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mercredi 11 mars 2026

Friedrich Merz : « L’Allemagne n’a pas besoin du même avion de combat que la France »

Temps de lecture : 2 minutes

Nouvel accroc (qui n’est pas le premier en 70 ans d’Histoire, ni très certainement le dernier) dans le couple franco-allemand. Le chancelier allemand a publiquement douté ce mercredi des perspectives du système de combat aérien du futur (SCAF), projet d’avion de combat franco-germano-espagnol, en panne depuis des mois sur fond de tensions germano-françaises et entre Airbus et Dassault.

Lancé en 2017 par le président Emmanuel Macron et la chancelière Angela Merkel, rejoints par l’Espagne deux ans plus tard, le SCAF est un système qui comprend non seulement un avion mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique innovant, un « cloud de combat ». Depuis des mois, les dirigeants français et allemands promettent de trouver un compromis, mais repoussent sans cesse l’échéance, prévue désormais pour fin février.

Dans un entretien diffusé mercredi, M. Merz a affirmé que son pays n’avait pas besoin du même avion que la France, laissant entendre que Paris et Berlin pourraient construire deux appareils différents, chacun de leur côté. « Les Français ont besoin, dans la prochaine génération d’avions de combat, d’un avion capable de transporter des armes nucléaires et d’opérer à partir d’un porte-avions. Ce n’est pas ce dont nous avons besoin actuellement dans l’armée allemande », a dit le chancelier.

Ses propos font écho aux affirmations de l’industrie aéronautique allemande qui depuis des semaines tire à boulets rouges sur le SCAF. Selon les accords existants, la France (désignée leader du projet), l’Allemagne et l’Espagne doivent participer au développement chacune à hauteur d’un tiers. Mais Dassault, responsable du développement proprement dit, avec Airbus Allemagne et Airbus Espagne pour partenaires, exige de revoir les accords pour avoir la liberté de choisir ses sous-traitants.

Les propos de Friedrich Merz interviennent alors que la liste des différends franco-allemands est croissante, à commencer par l’accord commercial entre l’UE et le Mercosur, reporté en début d’année à la joie de la France et de ses agriculteurs mais au grand dam de l’Allemagne et de son industrie automobile qui espérait de nouveaux débouchés en Amérique latine. Lundi, M. Wadephul, ministre des Affaire étrangères, a carrément appelé la France à « faire des économies », notamment « dans le domaine social » pour « disposer de la marge de manÅ“uvre nécessaire afin d’atteindre l’objectif central d’une capacité de défense de l’Europe ». Il a aussi rejeté l’appel du président français à une forme de mutualisation européenne de la dette.

Le ministère a toutefois un peu rétropédalé ce mercredi pour tenter d’arrondir les angles avec la France.  « Il est crucial pour l’avenir de l’Union européenne que la France et l’Allemagne continuent à se tendre la main, que nous recherchions toujours le terrain d’entente malgré des points de vue parfois divergents », a affirmé Johann Wadephul. Et de plaider pour que les deux pays « avancent courageusement sur cette base, notamment en soutenant l’Ukraine et en défendant ainsi notre liberté à tous ».

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8 réponses

  1. Dassault n’a strictement aucun intérêt à s’entourer des allemands qui ne lorgnent que sur leur savoir et savoir-faire. Dassault possède les compétences pour produire un avion de chasse de 6ème génération. Pas besoin de s’entourer de nos « alliés » allemands qui nous planteront un couteau dans le dos à la première occasion.

    1. La France n a plus les moyens financiers pour concevoir et produire seule tout le spectre militaire ( porte avion, nucléaire, avion de chasse, char, satellite, missile, sous-marin…..)
      Donc il va falloir faire des choix clairs et laisser a nos amis européens toute la place qui leurs revient
      Balayons devant notre porte avant de chercher des bouc emissaires allemands britanniques américains….

      1. Le bouc émissaire n’est pas allemand : il est à l’Élysée et prétend, hélas, être notre Président.

        Les Allemands, eux, font ce que n’importe quelle Nation soucieuse de ses intérêts fait lorsqu’une Nation plus faible a l’idiotie de mettre entre ses mains les quelques rares richesses qui lui restent : ils s’en emparent. Il n’y a aucune raison de leur en vouloir (et, surtout, surtout, aucune raison de ne pas les imiter)… sauf lorsque c’est nous qui nous faisons piller de la sorte, bien sûr.

  2. Après avoir pillé les compétences françaises en s’appropriant Airbus, les allemands tententent le même coup avec les compétences de Dassault!
    Qu’apporte l’Europe à la France ?
    Un Euro qui permet à nos dirigeants de masquer leurs bêtises, la destruction de notre énergie, la réquisition de notre dissuasion etc.
    Le seul handicap de la France c’est sa classe dirigente. Avec son immense domaine maritime sous exploité une France libérale, bien gouvernée, n’a pas besoin de l’Europe, elle a seulement besoin d’accords avec des alliés et des partenaires fiables… L’Inde par exemple ?

  3. La France fait depuis de nombreuses années la démonstration de son incapacité à apprendre à compter. L’irresponsabilité est reine depuis Giscard d’Estaing.
    Notre pays doit se mettre au travail
    49 heures de travail par semaine pour tous
    Suppressions de tous les statuts et priviléges (hors regalien) et planques diverses (Conseil economique et social et autres Lang-isme…)Aucune aide sans contrepartie.Ect ….
    Reforme trés profonde du droit
    Ect On peut toujours rêver !…

  4. L’argument des besoins différents me semble tout de même de valeur limitée. D’autres avions ont été concus en fonction de différentes versions pour différents besoins. (Le F35 par exemple.) De base, je crois que l’on peut dire que chacun voudrait travailler de son bord sans avoir à s’entendre avec les autres. Reste à voir s’il sera possible de s’entendre sur une base commune avant de développer différentes versions qui pourront soit décoller de terre soit de mer, soit emporter des munitions nucléaires, soit conventionnelles. Il y a des questions de coûts mais aussi de possibilités techniques, qu’il m’est difficile d’apprécier n’étant pas de cette branche. À suivre tout de même.

  5. Dassault n’a pas besoin d’Airbus pour faire un avion. Que les teutons continuent à acheter F35, ils ont déjà tout fait pour s’emparer d’Airbus sans que personne ne dise rien. Les besoins respectifs à terme n’étant pas les mêmes pourquoi continuer ce cinéma. Le couple franco allemand n’a jamais existé. La France en a toujours été la cocue grâce à nos dirigeants aveugles. Mitterand a tout sabordé avec ses 35 heures. Nous en payons encore le prix aujourd’hui et ce n’est pas avec le rigolo que ça va s’arranger.

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