En mai 2026, selon l’INSEE, le climat des affaires dans le commerce de détail et d’automobiles tombe à 89, soit 11 points sous sa moyenne de long terme. Surtout, il atteint son plus bas niveau depuis septembre 2014, hors parenthèse exceptionnelle de la crise sanitaire du Covid-19. Cela signifie, en clair, que le commerce français plonge dans un climat qu’il n’avait plus connu depuis plus d’une décennie.
En un seul mois, l’indicateur perd cinq points. Pour ce type de baromètre, c’est une dégradation brutale qui en lumière le fait que, dans les magasins, les concessions, les garages (donc un ensemble d’activités fortement liées à la consommation des ménages), le moral des chefs d’entreprise est en chute libre.
De manière générale, les intentions de commandes s’effondrent à -19 (contre une moyenne de -9), un niveau inédit depuis 2013. Ce chiffre est important, car il dit ce que les entreprises anticipent pour les mois qui viennent. Et ici, force est de constater que les entreprises y croient de moins en moins. Le tableau se complète avec des stocks en hausse, signe que les produits se vendent moins vite, et une trésorerie qui se dégrade nettement (-27, contre une moyenne de -15).
Le secteur automobile seul s’enfonce nettement. En effet, le climat des affaires dans le secteur du commerce et réparation d’automobiles tombe à 91. Dans le détail, les ventes prévues sont à -20 (alors que la moyenne à long terme est à -9), les intentions de commandes sont à -24 (contre une moyenne de -11). Enfin, les perspectives générales d’activité chutent à -48, alors que la moyenne à long terme se situe à -26. Le Gouvernement, à force de vouloir distordre le marché automobile au nom de certains idéaux, notamment écologiques, continue de voir ce secteur, si essentiel à notre économie, s’enfoncer dans une spirale négative sans précédent.
Dans ce contexte, les prix prévus par le climat des affaires et son panel continuent leur hausse, pendant que l’activité ralentit et que les stocks remontent. Les entreprises continuent d’intégrer dans leurs anticipations des coûts élevés et une logique de reconstitution des marges.
Voilà le véritable problème. Depuis des années, le Gouvernement souhaite soutenir le pouvoir d’achat avec des chèques, des primes, des dispositifs temporaires et de l’argent public distribué à crédit. Mais l’économie réelle nous montre bien que la dépense publique (et les charges) ne sauvera pas le commerce. La consommation faiblit, le monde automobile souffre, le commerce (thermomètre direct de la demande intérieure) retombe à des niveaux très bas. Et bien que l’emploi anticipé par le climat des affaires résiste encore, dans ces conditions, il ne pourra pas se maintenir.
Finalement, le climat des affaires montre bien, encore une fois, qu’il est plus urgent que jamais de relancer l’économie de notre pays, alors que la confiance est en berne.
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2 réponses
Ce tropisme bien gaulois de soutenir mordicus la consommation avec du déficit et donc de la dette au dépend de notre économie
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Notre balance commerciale est de plus en plus déséquilibrée même sur les produits agricoles
Cela commence à se voir, visitez un centre ville d’une ville moyenne, on n’a jamais vu autant de commerces « à vendre, à louer, ou simplement fermés ». Le développement du commerce en ligne et l’arrivée de l’IA, additionnées aux contraintes réglementaires et fiscales, ne vont rien arranger. Quand tout sera livré à domicile et qu’il n’y aura plus de lèche-vitrines, quelle triste société.
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