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dimanche 14 juin 2026

La prime d’activité est inefficace pour le retour à l’emploi

Temps de lecture : 2 minutes

Créée en 2015 pour remplacer le RSA activité et la prime pour l’emploi, la prime d’activité devait initialement répondre à l’objectif suivant : encourager le retour à l’emploi et soutenir le pouvoir d’achat des travailleurs modestes, qu’ils soient salariés ou non. Dix ans plus tard, la Cour des comptes estime que si le dispositif permet de soutenir le revenu des travailleurs, les effets sur l’emploi ne sont toutefois pas démontrés.

Le changement d’échelle remonte à la crise des gilets jaunes. En 2019, le gouvernement d’Emmanuel Macron avait fortement revalorisé la prime d’activité afin de calmer la colère des manifestants, sans augmenter le coût du travail. Depuis, le coût du dispositif a explosé : les dépenses sont passées de 5,6 milliards d’euros en 2018 (pour 3,2 millions de bénéficiaires) à 9,6 milliards en 2019 (pour 4,5 millions de bénéficiaires). En 2024, la prime d’activité a coûté 10,6 milliards d’euros pour 4,8 millions de bénéficiaires.

Ce n’est pas tout : plusieurs catégories de personnes touchent cette aide alors qu’elles devraient être inéligibles, comme les apprentis et les retraités en cumul emploi-retraite. Fin 2024, environ 135 000 apprentis et 38 000 étudiants percevaient la prime d’activité pour un coût annuel de 328 millions d’euros. Or, dans leur situation, elle n’a aucune « fonction d’incitation à l’activité professionnelle » puisque leur cursus leur impose déjà de travailler. Quant aux retraités, ils seraient 40 000 à en bénéficier, pour une dépense de 87 millions d’euros par an. Là encore, la Cour estime que « la prime d’activité joue (…) un seul rôle de soutien aux revenus, mais elle n’a pas pour fonction de rendre le travail plus attractif ».

La prime d’activité illustre plus largement l’impasse du modèle redistributif français : les employeurs versent des cotisations très élevées sur les salaires, l’État en redistribue une partie aux travailleurs modestes via la prime d’activité et donne l’illusion de résoudre les problèmes qu’il a lui-même créés. La Cour des comptes a d’ailleurs réalisé un sondage auprès des personnes inscrites dans le fichier des bénéficiaires. Les réponses des 6 500 sondés sont lunaires : plus des trois quarts (77 %) ont indiqué que la prestation ne les a pas incité à modifier leur comportement dans leur recherche de travail.

La prime d’activité était censée rendre le travail plus attractif ; elle n’est en réalité que le symbole d’un système inefficace qui redistribue toujours plus pour compenser les effets d’une économie écrasée par les prélèvements obligatoires.

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