Le dernier document de travail de l’Insee sur la filière automobile française porte un titre sans détour : « Anatomie d’une chute ». Les données couvrant la période 2010-2023 dressent un constat brut : l’emploi chez les constructeurs automobiles a reculé de 35 %, tandis que celui des fournisseurs industriels du secteur a chuté de 32 %. Sur la même période, à l’inverse, l’ensemble de l’industrie manufacturière est resté quasiment stable.
Autrement dit, ce n’est tant pas « l’industrie » qui disparaît en France qu’une filière précise, pourtant présentée depuis des décennies comme stratégique (et même symbolique) par les décideurs politiques. D’ailleurs, entre 2010 et 2023, l’emploi manufacturier hors automobile augmente même légèrement dans certains secteurs comparables.
La baisse est massive : près de 138 700 emplois ont disparu dans la filière automobile manufacturière, passée de 425 500 salariés à moins de 287 000. Dans le même temps, la production nationale de véhicules a reculé de 32 %, et la part de la France dans la production mondiale a été divisée par deux, passant de 2,9 % à 1,6 %.
Le rapport identifie plusieurs facteurs : délocalisation des modèles d’entrée de gamme, restructuration des chaînes de valeur mondiales et intensification de la concurrence internationale.
Ces statistiques devraient interroger le discours sur la « réindustrialisation ». Car pendant que les annonces publiques se multiplient, la filière automobile – pilier historique de l’industrie française – se contracte inexorablement. Le phénomène n’est pas seulement technologique : il touche tous les territoires et toutes les catégories professionnelles, avec une baisse particulièrement marquée des emplois ouvriers.
La transition vers le véhicule électrique, souvent présentée comme une solution, semble pour l’instant difficilement en mesure de compenser les pertes. Une part importante des fournisseurs dépend encore exclusivement du thermique et les créations d’emplois liées aux nouvelles technologies apparaissent marginales à l’échelle de la filière.
La désindustrialisation ne se mesure pas aux discours politiques, mais à la localisation réelle des emplois et des chaînes de production. Tant que produire en France restera plus coûteux et plus incertain qu’ailleurs, les plans de soutien ponctuels ne suffiront pas à inverser la tendance. Car une industrie ne disparaît pas en un jour ; elle s’érode lentement, usine après usine, jusqu’à ce que les statistiques officielles finissent par raconter ce que tout le monde voit déjà sur le terrain.
(Pour ceux qui préfèrent les synthèses, l’INSEE a également publié un document beaucoup plus court inspiré de son document de travail)
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16 réponses
En acceptant l’euro en même temps que la semaine de 35h et la retraite à 60 ans, Mitterand à signé la désindustrialisation de la France. Ce litteraire, stupide, nuisible, collabo notoire, a donné son nom à 400 lieux publics en France. Il est temps de les débaptiser!
D’autres pays ont accepté l’euro et se portent nettement mieux que la France
Ont ils simultanément décrété les 35h et la retraite à 60 ans?
ce sont bien des décisions françaises
Nous sommes donc d’accord
C’est TOUS LES JOURS que le clodo fait la manche avec un grand pavé pour empêcher de lire !
Contrepoint c’est une merde.
Personne ne vous oblige à lire ici
Vous voulez parler de vous me semble t’il !
40 ans de politique anti voiture à tous les niveaux, voilà le résultats. les traitres qui nous gouvernent sont évidement responsables et devront un jour être jugés.
C est essentiellement une productivité en berne qui a engendré l effondrement de notre industrie
Le secteur privé, dans son ensemble, est écrasé par les charges, tes taxes les normes, les règlementations, les textes inventés chaque jour par des fonctionnaires incompétents, irresponsables et inutiles dont le but est de faire crever la France !
L’automobile subit toutes ces âneries inventées par les socialistes depuis Mitterand le fourbe; j’inclus les LR, les centristes etc….
La voiture électrique a achevé le processus de liquidation de l’industrie automobile. Un jour l’on se rendra compte de l’imbécilité de ces véhicules électriques mais il sera trop tard comme d’habitude !
Et quand Renault envisage de monter une chaîne de fabrication de drones, la CGT s’y oppose…
C’est un secteur qui emploit énormément de monde. S’il disparait c’est une catatrophe pour le pays.
Pour produire en France il faut commencer par réduire l’assistanat avec les charges sur les salaires et l’influence des associations anti tout, nuisances industrielles entre autres. E. Macron en remet une couche. Il souhaite renforcer notre défense avec l’argent de l’Europe pour ne pas toucher à l’électorat de gauche. Les Allemands ne sont pas d’accord et c’est normal. Le problème de la France, c’est que progressivement, la politique est devenu sa première industrie, surtout depuis que le contribuable a été contraint de financer les partis. Plus besoin dès lors d’industriels. En cas de conflit, la France n’aura guère d’autre munitions que des politiciens à lancer sur l’agresseur. Avec l’exemple de D. Trump, il commence à comprendre que c’est celui qui a la plus grosse bombe qui commande. L’ENA ne serait donc qu’une machine à effacer les connaissances élémentaires.
Les politiques de ré- industriellisations sont des combats politiques d’arrière garde. C’est la liberté d’entreprendre et l’innovation le moteur d’une économie. Si l’industrie de l’automobile doit disparaître de France laissons la disparaître. Les nouveaux entrepreneurs remplaceront les anciens.
Pour qu’un produit se vende il faut qu’il soit compétitif sur le plan technique et commerciale, sinon il meurt. Mais parfois ça ne suffit pas, l’un peut faire vendre et pas l’autre, c’est le cas de Dacia.