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jeudi 17 septembre 2026

Fonction publique d’État : plus de 540 primes et indemnités différentes pour un coût de 19 Md€

Temps de lecture : 2 minutes

Il existe très exactement 543 primes et indemnités différentes dans la fonction publique d’État. Ce nombre incroyable est pourtant en baisse depuis quelques années : en 2018, il était de 650. L’État peut donc affirmer qu’il simplifie et rationalise le système indemnitaire de ses agents.

Il ne faudrait pourtant pas croire que les derniers gouvernements ont été plus vertueux que leurs prédécesseurs. Si les deux plus anciennes primes – celle de répartition contentieuse de la direction générale des douanes et des droits indirects (DGDDI) et celle de rendement de la direction générale des finances publiques (DGFiP) – datent respectivement de 1939 et 1945, la plupart sont de création récente. Selon le rapport des inspections générales des finances (IGF) et de l’administration (IGA), publié fin juillet 2026, 72% des primes ont une référence juridique postérieure à l’année 2000, et 53% postérieure à 2008. Pour le dire autrement, la moitié des primes et indemnités existantes ont été créées au cours des quinze dernières années. Les gouvernements d’Emmanuel Macron y donc largement contribué.

Ainsi, l’État ne cesse de supprimer des primes pour les remplacer par d’autres, soit pour renforcer l’attractivité d’un emploi ou du zone géographique (comme la prime de fidélisation territoriale en Seine-Saint-Denis), soit pour compenser des sujétions liées à l’exercice d’une activité, mais aussi pour récompenser les agents méritants ou encore faciliter l’atteinte d’objectifs de politique publique. Lors des Jeux olympiques de Paris 2024, on se souvient que les primes furent largement attribuées aux agents publics des transports, de la santé, de la police, etc. pour éviter qu’ils ne fassent grève ! De même, des événements comme le mouvement des Gilets jaunes, la pandémie de covid-19 ont été autant d’occasions de distribuer des primes.

Le régime indemnitaire sert aussi à compenser la faible évolution du point d’indice. Ainsi entre 2015-2025, si le point d’indice n’a augmenté que de 6,3%, le montant moyen des primes et indemnités par agent a augmenté de plus de 47%. Ce que l’État dit économiser sur la rémunération fixe de ses fonctionnaires, il le dépense en partie sous forme de primes afin de tenter de maintenir la rémunération moyenne au niveau de l’inflation.

De fait, alors que les primes et indemnités représentaient un peu plus de 20% de la rémunération des agents de l’État en 2015, elles comptent aujourd’hui pour 25%.

Sans surprise, les inspections générales préconisent une plus grande transparence et une simplification d’un régime indemnitaire qui coûte aujourd’hui 19 milliards d’euros. Mais n’est-ce pas là un vœu pieux ? Peut-on vraiment simplifier, moderniser et rendre plus performant le système de rémunération des fonctionnaires sans remettre en cause le carcan que représente leur statut ?

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11 réponses

  1. Il s’agit , certes, de préserver le pouvoir d’achat des fonctionnaires mais aussi d’éviter de payer les charges sociales sur ces sommes !
    Cela touche les cotisations de santé, les droits à la retraite.
    Malgré ces « économies » sur les cotisations cela n’empêche pas notre pays d’être ruiné.
    Mon papa, qui avait eu la « chance » d’être rappelé en algérie c’est ainsi rendu compte à son départ à la retraite que les cotisations de cette période n’avaient pas été versées par l’état français…
    PS: Je ne suis, ni de près ni deloin, pas fonctionnaire…mais libéral pur.

    1. Oui, plus on monte dans la hiérarchie, plus la rémunération est constituée de primes, j’avais ainsi eu écho du receveur du coin qui multipliait les stratagèmes pour différer son départ en retraite car du fait de la proportion de primes dans sa rémunération, le taux de remplacement en retraite n’était que d’à peine 30%. Et inversement, c’est quand on est un travailleur non-qualifié que le statut de fonctionnaire est le plus avantageux car l’emploi est payé au SMIC, mais au moins il est stable alors que dans le privé, le précariat est la norme…

  2. Une solution la suppression du statut de la fonction publique
    Notre liberal cannois de service ne le mentionne pas dans son programme

    1. Le problème me semble-t-il est que par contrat, sauf sanction, le fonctionnaire est inamovible jusqu’à sa retraite ou démission.
      Juridiquement la règle « pacta sunt servanda » est opposable même à l’état qui n’aurait que l’option de pousser les fonctionnaires à la faute pour pouvoir s’en débarrasser. Il pourrait alors reprendre ceux qui lui conviennent en CDD ou CDI.
      En attendant rien n’empêche dès maintenant de cesser tout nouveau recrutement sous l’actuel statut de la fonction publique.

  3. Trop de fonctionnaires pour un résultat médiocre, il faudra faire des coupes dans cette gabegie de dépenses !!

  4. Un agent de la fonction publique digne de ce nom doit servir la nation. Si pour cela il a besoin d’une prime, c’est qu’il ne sert pas mais se sert.
    Ce système a aussi pour but d’embrouiller les études comparatives de rémunération, et pas besoin de se demander au bénéfice de qui !

  5. A chaque emploi, chaque fonction doit correspondre un salaire Juste et Equitable et vérifiable. Tout le « fourbi » adjacent des Primes et indemnités ne sont que des masques plus ou moins honteux d’une réalité qui a peur de s’afficher en toute clarté.

  6. Il faut rappeler que les primes ne sont pas prises en compte pour le calcul de la retraite, ce qui crée un différentiel qui augmente entre le salaire sans prime et celui avec prime…

  7. La seule chose dont on est sur dans ce pays c’est qu’il y a des abus, beaucoup d’ abus, énormément d’ abus dans le public et que personne n’est près ; ni ne veut y toucher. Donc cela ne changera jamais. D’ un côté les publics favorisés et de l’autre les privés pénalisés. Circulez il n’y a rien à voir !

  8. Un fonctionnaire à la retraite ne sert plus la nation il doit donc être traité rigoureusement comme un salarié du privé.

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