Jeudi 4 juin, Pierre-Édouard Stérin, fondateur de Smartbox et président du conseil d’administration du Fonds du bien commun, a été auditionné dans le cadre d’une commission d’enquête sur les « mécanismes de financement des politiques publiques par des organismes, sociétés ou fondations de droit privé ».
Installé en Belgique depuis 2012, l’entrepreneur se définit comme un exilé fiscal : « François Hollande n’aime pas les riches, et moi je n’aime pas les socialo-communistes ». Il a rapidement abordé sa situation financière : en Belgique, il économise entre 100 000 et 200 000 euros par an en impôts, soit 3 millions d’euros depuis son expatriation, et redistribue 150 millions d’euros en France via des projets méta-politiques.
Pierre-Édouard Stérin incarne le mythe de l’entrepreneur parti de rien. Issu de la classe moyenne, il a commencé à travailler dès l’âge de 12 ans pour pouvoir mettre de l’argent de côté. Étant « nul à l’école » et « nul en sport » (il voulait devenir champion du monde de tennis), il a construit sa vie professionnelle pour réaliser son rêve : devenir milliardaire. C’est pourquoi il a créé sa propre entreprise de vente jeux vidéo sur Internet en 1999, avec 3 millions d’euros de chiffres d’affaires dès la première année, avant de la revendre pour quelques milliers d’euros plusieurs années plus tard. M. Stérin explique avoir cumulé près d’une vingtaine d’échecs, tant scolaires que professionnels, avant de fonder Smartbox en 2003 avec 5 000 euros prêtés par ses parents. Une sorte de « revanche sur la vie » : l’entreprise est passée de 0 à 500 millions de chiffre d’affaires et de 0 à plus de 1 000 collaborateurs en 10 ans. Ayant atteint son « seuil de compétences », il a démissionné de son poste de directeur général et continue aujourd’hui de créer des entreprises avec « un taux d’échec relativement élevé ». Avec les dividendes qu’il reçoit de Smartbox, il investit dans des entreprises françaises et américaines. Sa motivation n’est plus de « faire de l’argent pour faire de l’argent », mais de « faire le bien » à travers plusieurs projets : le Fonds du bien commun, un projet philanthropique, et la fondation Périclès, un projet « méta-politique », qui diffusent des idées qu’il qualifie de « droite libérale-conservatrice ».
M. Stérin a notamment été interrogé sur la « légalité républicaine » de ses actions, sur la différence entre « l’engagement philanthropique, qui relève de la générosité privée, et l’action d’influence sur les politiques publiques, qui appellent des exigences de transparence renforcées », sur un « risque de contrôle de la pensée »… On imagine difficilement un tel spectacle dans d’autres pays : aux États-Unis par exemple, les grandes fondations philanthropiques financent depuis longtemps des universités, des think tanks, des médias ou des causes politiques sans que cela soit automatiquement assimilé à une menace démocratique. En France, les parlementaires semblent avoir du mal à comprendre qu’un entrepreneur puisse dépenser son argent comme il l’entend.
Le plus frappant reste sans doute que cette commission d’enquête ait consacré autant de temps (près d’une heure trente d’audition) et d’énergie à disséquer les convictions de Pierre-Édouard Stérin (après avoir aussi auditionné les directeurs généraux du Fonds du bien commun d’une part et de Périclès d’autre part). À première vue, 16 personnes étaient présentes dans la salle, soit plus que lors de l’audition à l’Assemblée nationale du PDG de MistralAI, Arthur Mensch (9 à peine), alors que les enjeux liés à l’IA sont infiniment plus importants que la réussite économique et l’engagement idéologique assumé d’un entrepreneur.
Recevez Contrepoints, le journal d'actualité libéral
Abonnez-vous gratuitement à notre journal d’actualité libéral. Recevez tous les matins une analyse libérale de l’actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs.
8 réponses
le NKVD frankistanais a encore frappé… notre république est en pleine dérive intellectuelle… où est passé notre héritage libéral et moral ? On a peu à peu l’impression d’être dans un régime totalitaire. … Cet entrepreneur est sans doute bien plus conservateur que moi-même, mais enfin pourquoi lui casse-t-on les pieds ?
Ces gauchistes, litteraires, stériles haïssent la réussite… Ils n’aiment pas les riches mais adorent le pognon. De pauvres types… mais qui ont le pouvoir ! Et pour cause, ils ne savent rien faire d’autre et consacrent donc tout leur temps à se l’approprier.
Oui cette audition est vraiment lunaire ! Voir un entrepreneur réussir doit être une hallucination pour ces députés qui détestent l’argent et la réussite mais qui veulent quand même toujours plus de subventions financées par l’impôt des… riches. Dommage pour eux que certains s’exilent comme Sterin.
Cette audition était surrealiste. On se se serait cru face à des commissaires politiques de l’URSS. On a entendu invoquer des notions comme « arc des valeurs républicaines », comme s’il s’agissait d’un cadre defini par Dieu sait quelle loi. Apparemment, cette commission méconnaissait la Constitution, qui garantit la liberté d’opinion et la liberté d’entreprendre. Elle était sur mesure « anti-Stérin ». Voilà qui en dit long sur l’évolution démocratique de la gauche.
Dans un domaine que je connais si peu, j’aimerais tant pourvoir avoir un fil conducteur tel que la compraion des réponses de M. Sterin aux quesitons qui ont certainement été très similaires, sinon identiques, à celles posées à MM. Niel et Pigasse.
« Comparaison n’est pas raison », certes, mais on sait que le parallélisme est une approche essentielle pour la conduite en général, nooooon ?!
Tiens, j’entends dans l’oreillette les mots « naïf », « hors-sujet », « coupez », « meuh nooon »…
Ah, je dois être entré dans un tunnel sans m’en rendre compte…
Mais le contact va bientôt être rétabli, j’en suis certain, et les auditions de MM. Niel et Pigasse connues (ou faites ; mais c’est du mauvais esprit, j’en suis bien sûr, de penser qu’elles n’ont pas été faites. Dans ce louable souci égalitaire et pondéré qu’on constate avec plaisir toute cette opération re-mar-qua-ble..
En fonction de ce que l’on peut trouver sur la toile, on peut se poser des questions sur la manière “atypique” dont la fortune de Mathieu Pigasse s’est constituée,
où est la constitution de valeur ?
comment le capital s’est constitué ?
valeur réelle de certaines entreprises hors subventions ?
…?
Résumé synthétique de ce que l’on trouve sur la toile (rien sur la part possible d’une fortune familiale!):
Étapes de l’apparition de la fortune de Mathieu Pigasse:
Matthieu Pigasse (né⬆️1968)
– SciencesPo (sortie ⬆️ 1990)
-ENA (sortie ⬆️ 1994)
– FONCTION PUBLIQUE:
+ Administrateur civil Direction Générale du Trésor ( ➡️1994 ↔️ 1997)
– POLITIQUE: (➡️1997 ↔️ 2002)
+ Membre du cabinet de DSK Ministre Économie et Finances
(de➡️1997 ↔️ 2000).
+ Directeur adjoint cabinet de FABIUS Ministre Économie et Finances
(de➡️2000 ↔️ 2002)
– FINANCE 1: chez LAZARD Frères
+ Associé gérant à Paris en fusions acquisitions et en conseil aux gouvernements
+ President Directeur Général
(de➡️2002 ↔️ 2019)
– FINANCE 2: co-directeur du bureau parisien de la banque d’investissement américaine CENTERVIEW
– Gestion de dossiers de Fusion Acquisition
– Multiples investissements et participations dans Médias et Culture (vivant de subventions)
Le Monde, Les Inrockupitibles Radio Nova, Huffington Post… Mediawan…
Rock en Seine, Golden Coast…
– Divers investissements et participations spéculatifs y compris dans le numérique
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel
Toujours activé
L’accès ou le stockage technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
L’accès ou le stockage technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’internaute.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques.Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
L’accès ou le stockage technique est nécessaire pour créer des profils d’internautes afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
8 réponses
le NKVD frankistanais a encore frappé… notre république est en pleine dérive intellectuelle… où est passé notre héritage libéral et moral ? On a peu à peu l’impression d’être dans un régime totalitaire. … Cet entrepreneur est sans doute bien plus conservateur que moi-même, mais enfin pourquoi lui casse-t-on les pieds ?
Ces gauchistes, litteraires, stériles haïssent la réussite… Ils n’aiment pas les riches mais adorent le pognon. De pauvres types… mais qui ont le pouvoir ! Et pour cause, ils ne savent rien faire d’autre et consacrent donc tout leur temps à se l’approprier.
Oui cette audition est vraiment lunaire ! Voir un entrepreneur réussir doit être une hallucination pour ces députés qui détestent l’argent et la réussite mais qui veulent quand même toujours plus de subventions financées par l’impôt des… riches. Dommage pour eux que certains s’exilent comme Sterin.
Cette audition était surrealiste. On se se serait cru face à des commissaires politiques de l’URSS. On a entendu invoquer des notions comme « arc des valeurs républicaines », comme s’il s’agissait d’un cadre defini par Dieu sait quelle loi. Apparemment, cette commission méconnaissait la Constitution, qui garantit la liberté d’opinion et la liberté d’entreprendre. Elle était sur mesure « anti-Stérin ». Voilà qui en dit long sur l’évolution démocratique de la gauche.
Cela vous étonne? Elle est de plus en plus intolérante et totalitaire, que ce soit en France ou aux USA.
Excellente analyse !
Dans un domaine que je connais si peu, j’aimerais tant pourvoir avoir un fil conducteur tel que la compraion des réponses de M. Sterin aux quesitons qui ont certainement été très similaires, sinon identiques, à celles posées à MM. Niel et Pigasse.
« Comparaison n’est pas raison », certes, mais on sait que le parallélisme est une approche essentielle pour la conduite en général, nooooon ?!
Tiens, j’entends dans l’oreillette les mots « naïf », « hors-sujet », « coupez », « meuh nooon »…
Ah, je dois être entré dans un tunnel sans m’en rendre compte…
Mais le contact va bientôt être rétabli, j’en suis certain, et les auditions de MM. Niel et Pigasse connues (ou faites ; mais c’est du mauvais esprit, j’en suis bien sûr, de penser qu’elles n’ont pas été faites. Dans ce louable souci égalitaire et pondéré qu’on constate avec plaisir toute cette opération re-mar-qua-ble..
En fonction de ce que l’on peut trouver sur la toile, on peut se poser des questions sur la manière “atypique” dont la fortune de Mathieu Pigasse s’est constituée,
où est la constitution de valeur ?
comment le capital s’est constitué ?
valeur réelle de certaines entreprises hors subventions ?
…?
Résumé synthétique de ce que l’on trouve sur la toile (rien sur la part possible d’une fortune familiale!):
Étapes de l’apparition de la fortune de Mathieu Pigasse:
Matthieu Pigasse (né⬆️1968)
– SciencesPo (sortie ⬆️ 1990)
-ENA (sortie ⬆️ 1994)
– FONCTION PUBLIQUE:
+ Administrateur civil Direction Générale du Trésor ( ➡️1994 ↔️ 1997)
– POLITIQUE: (➡️1997 ↔️ 2002)
+ Membre du cabinet de DSK Ministre Économie et Finances
(de➡️1997 ↔️ 2000).
+ Directeur adjoint cabinet de FABIUS Ministre Économie et Finances
(de➡️2000 ↔️ 2002)
– FINANCE 1: chez LAZARD Frères
+ Associé gérant à Paris en fusions acquisitions et en conseil aux gouvernements
+ President Directeur Général
(de➡️2002 ↔️ 2019)
– FINANCE 2: co-directeur du bureau parisien de la banque d’investissement américaine CENTERVIEW
– Gestion de dossiers de Fusion Acquisition
– Multiples investissements et participations dans Médias et Culture (vivant de subventions)
Le Monde, Les Inrockupitibles Radio Nova, Huffington Post… Mediawan…
Rock en Seine, Golden Coast…
– Divers investissements et participations spéculatifs y compris dans le numérique