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vendredi 6 novembre 2026

Karl Marx n’a gagné que 12 % de ses revenus en travaillant

Temps de lecture : 2 minutes

L’historien de l’économie Phil Magness vient de reconstituer, pièce par pièce, les revenus de Karl Marx tout au long de sa vie. Le résultat, repris par le Wall Street Journal, mérite d’être connu : environ 12 % seulement de ce que Marx a perçu provient d’un travail rémunéré.

Le reste, il le doit à son entourage. Quelque 65 % sont des subsides versés par Friedrich Engels, 16 % sont dus à des héritages et le solde, de dons d’amis et de ressources diverses. Autrement dit, l’homme qui a bâti un système entier sur l’idée que le capitaliste s’approprie le fruit du travail d’autrui a vécu, toute sa vie, du fruit du travail d’autrui.

En novembre 1850, Engels s’installe à Manchester et entre chez Ermen & Engels, la filature de coton dont son père est associé, précisément pour pouvoir entretenir la famille Marx. Le théoricien de l’exploitation a donc été financé pendant trois décennies par les profits d’une manufacture textile anglaise, c’est-à-dire par cette plus-value dont il démontrait par ailleurs qu’elle était un vol.

Quant aux 12 % qu’il a personnellement gagnés, ils proviennent pour l’essentiel du journalisme : Marx fut correspondant du New-York Daily Tribune d’août 1851 à mars 1862. Un quotidien américain, bourgeois, qui payait à l’article.

Un revenu de classe moyenne dans l’Angleterre victorienne tournait autour de 200 livres par an : Marx atteint assez vite ce niveau et le dépasse largement à partir du milieu des années 1860. Magness évalue même l’un de ses héritages comme équivalant à un revenu annuel de 160 000 à 180 000 livres d’aujourd’hui. Exception faite de quatre ou cinq ans de quasi misère dans le sordide quartier de Soho (trois de ses enfants sont morts en bas âge à cette époque), il n’a donc pas manqué d’argent. Il l’a dissipé. Si l’on connaît si bien les comptes de Marx, c’est qu’il conservait tout : des dizaines de milliers de lettres, où figurent des informations détaillées sur le sujet.

On ne juge pas une théorie sur la vie de son auteur. Mais quand la théorie affirme que la valeur naît du seul travail et que le capital est une captation, il n’est pas indifférent de constater que son auteur n’a presque rien produit et qu’il a vécu de transferts jusqu’à son dernier jour. Ses « héritiers » intellectuels accablent les riches sans insister sur le fait que pour la plupart, les « spoliateurs » modernes sont, eux, des entrepreneurs et non des héritiers. Et ils reproduisent d’ailleurs le modèle avec une fidélité touchante : ils sont nombreux à vivre de subventions publiques.

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