Journal d'actualité libéral
|
mardi 30 juin 2026

La France remballe sa taxe sur les petits colis

Temps de lecture : 2 minutes

Un repli tactique sur des positions défensives préparées à l’avance, c’est ainsi que la propagande des pays en guerre présente généralement une déroute militaire. Le gouvernement français a admis qu’il devait changer son fusil d’épaule dans sa lutte contre les plateformes asiatiques au vu de la facilité, sans aucune surprise, avec laquelle la taxe nationale sur les petits colis est massivement contournée depuis son instauration en mars.

Car les acteurs visés – Shein, Temu, AliExpress, etc -, régulièrement accusés de concurrence déloyale et à qui il est reproché de proposer des produits non conformes, ont d’emblée trouvé la parade : les marchandises sont expédiées par avion dans d’autres pays européens, puis acheminées par la route en France. D’où une perte de volume de « l’ordre de 90% depuis le 1er mars » passant de 500.000 à 50.000 colis par jour, estimait mi-mai le directeur général des Douanes, Florian Colas. Il évaluait le rendement de la taxe à 2,3 millions d’euros par mois, très loin des 400 millions prévus sur l’année par le budget 2026.

Cette redirection des flux vers les pays du Benelux s’est aussi faite au détriment des entreprises françaises de logistique, privées de nombreux vols cargo.

Cette taxe sera suspendue ce mercredi au profit d’un droit de douane européen. La France avait choisi de devancer l’UE et avait mis en place au 1er mars une taxe de deux euros par catégorie d’articles achetés sur les plateformes d’e-commerce extra-européennes pour freiner l’afflux de « petits colis », de moins de 150 euros, en provenance de Chine.

Cette mesure devait s’ajouter dès juillet à un droit de douane européen par type d’article commandé, appliqué sur le sol de l’Union, portant le total à cinq euros par catégorie d’articles. La taxe française devait ensuite être remplacée par un dispositif similaire, 100% européen, prévu en novembre, harmonisant ainsi les règles pour les 27 Etats membres.

« C’est une suspension tactique » pour « laisser s’installer la taxe européenne », a défendu, sans rire, le ministre du commerce, Serge Papin. Cela doit permettre de « mieux contrôler les choses et les produits qui vont arriver en France » et permettre au pays de récupérer sa part de taxe, a-t-il développé. Quelque 5,8 milliards de petits colis ont été livrés en Europe en 2025, à 91% en provenance de Chine.

Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral

Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


Soutenez Contrepoints – Le média libéral de l’IREF

L’IREF (Institut de Recherches Économiques et Fiscales) est une association indépendante, sans but lucratif, financée uniquement par des dons privés.

Faites un don et soutenez un journal 100 % libre, libéral et sans subvention publique.