C’est un constat qui ne vient ni d’un think tank libéral ni d’une chambre patronale, mais de la Banque centrale européenne elle-même. Dans un working paper publié le 11 février, la BCE s’interroge : pourquoi l’Europe est-elle à la traîne dans les secteurs de haute technologie ?
La réponse est peu flatteuse. Le retard européen ne tiendrait pas d’abord au manque d’ingénieurs ni capitaux, mais… (surprise ?) au caractère des institutions et à l’environnement réglementaire. Les pays européens où les règles sont plus simples, les procédures plus efficaces et la sécurité juridique plus élevée attirent davantage d’investissements dans les secteurs innovants. À l’inverse, là où la réglementation est lourde — notamment sur le marché du travail ou la création d’entreprise — l’investissement high-tech est plus faible.
Le chiffrage est frappant : si les pays européens alignaient leur qualité institutionnelle sur celle des meilleurs élèves du continent, la part des investissements dans les secteurs technologiques pourrait augmenter d’environ 50 %. Autrement dit, le problème n’est pas seulement budgétaire. Il est structurel.
À l’heure où l’Union européenne multiplie les textes – de l’AI Act aux réglementations numériques sectorielles – ce document pose une question stratégique : peut-on vouloir devenir une puissance technologique tout en accumulant des contraintes administratives qui freinent l’initiative ?
Un avertissement discret, mais difficile à ignorer.
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2 réponses
Les pays d’Europe, comme l’Union européenne, pratiquent « l’interdiction par omission ». Conjugué au principe de précaution, mis dans la Constitution française par J. Chirac, ce principe suscite l’hostilité à l’innovation, avec pour conséquence fâcheuse le choix de réglementer avant de trouver, bien avant de fabriquer ou de vendre.
Les pays qui innovent acceptent le risque de l’erreur, leur action réglementaire se limitant à la correction des abus.
L’UE n’acceptera qu’une IA « bio », produite « à la ferme » par de petits producteurs car en UE, tout ce qui est petit est gentil et tout ce qui est grand est méchant.
Allusion agricole en ces temps de salon de (la déprime de) l’agriculture à Paris.
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Les pays d’Europe, comme l’Union européenne, pratiquent « l’interdiction par omission ». Conjugué au principe de précaution, mis dans la Constitution française par J. Chirac, ce principe suscite l’hostilité à l’innovation, avec pour conséquence fâcheuse le choix de réglementer avant de trouver, bien avant de fabriquer ou de vendre.
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