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jeudi 5 novembre 2026

Inquiétude chez les syndicalistes : les mutuelles perdent des parts de marché

Temps de lecture : 2 minutes

La licorne Alan, entreprise française d’assurance santé complémentaire, n’arrête pas de remporter des contrats. Pas seulement dans le secteur privé, mais aussi de plus en plus dans le secteur public et assimilé.

Il y a eu les services du Premier ministre, la Cour des comptes, l’Autorité des marchés financiers (AMF), le ministère de la Transition écologique, celui de l’Économie et des Finances, etc.

A chaque fois, les syndicats s’étranglent car, en remportant ces contrats, Alan évince les mutuelles installées depuis des décennies. Mutuelles dans lesquelles ils sont parties prenantes. Ils sont à la table des conseils d’administration et touchent des jetons de présence. Ils bénéficient aussi de largesses en tout genre : achat d’espaces publicitaires dans leurs publications, financement de formations et de colloques, mise à disposition de locaux et de personnel, reclassement de syndicalistes, etc. Quand une mutuelle perd un marché, les syndicats voient, à terme, leurs financements se tarir.

Il faut dire que les mutuelles étaient souvent choisies par les syndicats eux-mêmes avec l’accord tacite de l’administration. Maintenant que les appels d’offres se généralisent, ils n’ont plus guère voix au chapitre. Ils usent alors de tous les moyens pour contester le bien-fondé de la décision, jusqu’à aller en justice.

Le dernier contrat remporté par Alan (aux côtés d’Allianz) est celui de la Sécurité sociale. Il fait l’effet d’une bombe. Parce que les mutuelles et les syndicats vont perdre gros : le marché serait de 3 milliards d’euros sur six ans et concerne 360.000 personnes (dont les 150.000 salariés des Urssaf, des caisses d’assurance maladie, des caisses d’allocations familiales, etc.).

Mais le pire n’est pas là. Il est dans l’introduction du ver (du privé) dans le fruit (pourri) de la Sécu. Dans un livre paru en 2022, « De l’assurance maladie au partenaire bien-être », Jean-Charles Samuelian-Werve, le fondateur d’Alan, critiquait assez sévèrement l’Assurance maladie ainsi que l’idée, défendue par les syndicats, de « La Grande Sécu ». Il y suggérait, au contraire, de laisser les patients choisir librement leur assureur santé. Bref, de faire entrer la concurrence dans l’assurance maladie. Ça, évidemment, les syndicats de la Sécu ne peuvent pas l’accepter. C’est pourquoi, soyons-en certains, ils s’efforceront de mettre des bâtons dans les roues du nouveau prestataire.

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3 réponses

  1. Les privilégiés ont sous estimé l’importance croissante d’Internet. Autrefois, tout se faisait dans l’entresoi syndicats fonctionnaires, les privilégiés restaient masqués et discrets, le message public bien contrôlé par les médias publics. Aujourd’hui, avec la crise, le déclin et l’information de toute sorte qui circule bien plus librement y compris celle que certains voudraient cacher, il devient beaucoup plus difficile de conserver l’injustice de ces privilèges, faveurs spéciales et copinage divers de l’entresoi que les bénéficiaires défendent bec et ongles. Avec d’autant plus de hargne que les résultats de mai 2027 pourraient sabrer bien des rentes indues. Tant mieux pour les citoyens lambda.

  2. Il est piquant de constater que la sécu, qui est un organisme d’assurance, s’assure auprès d’une compagnie privée.
    C’est un signe d’espoir.
    Abolition des privilèges…

  3. Tout ce qui a pour effet d’évincer les apparatchiks des structures permanentes des syndicats soi-disant « représentatifs » et subventionnés est bon à prendre.
    Merci, ce sera la bonne nouvelle de ma journée.
    Sincères salutations.

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