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vendredi 28 août 2026

Fonction publique d’État : plus de 540 primes et indemnités différentes pour un coût de 19 Md€

Temps de lecture : 2 minutes

Il existe très exactement 543 primes et indemnités différentes dans la fonction publique d’État. Ce nombre incroyable est pourtant en baisse depuis quelques années : en 2018, il était de 650. L’État peut donc affirmer qu’il simplifie et rationalise le système indemnitaire de ses agents.

Il ne faudrait pourtant pas croire que les derniers gouvernements ont été plus vertueux que leurs prédécesseurs. Si les deux plus anciennes primes – celle de répartition contentieuse de la direction générale des douanes et des droits indirects (DGDDI) et celle de rendement de la direction générale des finances publiques (DGFiP) – datent respectivement de 1939 et 1945, la plupart sont de création récente. Selon le rapport des inspections générales des finances (IGF) et de l’administration (IGA), publié fin juillet 2026, 72% des primes ont une référence juridique postérieure à l’année 2000, et 53% postérieure à 2008. Pour le dire autrement, la moitié des primes et indemnités existantes ont été créées au cours des quinze dernières années. Les gouvernements d’Emmanuel Macron y donc largement contribué.

Ainsi, l’État ne cesse de supprimer des primes pour les remplacer par d’autres, soit pour renforcer l’attractivité d’un emploi ou du zone géographique (comme la prime de fidélisation territoriale en Seine-Saint-Denis), soit pour compenser des sujétions liées à l’exercice d’une activité, mais aussi pour récompenser les agents méritants ou encore faciliter l’atteinte d’objectifs de politique publique. Lors des Jeux olympiques de Paris 2024, on se souvient que les primes furent largement attribuées aux agents publics des transports, de la santé, de la police, etc. pour éviter qu’ils ne fassent grève ! De même, des événements comme le mouvement des Gilets jaunes, la pandémie de covid-19 ont été autant d’occasions de distribuer des primes.

Le régime indemnitaire sert aussi à compenser la faible évolution du point d’indice. Ainsi entre 2015-2025, si le point d’indice n’a augmenté que de 6,3%, le montant moyen des primes et indemnités par agent a augmenté de plus de 47%. Ce que l’État dit économiser sur la rémunération fixe de ses fonctionnaires, il le dépense en partie sous forme de primes afin de tenter de maintenir la rémunération moyenne au niveau de l’inflation.

De fait, alors que les primes et indemnités représentaient un peu plus de 20% de la rémunération des agents de l’État en 2015, elles comptent aujourd’hui pour 25%.

Sans surprise, les inspections générales préconisent une plus grande transparence et une simplification d’un régime indemnitaire qui coûte aujourd’hui 19 milliards d’euros. Mais n’est-ce pas là un vœu pieux ? Peut-on vraiment simplifier, moderniser et rendre plus performant le système de rémunération des fonctionnaires sans remettre en cause le carcan que représente leur statut ?

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