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jeudi 5 novembre 2026

En l’espace de quinze ans, la pauvreté durable a presque doublé

Temps de lecture : 2 minutes

Entre 2021 et 2024, près d’un quart de la population a connu au moins une année sous le seuil de pauvreté (fixé à 60 % du niveau de vie médian). C’est ce que l’on observait déjà quinze ans plus tôt, d’après une étude de l’INSEE. La différence tient au fait que la pauvreté s’installe plus durablement : 7 % des individus ont fait l’expérience d’une situation de pauvreté continue entre 2021 et 2024, contre 4 % entre 2008 et 2011 – presque le double. En 2023 par exemple, les personnes vivant sous le seuil de pauvreté étaient 71,4 % à être encore dans cette situation au bout d’un an, alors qu’elles étaient 68 % en 2013, 2014 et 2015, et 63,2 % en 2008. Quant à celles qui parviennent à franchir le seuil, leur niveau de vie médian était de 1 580 euros par mois en 2024 – seulement 1,2 fois le seuil de pauvreté.

L’étude permet aussi d’identifier les facteurs associés à la pauvreté durable. Le chômage constitue un risque majeur : parmi les personnes de plus de 16 ans au chômage en 2022, 22,4 % sont restées pauvres pendant les quatre années étudiées, contre 3 % des personnes en emploi. À caractéristiques sociodémographiques comparables, le risque de pauvreté continue est onze fois supérieur pour les personnes au chômage à celui des personnes en emploi. Le diplôme joue également un rôle protecteur : les titulaires d’un diplôme supérieur à bac+2 ont trois fois moins de risques de connaître une pauvreté durable que les personnes dont le diplôme le plus élevé est le baccalauréat.

Ces résultats invitent à dépasser le logiciel socialiste et les débats qui se limitent au montant des aides et à la taxation des plus aisés : comment expliquer qu’autant de personnes vivent dans une situation chronique de pauvreté, alors que la part des prestations sociales dans le PIB a augmenté de 5,4 points entre 1990 et 2024 (de 26,5 % à 31,9 %), et que la France est le deuxième pays de l’UE dans lequel les prélèvements obligatoires sont les plus élevés ? Les socialistes préfèrent alimenter la haine des riches plutôt que de remettre en cause leurs propres politiques : les transferts sociaux peuvent certes amortir les difficultés financières, mais ils ne suffisent pas à garantir une sortie durable de la pauvreté. Les sociétés les plus prospères, comme la Suisse, sont celles qui ont créé les conditions favorables à la création de richesses, qui ont misé sur la liberté du travail et sur la formation ; et non sur l’assistanat et la redistribution.

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7 réponses

  1. Encore un bon article : au passage, les papiers d’Élodie Messéant sont la raison pour laquelle je reste abonné à « Contrepoints » :
    . du factuel bien documenté
    . pas de biais idéologique
    . un sens honnête et patient du dialogue faisant place aux contradicteurs… à l’opposé de beaucoup d’autres « plumes ».

  2. Oui mais madame Messéant omet de rappeler que si les « pauvres » sont de plus en plus nombreux en France, n’y aurait-il pas une explication simple:
    Nous recevons 500.000 émigrés chaque année et le dispositif législatif les empêche de travailler tant que les conditions exigées ne sont pas remplies
    je me demande pourquoi ce problême n’est jamais évoqué
    Voilà un peu de bon sens serai souhaitable

  3. En France on aime la pauvreté, alors maintenant que nous sommes tous pauvres, de quoi nous plaignons nous ?

  4. Et pour cause, les dirigeants se succédant aux affaires depuis l’époque de Giscard gèrent à sens unique au profit de la génération des CDI et de la retraite à 60 ans donc née au plus tard autour de 1950, et les confinements resteront sans doute le point culminant de ce clientélisme car on n’aurait très bien pu confiner que les anciens, mais ils se seraient posés en victimes, comme ils le font toujours quand on les place devant leurs responsabilités. On le voit ces jours-ci avec les retraités précoces du privé ayant largement contribué à creuser les déficits publics et cherchant à faire porter le chapeau aux seuls retraités du public, l’hôpital qui se moque de la charité…

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