008. Quant à celles qui parviennent à franchir le seuil, leur niveau de vie médian était de 1 580 euros par mois en 2024 – seulement 1,2 fois le seuil de pauvreté.

L’étude permet aussi d’identifier les facteurs associés à la pauvreté durable. Le chômage constitue un risque majeur : parmi les personnes de plus de 16 ans au chômage en 2022, 22,4 % sont restées pauvres pendant les quatre années étudiées, contre 3 % des personnes en emploi. À caractéristiques sociodémographiques comparables, le risque de pauvreté continue est onze fois supérieur pour les personnes au chômage à celui des personnes en emploi. Le diplôme joue également un rôle protecteur : les titulaires d’un diplôme supérieur à bac+2 ont trois fois moins de risques de connaître une pauvreté durable que les personnes dont le diplôme le plus élevé est le baccalauréat.

Ces résultats invitent à dépasser le logiciel socialiste et les débats qui se limitent au montant des aides et à la taxation des plus aisés : comment expliquer qu’autant de personnes vivent dans une situation chronique de pauvreté, alors que la part des prestations sociales dans le PIB a augmenté de 5,4 points entre 1990 et 2024 (de 26,5 % à 31,9 %), et que la France est le deuxième pays de l’UE dans lequel les prélèvements obligatoires sont les plus élevés ? Les socialistes préfèrent alimenter la haine des riches plutôt que de remettre en cause leurs propres politiques : les transferts sociaux peuvent certes amortir les difficultés financières, mais ils ne suffisent pas à garantir une sortie durable de la pauvreté. Les sociétés les plus prospères, comme la Suisse, sont celles qui ont créé les conditions favorables à la création de richesses, qui ont misé sur la liberté du travail et sur la formation ; et non sur l’assistanat et la redistribution.

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