En 2025, la confiance des Français dans les institutions publiques reste bien trop faible. L’enquête de l’OCDE sur la confiance, qui fait suite aux éditions précédentes de 2021 et 2023, couvre 33 pays membres et 5 pays candidats. Elle mesure les perceptions de plusieurs milliers de personnes par pays, selon des échantillons représentatifs.
En France, 22 % des personnes interrogées, sur une période allant du 10 septembre au 21 octobre 2025, déclarent une confiance élevée ou modérément élevée dans le gouvernement national, soit l’un des niveaux les plus faibles de l’échantillon. Ce niveau était de 34 % en 2023 et de 28 % en 2021. La tendance est donc clairement à la baisse. La moyenne de l’OCDE est de 40 % en 2025, soit un écart de 18 points de pourcentage.
Dans le détail, on remarque également une confiance qui diffère en fonction des groupes sociaux. Le niveau de confiance atteint 29 % chez les personnes diplômées de l’enseignement postsecondaire. Les personnes sans diplôme du second cycle du secondaire sont à 17 %.
Par ailleurs, un écart important existe entre les différentes institutions publiques. Les forces armées et la police ont la confiance des Français, à environ 70 % pour les forces armées et 65 % pour la police, un résultat supérieur à la moyenne de l’OCDE. Le trio le plus faible est constitué des partis politiques, à 15 %, du Parlement national, à environ 23 %, et du gouvernement national, à 22 %. Cela montre bien que la confiance est nettement plus forte dans les institutions perçues comme opérationnelles et proches du quotidien que dans celles associées à la représentation politique.
Sur les décisions politiques complexes du gouvernement, les résultats sont faibles. En effet, « les Français évaluent la prise de décision sur des questions politiques complexes plus favorablement que la moyenne de l’OCDE pour 1 indicateur sur 15 », seulement. L’OCDE ajoute : « Cela traduit une appréciation globalement moins positive de la capacité du système gouvernemental à gérer des enjeux complexes et de long terme, à prendre en compte les contributions des administrés, à concilier des intérêts divergents et à agir dans l’intérêt général ». Encore une preuve que la fracture entre la société civile et la politique est bien présente.
Sur l’intelligence artificielle au sein même des institutions publiques, là aussi, une méfiance s’est installée. On peut le remarquer par le fait que 42 % des personnes interrogées pensent que, si l’État utilise l’intelligence artificielle, elle servira à rendre les services publics plus personnalisés ou mieux adaptés aux citoyens, un niveau inférieur à la moyenne de l’OCDE. Toutefois, 43 % pensent que l’IA permettra de réduire les coûts, un niveau supérieur à la moyenne de l’OCDE ! Difficile de penser le contraire, lorsqu’on connaît le coût de l’administration publique en France.
Finalement, la France se situe sous la moyenne de l’OCDE en ce qui concerne la confiance dans le gouvernement. Mais plus généralement, une réelle crise politique s’est installée : la société civile n’a plus du tout confiance dans la classe politique (comme en témoigne le taux d’abstention lors des dernières élections). Et si les idées proches du libéralisme populaire étaient la solution pour que les Français retrouvent confiance en nos gouvernants ?
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