Début juin, L’OCDE a abaissé sa prévision de croissance du PIB pour la France à 0,6 % pour 2025, contre 0,8 % en mars. Elle reste inférieure à la moyenne du G20, qui est de 2,9 %. Cette révision s’aligne sur les prévisions du FMI. Le constat est partagé : la croissance française stagne, plombée par un interventionnisme budgétaire inefficace et des réformes structurelles constamment différées.
Le rapport rappelle que la France a connu deux chocs majeurs ces dernières années, la pandémie de Covid-19 et l’inflation, auxquels l’État a répondu par une pluie de subventions. Résultat ? Une dette publique atteignant désormais 113% du PIB, et un déficit de 5,8 % en 2024. Pourtant, la dépense publique ne baisse pas : 56,7 % du PIB en 2024, un record européen. L’OCDE prévient : « Des efforts de réduction des dépenses seront impératifs pour abaisser la dette publique ».
L’OCDE, dans ses recommandations, invite également les pays développés à réduire les obstacles au commerce, relancer l’investissement privé et assainir les finances publiques. Mais la France fait tout l’inverse.
Alors que le Gouvernement Bayrou émet actuellement des scénarios afin de trouver 40 milliards d’euros d’ici 2026, les pistes évoquées suscitent l’inquiétude : le gouvernement a ouvert la porte à la « TVA sociale », déjà fixée à 20 % (contre seulement 8,1 % en Suisse par exemple), mesure qui reviendrait à taxer encore davantage la consommation intérieure, au moment où celle-ci peine déjà à soutenir la croissance. Une autre piste est celle d’augmenter les impôts, envisagée par la ministre des Comptes publics. « Il y a 85 milliards de niches fiscales. Si vous avez 10 % de niches fiscales en moins, ça fait huit milliards » déclarait-elle récemment.
L’OCDE insiste également sur la nécessité de « réduire les obstacles réglementaires ». Et en effet, si nous regardons l’évolution de l’activité normative en France entre 2004 et 2025, en particulier du nombre d’articles de certains codes juridiques, c’est impressionnant : + 269 % pour le code du commerce, + 241 % pour le code de l’environnement et + 124 % pour le code du travail.
L’Organisation souligne également que la France se doit de « diffuser plus largement les technologies numériques et de renforcer l’innovation pour stimuler les gains de productivité ». Selon un rapport de l’OCDE, en 2023, la prévision de croissance du secteur des technologies de l’information et des communications (TIC) est en moyenne de 7,6 % dans ses pays membres. Cependant, la France accuse un retard dans l’adoption de ces technologies, avec une croissance de 6,65%, soit en dessous de la moyenne de l’OCDE.
Face à ces chiffres, le gouvernement continue de s’entêter dans des politiques incompatibles avec le redressement économique. Les recommandations de l’OCDE sont claires : moins d’impôts, moins de dépenses, moins de réglementations. La France, elle, persiste à faire l’inverse. Malgré les alertes de la Banque de France, du FMI et maintenant de l’OCDE, jusqu’à quand l’économie française pourra-t-elle survivre à cette déconnexion persistante entre politique publique et réalité ?
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